Invalidité
Rentier AI d’accord, mais pauvre ou riche?
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 04.04.2012 1 Commentaire
Efficacité reconnue
La comparaison des revenus avant et après l'octroi d'une rente de l'assurance invalidité (AI) montre que de nombreux ménages peuvent être tirés d'une situation économique difficile.
Chez les femmes élevant seules leurs enfants, la proportion de personnes à très faible revenu avant de recourir à l'AI atteint 41,6%. Avec l'obtention de prestations, cette part diminue de moitié, à 20,8%.
Selon l'auteur, les rentes pourraient toutefois, pour certains ménages, n'être qu'un substitut à d'autres prestations. Mais faute de données sur les prestations cantonales de l'aide sociale, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur ce point.
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Pour connaître les moyens d’existence des rentiers AI, Philippe Wanner a travaillé sur les registres fiscaux de neuf cantons et les données des assurances sociales. Son étude porte sur 97200 rentiers AI âgés entre 25 et 64 ans.
Quelle est la situation économique des rentiers AI, aujourd’hui en Suisse?
Philippe Wanner: Elle varie fortement. Vous avez une partie de la population rentière qui s’en sort plutôt bien, une autre beaucoup moins bien. 15% des rentiers AI sont en situation de précarité.
Concrètement, par rapport à la population non-rentière, on constate un déficit de revenu évident. Le revenu venant du 1er et du 2e pilier ne couvre pas totalement le salaire, à l’exception de quelques situations assez marginales.
Cette situation s’explique d’abord par un déficit de formation. Les rentiers sont en moyenne moins formés que les non-rentiers. A la base déjà, on a donc une différence dans les revenus professionnels. Les rentiers rencontrent aussi des difficultés à réunir un revenu professionnel.
Leur situation évolue-t-elle?
Nous n’avons pas analysé ce point en détail. Mais on imagine bien que l’arrivée progressive d’une population rentière AI davantage concernée par des questions de santé psychique induit des situations de précarité croissantes. Ces personnes sont en effet celles qui présentent les plus faibles niveaux de revenu.
Face à cette situation, le système suisse de soutien aux invalides vous paraît-il tenir la route?
C’est un de nos constat: le système est très performant, en particulier pour les rentiers en fin de vie. Celles et ceux qui sont concernés par l’usure du travail.
Par contre, des améliorations restent à apporter pour les rentiers de longue durée. Ceux qui sont concernés très tôt par l’invalidité. Et ceux qui n’ont jamais pu s’insérer sur le marché du travail.
Quelles pistes proposez-vous?
J’en vois deux. D’abord renforcer les mesures de soutien financier pour certains rentiers invalides à 100%, qui sont jeunes. Mais c’est problématique puisqu’on constate plutôt une tendance à la diminution des prestations destinées aux organismes spécialisés dans la prise en charge des rentiers invalides à 100%.
L’autre mesure, très importante, est l’insertion professionnelle des rentiers qui ont la capacité de travailler, mais qui n’arrivent pas à rester ou à se réinsérer sur le marché du travail. Il faut améliorer les mesures de réinsertion.
En conclusion de votre étude, vous interrogez la pertinence du calcul actuel des rentes. Que voulez-vous dire?
C’est le paradoxe. Certaine personnes, relativement aisées, avec une très forte cotisation au 2e pilier, arrivent à l’invalidité à 55-60 ans. Elles sont surprotégées par rapport à d’autres invalides qui n’ont pas eu le temps de travailler avant l’invalidité.
Si vous avez une maladie ou un accident qui survient tôt dans la vie, vous êtes véritablement dans une situation risquée sur le plan financier. Si vous avez la possibilité de travailler tard, la rente du 1er pilier couvre plus que les besoins vitaux.
Outre ces modifications souhaitables, les montants globaux alloués à l’AI vous semblent-ils suffisants?
Par rapport aux résultats obtenus, il n’y a pas de raisons de penser qu’ils ne seraient pas suffisants. Mais il est clair que les résultats de l’étude ne plaident pas pour une diminution des prestations. On a la chance d’avoir un système de rentes qui fonctionne bien, maintenons-le! (Newsnet)
Créé: 04.04.2012, 12h26
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1 Commentaire
Une fois de plus, l'image d'une personne en fauteuil roulant est utilisé pour illustrer un article sur les rentiers AI. Ce gars m'a l'air en pleine forme, jeune, il est donc soit en formation, soit il a un boulot. Donc il n'est probablement pas un rentier AI. Je suis très déçu par le manque d'imagination de celui qui a choisi l’illustration, incapable de trouver une image d'handicapé psychique .. Répondre
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