La Une | Dimanche 19 mai 2013 | Dernière mise à jour 13:13
Crise de l'euro

Pourquoi l'euro s'effondre-t-il? Réponses aux 10 questions que l'on se pose

Par Marion Moussadek. Mis à jour le 07.12.2011

Pourquoi l’euro s’effondre? Le tour de la question en termes simples, illustrés par des exemples de la vie quotidienne.

La zone euro est entrée dans une zone de grande turbulence

La zone euro est entrée dans une zone de grande turbulence
Image: Keystone

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Pourquoi l’euro s’effondre?

Il y a encore 3 ans, il fallait environ 1 franc et 60 centimes pour obtenir une pièce d’un euro. Aujourd’hui, on peut obtenir la même somme pour 1 franc 16. Soit 44 centimes de moins.

Pourquoi? Il s’agit en grande partie d’une question de confiance en la solvabilité des uns et des autres. Un peu comme si vous vouliez acquérir un bien immobilier et que votre banquier estime que vous en avez tout juste les moyens, voire pas. S’il accepte néanmoins de vous prêter l’argent dont vous avez besoin, il vous fera sentir la fleur qu’il vous a ainsi faite, en vous prêtant ce même argent plus cher. C’est-à-dire à des taux d’intérêt plus élevés. Il se barricade ainsi un peu mieux contre votre éventuelle incapacité à rembourser.

Il en va de même pour les pays. S’ils n’apparaissent pas ou peu solvables aux yeux du marché – les agences de notation financière les notent, ce qui équivaut à mettre une étiquette sur chacun des pays aux yeux du monde entier –, les banques vont leur prêter l’argent plus cher. Là aussi, en guise de rempart contre un éventuel défaut de paiement.

Le pays mal noté, c’est un peu comme le camarade de classe qu’on montre du doigt et qui se retrouve systématiquement à part dans la cour de récréation. Puisque ce pays est fustigé par tous, on ne lui fait plus (ou en tout cas moins) confiance. Il perd de la valeur aux yeux du marché. Avec sa dépréciation, c’est aussi sa monnaie qui chute.

Le défaut de paiement? Le plus vilain défaut du monde.

Si un Etat fait défaut, cela signifie qu'il ne peut plus ni rembourser ses dettes, ni faire face à son propre train de vie, c'est-à-dire à ses dépenses courantes. Comme vous et moi quand les fins de mois sont un peu dures. Sauf que là, l'Etat ne peut pas attendre "la paie" ou les emprunts du mois suivant car il a déjà tellement tiré sur la corde, qu'il est allé au bout de ce qu'il pouvait emprunter. Au-delà de ce seuil, l'Etat est en défaut de paiement. C'est-à-dire en faillite. Dans ce cas, l'Etat en faillite ne peut par exemple plus payer les retraites de ses inactifs. Au bout de la chaîne, c'est donc les citoyens qui trinquent.

En quoi cette crise me concerne-t-elle?

Par effet de ricochet, si l’euro est plus faible, le franc suisse est plus fort. Or, un franc qui coûte plus cher plombe les entreprises suisses qui exportent (elles encaissent moins d’argent pour la même marchandise puisque l’euro vaut moins cher).

Leurs marges sont ainsi de plus en plus rabotées. Pour les entreprises les plus exposées, il faut rattraper ces euros qui lui filent entre leurs doigts, à tout prix. C’est le cas par exemple du groupe pharmaceutique Lonza à Viège (VS) qui, depuis le 1er juillet, fait travailler deux heures de plus chacun de ses salariés pour le même salaire. La PME zurichoise Oertli a également augmenté la durée de travail hebdomadaire de 2,5 heures pour un an. D'autres ont carrément choisi de convertir les salaires en euros. C'est le cas de Von Roll Infratec.

Ce type de solution, que l’on espère temporaire, vise à compenser les pertes et à retarder ce qui n’est pas encore inéluctable : la faillite. Les salaires sont donc susceptibles d’être touchés, pour que les entreprises «retombent à peu près sur leurs pieds» malgré les fluctuations des devises. La moins mauvaise des solutions serait de répercuter les gains acquis par l'évolution du taux de change sur le prix de vente. C'est ce que préconise Stefan Meierhans, le Monsieur Prix.

Le Suisse en vacances dans la zone euro devient roi

La bonne nouvelle, c’est qu’à l’inverse, comme l’euro est pour nous moins cher, nous pouvons consommer beaucoup plus avec le même budget. Aujourd’hui, si je change 100 francs, j’obtiens quelque 85 euros. Il y a trois ans, le même billet me permettait d’avoir à peine plus de 63 euros. Selon les experts, le juste prix de la monnaie européenne serait d'1 franc 39. Mais pour l’instant, rien ne garantit qu’il reprenne de la vigueur. Bien au contraire.

Que peut faire l’Etat?

