Banque nationale suisse
«La crispation monétaire se relâche»
Par Roland Rossier, Berne. Mis à jour le 24.01.2013
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Le cours plancher que nous avons fixé en septembre 2011 représente une mesure extraordinaire répondant à une situation extraordinaire, notamment un sentiment de peur lié à la crise de la zone euro propulsant le franc à des niveaux intolérables.
Justement. Cette peur s’éloigne…
Aujourd’hui, cette crispation semble se relâcher. Nous saluons cette évolution mais, même si nous estimons que le franc continue d’être trop fort, la politique du cours plancher n’est pas construite pour permettre une modulation fine du niveau de ce plancher. Le cours du franc par rapport à l’euro est libre de se mouvoir au-dessus de cette barre de
La Banque nationale suisse va sans doute boucler l’exercice avec un bénéfice de
L’accord conclu à
A fin décembre, elles se sont élevées à
Le gonflement du bilan que ce phénomène entraîne n’est-il pas dangereux? Existe-t-il un risque de «bulle BNS»?
Non. Une bulle éclate. Une banque peut tomber en faillite. Mais la BNS est une banque ou une entreprise particulière car elle peut créer de la monnaie. Pour lutter contre le franc fort, nous créons des francs par simple écriture et, avec ces francs, nous achetons des devises. En conséquence, la taille de notre bilan augmente et il en résulte une augmentation des risques liés à nos résultats. Notre risque majeur est celui de la valeur du franc par rapport aux autres monnaies. Quand le franc s’affaiblit, ce risque va dans la bonne direction puisque les devises que nous possédons prennent de la valeur. Les fluctuations de nos résultats ont une incidence sur la capacité de la BNS à redistribuer ses bénéfices.
Vous vendez des euros?
Nous ne communiquons pas nos pratiques d’intervention.
Les avoirs en comptes de virement des banques ont pratiquement doublé en une année (même si ce montant semble se résorber un peu depuis
En moyenne, la semaine passée, ces avoirs se sont élevés à
La situation vous parait saine?
Nous sommes dans une phase de liquidités excédentaires. Si ces masses de liquidités se transformaient en crédits, l’économie s’enflammerait et il y aurait un risque d’inflation. Pour l’heure, la conjoncture nationale, comme internationale, est caractérisée par une faible croissance, et ce risque n’existe pas. L’inflation est négative en Suisse et est appelée à le rester encore pour quelques mois.
Les banques ne sont pas les seules à s’héberger chez vous. Dans votre bilan, le poste «autres engagements» est passé de
Pour l’essentiel des comptes de virement du secteur non bancaire. Les assurances, les centrales de clearing et PostFinance, qui est un opérateur important.
Comment peut-on être sûr de résorber cette «construction financière» sans heurts?
Actuellement, cette question d’absorption des liquidités ne se pose pas, car il n’y a aucun risque d’inflation. Lorsque ce sera nécessaire, nous pourrons absorber ces liquidités à court terme par l’émission de bons de la BNS (SNB Bills). A long terme, la seule manière de réduire notre bilan de manière permanente consistera à revendre les devises étrangères que nous aurons acquises, c’est-à-dire d’annuler, ou renverser, l’acte de création monétaire qui était au départ de notre opération d’achat de devises.
Jamais les taux hypothécaires n’ont été aussi bas en Suisse (1,4% pour des taux fixes à
Nos statistiques montrent que les prix ne baissent pas en ce moment. La dynamique du marché immobilier reste trop forte. Elle n’est pas soutenable. La situation doit se stabiliser. Pour cela, nous nous sommes assurés que les principaux acteurs du marché immobilier étaient conscients du problème, et nous étudions l’impact des mesures déjà prises
Vous surveillez les prêteurs, et en particulier ceux qui réclament de l’acquéreur moins de 20% de fonds propres?
Nous faisons des enquêtes régulières, sur une base trimestrielle, pour connaître dans quelle proportion des prêts cette règle des 80%-20% n’est pas respectée. Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel. Notre souci, c’est de ralentir cette dynamique et d’éviter à la Suisse de connaître une crise immobilière comme celle du début des
Créé: 24.01.2013, 07h09
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