Croissance
La conjoncture résiste malgré de solides doutes
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 12.06.2012 2 Commentaires
Bruno Parnisari. (Image: sp)
Les dessous de la prévision
Qu’est-ce qui vous incite à relever vos prévisions de croissance?
Bruno Parnisari: L’évolution économique entre la fin 2011 et le début de 2012 a été meilleure que prévu. Nous sommes déjà en milieu d’année. Et ce que nous connaissons de 2012 impacte notre prévision. Nous avons dû revoir la prévision pour l’année en cours en raison de l’évolution passée. Pas en raison d’une nouvelle appréciation du futur.
Mais changer une prévision dans un environnement économique instable n’est-il pas risqué?
La question des prophéties auto-réalisatrices se pose chaque fois qu’une autorité s’exprime. Si je vous dis que les titres universitaires n’auront plus de valeur dans vingt ans, plus personne ne cherchera à les décrocher. Et dans vingt ans, ils n’auront effectivement plus de valeur.
Mais cette idée que les comportements peuvent rejoindre et confirmer l’annonce est une quadrature du cercle. Il faut vivre avec.
Mais à quoi sert la publication de prévisions conjoncturelles?
Leur origine est liée à la politique budgétaire. Chaque fois qu’un gouvernement ficèle son budget, financé par des impôts, il prévoit ses dépenses et doit anticiper les recettes fiscales de l’année suivante. Ces recettes sont liées à l’activité économique. Depuis toujours, les gouvernements font donc des prévisions sur l’activité économique.
La prévision reste une forme d’interprétation qui synthétise les informations du passé récent, les indicateurs avancés, une interprétation du futur proche et des hypothèses exogènes.
Pour le grand public, c’est l’accès à une synthèse de l’actualité, à une interprétation officielle de celle-ci et à une appréciation des risques.
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Les prévisions de croissance économique officielles passent en Suisse de 0,8% à 1,4% pour cette année. Et à 1,5% pour 2013.
La consommation est un élément capital dans le maintien actuel de la bonne conjoncture économique en Suisse. Pourquoi les Suisses continuent-ils à consommer?
Bruno Parnisari: D’un côté, il y a un effet volume. En raison du solde migratoire, on a une augmentation de la population. Même si personne n’augmente sa consommation, la croissance de la population induit une croissance assez robuste de la consommation agrégée.
La population résidente moyenne croit de plus de 1% par année en Suisse. Ce qui n’a pas toujours été le cas historiquement.
L’autre élément touche à l’évolution des prix. Ces derniers influent sur la consommation des ménages. Or, nous avons actuellement une inflation très basse, voire une inflation négative. En lien notamment avec la force du franc.
Dans certaines catégories de produits, l’électronique de loisir par exemple, les prix baissent même substantiellement. Les comportements d’achat s’y adaptent.
L’évolution des salaires explique aussi en partie la bonne tenue de la consommation. Au moment de la négociation des salaires nominaux, l’inflation négative n’était pas prévue. Les salaires réels sont donc en croissance.
L’impression prédomine d’un îlot de calme dans une Europe en crise. La Suisse peut-elle être épargnée par cette crise?
Ce qui est en crise dans l’Union européenne, ce sont les gouvernements. Beaucoup d’entreprises privées européennes se portent bien. Dans la zone euro, l’économie privée n’est pas aussi malade que les gouvernements.
Prenez les exportations de l’Espagne, cataloguée comme un pays malade. Elles sont assez dynamiques. Il ne faut pas confondre les entreprises et l’état des finances publiques.
En Suisse, on a des entreprises qui fonctionnent bien et des finances publiques relativement bonnes. Cela signifie que la source de la fragilité dans plusieurs pays n’est pas présente en Suisse.
Quels sont les principaux risques planant sur l’économie suisse?
Ils sont liés à l’économie mondiale. (…) Les crises deviennent graves au moment où elles touchent le secteur bancaire, avec les effets dominos qui s’ensuivent: assèchement des lignes de crédit pour l’économie privée, effets de contagion entre les systèmes bancaires, nécessité pour les Etats de sauver leurs banques pour éviter que tout s’effondre, leurs difficultés à se refinancer…
Le grand risque, finalement, est lié à la fragilité de l’ensemble du système, qui pourrait encore affecter le système bancaire dans certains pays.
Il ne faut jamais oublier qu’un niveau de dette élevé crée des fragilités. C’est notamment le cas dans la zone euro et aux Etats-Unis. Tant que toutes ces dettes au niveau mondial resteront élevées, ces fragilités représenteront un risque pour les économies mondiale, européenne et suisse.
Le ralentissement attendu en Chine est-il lui aussi un risque important pour l’économie suisse?
Cela équivaut au risque d’un accident de voiture à 50 km/h, face à un arrêt du crédit bancaire, qui serait l’accident à 220 km/h.
Le risque de ralentissement en Chine est peut-être même bienvenu, car il y avait des risques de surchauffe. Que la qualité de la croissance prenne le pas sur la quantité, ce peut être une bonne chose aussi. (Newsnet)
Créé: 12.06.2012, 12h43
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2 Commentaires
Au vu des propos tenus, j'hésite entre le discours formaté d'un fonctionnaire fédéral béat, un premier cours d'économie pour les Nuls, la réflexion déclinante d'un 'prévisionniste' qui a peur de ce qu'il a vu ou encore celui d'un adepte de la méthode Coué? L'avenir nous dira... Répondre
Génial, un remake de la "St-Gall et la "fourre-my". ["La St-Gall" ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue quand la crise fut venue. Que faisiez-vous au temps chaud ? Je chantais, ne vous déplaise. Vous chantiez ? j'en suis fort aise. Eh bien! dansez maintenant] Répondre
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