A Crans-Montana, la finance recherche une réalité qui n’a rien de très virtuel

Nouvelles technologiesLe World VR Forum réunit le gratin de la réalité virtuelle. Les artistes se mêlent aux investisseurs, casque sur les yeux.

D’ici à la fin de la décennie, le secteur de la réalité virtuelle devrait représenter un marché de 150 milliards de dollars.

D’ici à la fin de la décennie, le secteur de la réalité virtuelle devrait représenter un marché de 150 milliards de dollars. Image: DR

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Oubliez la vue sur les Alpes. Casque sur les yeux, la réalité virtuelle fait son show depuis jeudi à Crans-Montana. Plus de 2000 visiteurs sont attendus jusqu’à dimanche à la 2e édition du World VR Forum. Au menu, immersion dans des mondes parallèles, une cinquantaine de «films» tournés en 360°, une myriade de projets artistiques et une sélection officielle de douze «expériences immersives» en compétition pour le prix Imperial Crown.

Virtual Switzerland

Du créatif mais aussi pas mal de «business»: des conférences – plus de 70 orateurs se succèdent –, des rencontres et des sessions permettant aux PME et créatifs de présenter leurs projets à des investisseurs américains, russes et chinois. Cette année, Lombard Odier est l’un des sponsors de la manifestation. «L’arrivée des banquiers privés cette année est un véritable signal positif», relève Salar Shahna, directeur de la manifestation. D’ici à la fin de la décennie, le secteur devrait représenter un marché de 150 milliards de dollars. Quid de la Suisse? «Le secteur se développe de façon exponentielle ici – il y a trois ans, il y avait quatre labos universitaires qui se focalisaient sur la réalité virtuelle; il doit y en avoir une soixantaine aujourd’hui», témoigne Caecilia Charbonnier. La cofondatrice de la société genevoise Dreamscape Immersive préside également Virtual Switzerland, un réseau de sociétés et labos du secteur. Ce dernier rassemble notamment Dreamscape ou le zurichois Somniacs mais aussi Logitech, ABB, l'EPFL ou l'HEPIA genevoise.

Au sein du pavillon suisse du salon, on croise Lambda Health System, qui propose une aide pour réapprendre à marcher après un accident. Ancien doctorant de l’EPFL installé dans le canton de Schwytz, Fritz Menzer conçoit, lui, des algorithmes de rendu du son en 3D, «la réalité virtuelle pour les oreilles», s’amuse le patron de Signal Processing. Ce spécialiste de psycho-acoustique développe des apps, en s’attaquant d’abord aux musiciens professionnels.

Dans le Swiss Pavillon, il y a même des constructeurs de chaises articulées, au départ conçues pour les dentistes et bientôt équipées de capteurs pour les férus de réalité immersive. «Tout fait main, à Zurich», sourit Mark van Raai, de l’atelier Limbic Life.

Mirages californiens

Un extraterrestre apparaît dans l’enfilade de pièces sombres dans lesquelles s’agitent, casque sur la tête, des visiteurs perdus dans un monde parallèle. Associé du Global Capital Law Group à Los Angeles, James C. Roberts III est venu à Crans-Montana pour accompagner deux de ses clients. Son job? Aider les PME du secteur à «pitcher» – en clair à se vendre – et à négocier avec les financiers ou les grands groupes. Ne serait-ce pas un agent «undercover» venu débaucher ce que la Suisse virtuelle compte d’entrepreneurs? «Complexe d’infériorité de votre part! s’amuse le Californien. En réalité, je conseille souvent aux start-up de rester en Europe – les capitaux y sont peut-être moins abondants mais pas moins accessibles, la concurrence pour cet argent étant souvent bien moindre.»

Selon lui, le vrai problème auquel sont confrontées les PME qui prennent un billet pour la côte ouest reste le recrutement de programmeurs. «Ils sont difficiles à trouver sur place, trois fois plus chers que ceux d’Europe de l’Est et souvent moins formés», avertit James C. Roberts III. Avis à ceux tentés par le voyage.


Rectificatif :

Virtual Switzerland précise que, contrairement à ce qui était indiqué dans la version parue initialement en ligne, les sociétés Kenzan, Mindmaze et Ozwe ne font pas encore partie de son réseau, qui s'adresse aux entreprises de toutes tailles ainsi qu'aux acteurs académiques impliqués dans les secteurs des réalités virtuelle, augmentée et mixte.

(TDG)

Créé: 14.05.2017, 18h08

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