Du sourire à la grimace, la fin de l’ère Ackermann

Deutsche BankL’institut bancaire allemand traverse une période de crise. Il doit regagner la confiance de ses clients.

Sous le règne du successeur de Josef Ackerman, John Cryan, l’heure est à l’austérité.?

Sous le règne du successeur de Josef Ackerman, John Cryan, l’heure est à l’austérité.? Image: AP

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Difficile de sourire à la presse comme le faisait ses prédécesseurs, le Britannique Anshu Jain ou le Suisse Josef Ackermann. Le nouveau patron de la Deutsche Bank préfère cultiver la discrétion. Après avoir annoncé jeudi une perte de près de 7 milliards d’euros pour 2015, John Cryan ne parle plus de rentabilité mais de sauvetage.

L’établissement bancaire allemand le plus prestigieux de la place de Francfort est en crise. Baisse des salaires, gel des dividendes pour deux ans, suppression des bonus pour les managers. «La situation est dangereuse car le patron s’attaque à la substance même de l’entreprise, les employés, garants de la qualité. Cryan doit les retenir à tout prix», insiste Hans-Peter Burghof, professeur d’économie bancaire à l’université de Hohenheim.

«L’implacable nettoyeur»

Surnommé «l’implacable nettoyeur», John Cryan doit surtout regagner la confiance des clients, délaissés pendant des années au profit de la banque d’investissement. Il a donc choisi de recentrer l’établissement sur ses métiers de base. «Ce qui est positif, c’est que la Deutsche Bank est en train de redevenir la Deutsche Bank», se félicite Hans-Peter Burghof.

«C’est définitivement la fin de l’ère Ackermann & Co, celle des gains rapides. Ces managers ont galvaudé la marque Deutsche Bank. Ils ont déçu les clients et finissent aujourd’hui par décevoir aussi les actionnaires», ajoute-t-il. Près de 9 000 personnes devront quitter l’établissement d’ici à 2017.

Si bien que Deutsche Bank est présentée comme une proie en bourse! L’action a chuté de 28% depuis le début de l’année. La capitalisation boursière atteint 22 milliards d’euros, soit l’équivalent des gains obtenus par les deux grandes banques américaines JP Morgan et Wells Fargo en 2015.

«Deutsche Bank pourrait être acquise à un bon prix. Mais personne ne se risquerait actuellement à une OPA sur cette banque qui a beaucoup de problèmes et qui opère sur des marchés difficiles. Deutsche Bank doit encore provisionner pour les litiges en cours (plus de 5 milliards d’euros en 2015). Si elle était reprise par des Golden Boys anglo-saxons, la fuite des clients s’accélérerait encore», analyse Hans-Peter Burghof.

Un système solide

L’expérience de Deutsche Bank a surtout montré que le marché bancaire allemand ne fonctionnait pas comme dans les pays anglo-saxons. «Les banques américaines sont grandes et moins nombreuses, elles font de gros profits et sont moins vulnérables aux litiges», explique Hans-Peter Burghof.

En Allemagne, le marché est morcelé et moins rentable. Mais il fonctionne efficacement. La crise financière a montré que le système était solide. «Les PME obtiennent chez nous des crédits plus facilement et les prestations bancaires sont meilleures qu’aux Etats-Unis», analyse Hans-Peter Burghof.

Mais l’Allemagne pourrait connaître malgré tout une vague de concentration dans les prochaines années. «Cela réduirait la concurrence et serait dommageable aux clients», regrette l’expert. (TDG)

(Créé: 29.01.2016, 22h24)

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