En Suisse, le ministère de l’Economie et la Banque nationale suisse (BNS) se renvoient la balle. La vocation première de la BNS est la stabilité des prix, et non pas le maintien de la conjoncture. Elle veille au grain concernant l’inflation mais elle n’a pas pour rôle, à la base, d’enrayer des taux de change qu'ils soient favorables ou défavorables.

Quant à l’Etat, notre conception d’une politique libérale (Ordnungspolitik) veut qu’il intervienne le moins possible.

Quels risques pour les épargnants?

Si un Etat fait défaut, cela signifie qu’il ne peut pas honorer ses dettes. Or, qui lui a prêté? Les banques. Vu les sommes en jeu, la banque peut être mise en difficulté en cas de non remboursement. Et par voie de conséquence, le petit épargnant. Vous et moi. C’est pour cela qu’il est apparu indispensable à la Suisse de sauver l’UBS embourbée dans la crise des subprimes.

Cela dit, il s’agit d’un scénario catastrophe. Et le petit épargnant comme vous et moi bénéficie normalement d’une garantie qui couvre ses dépôts. En tout cas, à concurrence d’une certaine somme.

Qu'est-ce qu'une agence de notation?

Les grandes agences de notation financière sont appelées les 3 soeurs. Il s'agit de Moody's, Fitch et Standard & Poor's. Leur boulot? Mettre une note aux pays, selon leur solvabilité et leur fiabilité. Ce qui équivaut à mettre une étiquette sur chacun des pays aux yeux du monde entier. Quand une note est "abaissée", cela signifie "attention, danger, ce pays est moins fiable qu'auparavant. Il ne faut plus lui prêter car vous risquez de ne jamais revoir votre argent". Cette réticence accentue encore la suffocation du pays en difficulté.

Cela dit, certains experts saluent leur rôle qui participe à la transparence. "Elles [les agences de notation] révèlent ce que les dirigeants européens aimeraient dissimuler, leur incapacité à mettre en oeuvre une gouvernance économique de la zone euro", commente aujourd'hui Frédéric Lelièvre, chef de la rubrique Economie au Temps.

Pourquoi l’effet de contagion?

Outre le manque de confiance des marchés face à un Etat qui paraît fragilisé par son endettement, il existe les fonds spéculatifs qui n'arrangent rien à l'affaire. Ces fonds, principalement américains, parient sur l'insolvabilité potentielle des pays pour se faire de l'argent. Cette ruée cynique sur les plus faibles amplifie l'effet de domino. La rédactrice en chef adjointe du magazine économique Bilan, Myret Zaki, résume très bien la chose: "Les spéculateurs en dette souveraine sont les vrais patrons des petits pays endettés". Après avoir parié sur la Grèce en vain (puisque celle-ci a été sauvée du défaut de paiement par le FMI et la zone Euro), ces fonds se ruent désormais sur l'Italie écrasée par ses dettes. Le mouvement moutonnier amplifie encore la fragliité du pays. Demain, la cible pourrait être la France dont l'endettement est également colossal.

Qui tangue ?

Aujourd’hui, les pays de la zone euro sont entrés dans les turbulences car certains pays (Irlande, Portugal, Grèce) sont endettés à tel point que le marché ne leur fait plus confiance. C’est le cas emblématique de la Grèce qui ne pouvait plus faire face à ses propres dépenses et qui a dû être renflouée par le Fonds monétaire international (FMI) et les Etats de la zone euro. Ces créanciers avaient déjà mis la main à la poche pour sauver le Portugal et l’Irlande, qui suffoquaient aussi sous le poids de leurs dettes.

A présent, c’est l’Italie dont l’endettement colossal pourrait être pointé du doigt (128% de son PIB contre 157% pour la Grèce). Si tel était le cas, le danger serait d’autant plus grand que la péninsule représente une des grandes locomotives de l’économie européenne (un huitième du PIB de la zone euro).

L'euro peut-il ne plus exister ?

Il s'agirait du pire des scénarios. Pour l'heure, il reste improbable. Quoique. Là aussi, tout est une question de confiance. Et comme les ministres européens ne parviennent pas à s'entendre sur la marche à adopter, c'est la cacophonie. Le correspondant de France 2 à Bruxelles, qui dit n'avoir jamais assisté à pareille gabégie, n'a pas hésité à conclure hier son direct par "A terme, c'est l'euro lui-même qui risque tout simplement de s'effondrer". (TDG)

Créé: 07.12.2011, 14h38

Sondage

L'équipe de Suisse va-t-elle gagner les Mondiaux de hockey?




Rencontre serieuse

publicité
  • [Alt-Text]

Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Portail annuaire/services

Commerce

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
Restitution anticipée d'un appartement à louer
homegate Les aspects juridiques intéressants en cas de résiliation anticipée de l'appartement. Plus

En coopération avec:

Homegate

ABONNEMENTS MOBILE

Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.

ASSURANCES AUTO

Est-ce que votre assurance auto répond à vos attentes ? En seulement cinq petites étapes, trouvez l’offre qui vous convient.