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LA CHRONIQUE ÉCONOMIQUE

La double conditionnalité de Mario Draghi

Par Marian Stepczynski. Mis à jour le 05.08.2012 7 Commentaires

Le président de la Banque centrale européenne a ouvert la voie à une résolution de la crise

Image: Geert Vanden Wijngaert/AP

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Fin manœuvrier que le président de la Banque centrale européenne ! En déclarant que l’euro était irréversible et que la BCE entreprendrait tout ce qui est nécessaire pour en assurer la pérennité, il a, en évoquant quelques conditions préalables mais combien fondamentales, tout simplement ouvert la voie à une résolution de la crise, que l’on commençait à considérer comme définitivement hors d’atteinte.

Tout tient dans ce qu’on pourrait appeler la double conditionnalité de Mario Draghi : la BCE interviendra sans limites et par tous les moyens, mais seulement – première condition – après que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), puis le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui lui succédera dès l’an prochain, auront accordé leur aide aux pays en détresse, aide que ces mêmes mécanismes subordonnent – deuxième condition – au respect par les récipiendaires d’engagements définitifs en matière budgétaire.

De la sorte, la BCE établit clairement qu’elle ne se mêle pas de politique, puisqu’elle en laisse la responsabilité aux gouvernements et, derrière ceux-ci, aux parlements nationaux concernés, ce qui n’aurait pas été le cas si elle-même avait défini et imposé des critères en la matière.

Ensuite, elle confirme, certes de façon indirecte, mais tout aussi clairement, qu’elle jouera pleinement son rôle de «prêteur en dernier ressort» de la zone euro, ce dont on pouvait douter tant que ses interventions, sous forme d’achats de dette souveraine, demeuraient réservées et incertaines. Au passage on précisera, à l’attention des eurosceptiques qui ne manquent jamais de rappeler que les traités interdisent à la BCE de financer directement les Etats de la zone en souscrivant à leurs emprunts, que rien ne l’empêche d’en racheter sur le marché secondaire.

Quant à l’objection suprême, qui consiste à dénoncer le manque d’indépendance d’une BCE désormais chargée de tâches non monétaires (alors que sa seule mission – ou plus exactement, comme le précisent les statuts, son «objectif principal» – consiste à assurer la stabilité des prix), elle ne résiste pas à l’analyse : que resterait-il de l’institution, et de sa mission, si la zone euro volait en éclat ?

Tout n’est pas gagné, loin de là. Cependant une étape essentielle est franchie, qui implique, sans que cela soit dit, un début de supranationalité en matière de discipline budgétaire. Après l’«union bancaire», décidée en juin, voilà donc la seconde pièce manquante du dispositif européen enfin ébauchée. Mario Draghi n’a pas décroché la lune, mais à la manière de Neil Armstrong en foulant le sol, il pourrait s’exclamer : un petit pas pour l’euro, un grand pas pour l’Union européenne ! (TDG)

Créé: 05.08.2012, 12h14

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7 Commentaires

Michèle Herzog

05.08.2012, 13:39 Heures
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Il faut se souvenir que Mario Draghi est un ex-banquier de Goldmann Sachs et que Goldmann Sachs a fourni de faux chiffres concernant la Grèce, afin que celle-ci puisse entrer dans l'Europe et surtout utiliser les Euros. Goldmann Sachs porte une très grave responsabilité dans cette affaire et le réseau Glodmann Sachs est très puissant (voir l'émission TSR à ce sujet parue il y a quelques semaines). Répondre


Nil Oira

06.08.2012, 10:32 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

Oui, la BCE peut acheter des dettes souveraines sur le marché secondaire. Ce qu'elle fait déjà d'ailleurs. Ca lui permet par exemple de faire du profit sur la dette grecque tout comme l'Etat français. Lorsque l'aide est profitable pour celui qui aide, ce n'est pas de l'aide, c'est du business et ça ne fait qu'aggraver la dette grecque. Il faut que la BCE prête directement aux Etats à 1%. Répondre



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