Deuxième plan d'austérité
La Grèce volontairement poussée à quitter l'euro?
Par Pierre-François Besson . Mis à jour le 13.02.2012 9 Commentaires
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Avec le vote de dimanche, augmenté de quelques autres conditions, la Grèce obtiendra un plan d’aide de 130 milliards d’Euros contre un coup de frein abrupt imposé à la demande intérieure.
«La Grèce ne s’en sortira pas sous les conditions imposées par l’Europe du Nord, juge Beat Kappeler. Elle n’est pas compétitive, son système social est complètement dysfonctionnel et aucun sursaut de compétitivité ne saurait suffire.»
L’économiste s’attend à un «appauvrissement général» de la population et à une déflation généralisée. «La situation de la population grecque est la même que celle des autres pays du Sud de l’Europe et bientôt de la France, mais à des degrés plus graves de plusieurs crans.»
Un soupçon
«On sacrifie l’Europe du Sud pour un principe», estime aussi l’économiste, qui se demande si, avec leurs exigences, Angela Merkel et l’Europe du Nord ne sont pas en train d’aider la Grèce à sortir unilatéralement de l’euro. «Cela se fera après les élections, pointe-t-il. Vers la fin de l’année, je pense que la Grèce sortira» de la monnaie unique.
Fondateur de l’Observatoire de la finance à Genève, Paul Dembinski croit davantage en son maintien dans la zone. Sinon, on assisterait au début du «détricotage» de l’Europe elle-même. Et «si tout ça vole en éclat, on aura droit à un retour à la période d’il y a 70 ans», craint l’économiste.
Pour assumer les exigences de ses créanciers, la Grèce aurait besoin d’«une grande mobilisation patriotique, comme on en voit en temps de guerre, estime aussi Paul Dembinski. Elle n’existe pas ici. Avec le bâton, on risque d’amener la Grèce au bord de l’anarchie. Une dimension peu considérée par les Européens du Nord.»
Un rééchelonnement
Liée au plan d’aide, une autre question est sur le tapis. La Grèce fera-t-elle défaut sur tout ou partie de sa dette? De manière coordonnée ou non?
La question numéro un pour la prochaine génération de Grecs, c’est la possibilité d’accéder au marché des capitaux afin de financer le pays, constate Paul Dembinski. Idéalement, un rééchelonnement organisé serait donc tout indiqué. Mais à ce stade, les augures sont mauvais.
«Tout le monde traine les pieds et personne ne veut vraiment organiser ce rééchelonnement, observe l’économiste. On risque d’assister à un mouvement assez anarchique.»
«Ce qui a été fait en matière d’abandon de créances jusqu’ici est nettement insuffisant, constate-t-il. Pourtant la Grèce n’a d’avenir que si les créanciers publics et privés passent à la caisse.» (Newsnet)
Créé: 13.02.2012, 17h38
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9 Commentaires
Ils ont voulu l'euro en trichant, et bien ils vont la roter et avoir la diarrhée jusqu'à la mort, ils l'ont voulu et bien ils l'auront eu, car il faudra un 4ème et suivant plan, jusqu'à bouter la Grèce en dehors de l'euro, cela finira par arriver ou il y aura deux zones, la nordique compétitive et exportatrice et la sepentrionale, consommatrice et pauvre. Répondre
Franchement, quand un débiteur annonce la faillite et donc qu'il ne vous remboursera pas, s'il vient demain vous redemander de l'argent, vous prêtez? Si les créanciers passent davantage à la caisse qu'il ne l'ont fait jusqu'à présent ça veut dire que la Grèce ne pourra plus se financer: plus personne sur les marchés financiers ne lui prêtera. Répondre


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