Les Bourses doutent même sans risque de catastrophe

FinanceLes actions de quelques-unes des plus grandes banques d’Europe bénéficient d’un sursaut de confiance.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Non, non et non! Nous ne sommes pas encore menacés par la troisième crise financière du XXIe siècle. Le démon des subprimes et celui des dettes souveraines, apparus respectivement en 2008 et 2011, ne sont pas sur le point de resurgir. «Nous n’en sommes pas là», confirme Frédérik Ducrozet, économiste de la Banque Pictet & Cie SA.

Loïc Bhend, analyste financier chez Bordier & Cie, se montre encore plus rassurant au sujet de l’état de santé du secteur bancaire européen: «Il n’existe pas de risque systémique (ndlr: autrement dit de catastrophe financière) de nature à justifier les valorisations actuelles des banques du Vieux-Continent. Celles-ci sont infiniment mieux capitalisées qu’en 2008. Les prêts aux entreprises du secteur pétrolier ou aux PME italiennes ne sont en outre comparables ni en taille ni en qualité aux subprimes américains.»

Ces messages d’experts semblent avoir redonné du tonus aux marchés européens. La Bourse suisse a progressé hier de 1,96%. Celle de Londres de 0,71%, Paris de 1,59%, Milan de 5,03% et Francfort de 1,55%. Les investisseurs ont même recouvré quelque confiance dans les banques du Vieux-Continent. L’action d’UBS a progressé de 5,24%. Celle de Credit Suisse a gagné 3,77%, de Deutsche Bank 10,20%, de BNP Paribas 4,89% et d’Unicredit 11,91%.

Doutes et inquiétudes
De telles performances retiennent certes l’attention. Mais elles ne compensent pas les reculs enregistrés entre le 4 janvier et l’après-midi du 9 février: moins 40% pour Credit Suisse, moins 30% pour UBS. Au cours de la même période, l’action de Julius Bär a perdu un quart de sa valeur et celle de Vontobel AG plus d’un cinquième.

Cette tendance s’observe bien sûr dans toute l’Europe. Du 1er juin au 8 février, l’action de Deutsche Bank avait quasiment perdu la moitié de sa valeur, celle d’Unicredit 52,4% et BNP Paribas 28,4%.

Même sans risque systémique, les Bourses manifestent donc de grands doutes, voire de franches inquiétudes. Il est vrai que le climat s’y prête. Le consultant parisien Kepler Cheuvreux a ainsi jugé pertinent d’indiquer que BNP Paribas et Crédit Agricole étaient les banques européennes les plus exposées au secteur pétrolier dans une étude publiée le 3 février, selon le quotidien Le Monde. Tout en précisant que «cette crise était gérable».

Une chute des cours du pétrole de plus de 50% en moins d’un an développe un autre effet redoutable sur les corbeilles européennes. Les énormes investisseurs que sont les fonds souverains du Moyen-Orient sont en effet encouragés à alléger de plus en plus leurs portefeuilles. Ils compensent ainsi l’érosion des recettes des Etats auxquels ils appartiennent. Un effort nécessaire au regard du pessimisme prévalant toujours dans la branche de l’or noir. «Nous sommes vraiment très pessimistes pour les cours du brut au premier semestre», reconnaissait encore hier le directeur général de la compagnie britannique BP, Bob Dudley.

Craintes liées à Credit Suisse
L’enthousiasme pour les valeurs bancaires diminue en outre du fait de perspectives de profitabilité en baisse. L’inflation régulatrice, notamment en matière de fonds propres, pèse en effet sur leurs affaires. Dans le cas de Credit Suisse, de récents choix stratégiques inspirent en outre quelques craintes.

Dès son entrée en fonction, le 1er juillet, le nouveau président du directoire de la deuxième banque helvétique, Tidjane Thiam, a ainsi clairement manifesté son intention de développer les activités de gestion de fortune en Extrême-Orient. Quelques-unes de ses consœurs viennent pourtant d’y renoncer, faute de rendements suffisants: Merrill Lynch, Société Générale, RBS Coutts Bank Ltd et BIL (Banque internationale à Luxembourg).

Le degré de dépendance de Credit Suisse vis-à-vis de sa banque d’investissement pourrait en outre nuire sérieusement si les marchés financiers reprennent leur dégringolade. (TDG)

(Créé: 10.02.2016, 21h18)

Mots-clés

Articles en relation

«C’est un début d’année calamiteux, du jamais vu»

Marchés financiers Avec ce propos, un courtier parisien a résumé l’ambiance prévalant hier dans la plupart des Bourses européennes. Plus...

Des métaux en hausse

Le pétrole s’effondre depuis juin 2014. Une progression d’un peu plus de 1 dollar hier pour le cours du baril de Brent de la mer du Nord, à 31,46 dollars, ne remet pas en cause une tendance lourde. D’autant moins que la cotation du baril de «light sweet crude» (WTI) est passée hier après-midi en dessous de 28?dollars au Nymex (New York Mercantile Exchange).

Tout indique en outre que les producteurs d’or noir, membres ou non-membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), peinent à trouver un accord sur une limitation de leur offre. Le champ des investissements dans les matières premières ne se limite heureusement pas au secteur du brut.

Les constructeurs automobiles chinois prévoyant une hausse de 6% de leur production cette année, la demande et le cours du palladium devraient augmenter. Ce métal constitue un élément fondamental de la fabrication des catalyseurs.

Après une chute de 17,6% sur un an, le cours du cuivre devrait aussi évoluer en hausse. Au même titre que celui du nickel et du platine.

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Tamedia licencie 24 personnes
Plus...