Introduction en Bourse
«A priori, Facebook, ça n’est pas que du vent!»
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 23.05.2012 7 Commentaires
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Yves Pigneur. (Image: sp)
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Valorisation retenue trop élevée, problèmes techniques rencontrés par le NASDAQ, introduction mal conçue par Morgan Stanley: les experts s’escriment à trouver les explications du raté relatif de Facebook en bourse.
Professeur des systèmes d’information à HEC Lausanne, Yves Pigneur tente la prise de recul.
Qu’est-ce qui explique l’accueil frisquet réservé à Facebook par les investisseurs?
Yves Pigneur: Je ne suis pas un spécialiste de finance. Mais pour moi, le modèle adopté par Facebook peut subsister et durer. Que la valorisation soit exagérée, c’est assez vraisemblable. Mais comme toute affaire de bourse, il s’agit d’un pari. Et il semble s’avérer moins bon qu’espéré. Mais il est sans doute trop tôt pour un avis sensé.
Vous dites que le modèle économique de Facebook est soutenable à long terme…
Vraisemblablement. Un certain temps en tout cas, même si non ne peut jamais prédire l’avenir. A priori, quelques indicateurs laissent penser que le modèle recèle deux ou trois bonnes choses. On n’est pas assis sur un stock de 900 millions de personnes pour rien.
Il faut voir quand même que les utilisateurs passent en moyenne 40 minutes par jour sur Facebook. Il faut voir aussi que Facebook attire de la publicité. Une publicité en diminution, mais ce n’est peut-être que temporaire.
Il faut souligner aussi toute l’activité de développement d’applications. Facebook est une plateforme importante pour fournir applications et jeux. Avec un vrai revenu derrière.
On a donc affaire à une activité construite. Qu’elle ait des défauts et que d’autres acteurs émergent, c’est certain. Mais a priori, Facebook, ça n’est pas que du vent.
Vous-mêmes investiriez-vous dans Facebook?
Je n’ai jamais acheté d’actions. Je ne l’aurais pas fait, pas plus avec Facebook qu’avec un autre. Ce n’est pas l’aspect qui m’intéresse le plus dans l’entrepreneuriat.
Mais il y a quand même une certaine harmonie dans ce modèle qui, en quelques années, s’est bâti un beau rayonnement. Une grande partie de la population utilise Facebook. Les habitudes de consommation du web ont été transformées. Quelque chose s’est passé.
On verra la suite en bourse ces prochaines semaines. Mais le modèle a des chances de subsister. Il connaîtra sûrement des aménagements. Sur les cinq dernières années, il a connu beaucoup de changements. Ces gens ont montrés leur capacité à suivre un marché, à prendre l’initiative, à modifier leur modèle quand il le fallait.
Certains observateurs jugent possible que Facebook disparaisse dans les cinq ans. Votre avis?
En regardant en arrière, toutes les prévisions technologiques à cinq ans se sont révélées fausses. Je vais donc m’abstenir. Mais beaucoup d’indicateurs montrent qu’une activité de la nature de Facebook va subsister.
Ce qui est certain, c’est que Facebook a ouvert la voie. Des copies apparaissent, d’autres s’inspirent en créant des formules nouvelles. On va voir d’autres acteurs émerger. Mais Facebook a quelques gros atouts. D’ailleurs, les gros acteurs qui ont transformé le paysage du web sont toujours là.
La publicité comme source de revenu principale, n’est-ce pas un problème?
On l’a aussi dit au début de Google. Ils en font maintenant pour 38 milliards. Facebook n’en fait encore que pour 3 ou 4. La masse de publicité dans le monde, c’est 600 milliards. Il y a donc encore de la marge. Il y a probablement de la progression possible ou d’autres modèles à inventer.
De votre point de vue, cette entrée en bourse est-elle un moment capital ou plus anecdotique dans l’histoire de Facebook?
C’est un moment important. En levant autant d’argent, on peut se permettre des choses impossibles sans. L’idée d’aller en bourse est toujours en partie justifiée par cette idée d’obtenir des capitaux.
Que peuvent-ils faire de cet argent?
Eux le savent. Je ne le dirais pas si j’étais chez eux. N’y étant pas, je ne peux pas savoir ce qu’ils ont en tête. Mais il est clair que cet argent leur donne les moyens de racheter, de consolider, de se lancer dans de nouvelles activités.
Une marge de manœuvre existe. Plus nécessairement en augmentant le nombre d’utilisateurs connectés par jour. Ça peut être en leur offrant des services supplémentaires. Ou en attirant d’autres personnes pour leur fournir des services supplémentaires. S’ils ont de bonnes idées, ils ont maintenant l’argent pour les concrétiser. (Newsnet)
Créé: 23.05.2012, 06h43
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7 Commentaires
Et hop: On peut difficilement se tromper: Fessebouc a ouvert la voie et il y a des copies (ce qui est inexact:Il y avait déjà des réseaux sociaux de retrouvailles avant: Fessebouc a juste été fondée dans un meilleur contexte). Donc: Fessebouc n'est pas seule et, compte tenu des procès qui sont en train de mijoter + de la fuite devant le viol de la confidentialité + fuite des annonceurs, Il y aura Répondre
forcément très rapidement 1problème de liquidités . Il faut être totalement inconscient pour acheter 1produit qui est 1>Sans barrière d'entrée 2>avec 1base de clients potentiels totalement volatils 3>1impact publicitaire incontrôlable, probablement proche de 0 4>des annonceurs qui partent (Si GM part, c'est que ça n'a aucun intérêt) 4>Il y a déjà des concurrents qui vont lui tailler des croupières Répondre






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