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Crise de la dette

Avant un nouveau tour de vis budgétaire, la grogne sociale monte en Grèce

Mis à jour le 08.12.2011

La perspective de nouvelles mesures d’austérité pour éviter le défaut de paiement qui menace la Grèce et risque d’ébranler la zone euro a déclenché mercredi une montée des tensions sociales.

La colère monte en Grèce avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre.

La colère monte en Grèce avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre.
Image: Keystone

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La colère monte en Grèce avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre avant le nouveau tour de vis budgétaire prévu par le gouvernement.

"Nous allons faire tout ce qu’il faut pour ne pas mettre en danger l’avenir du pays et sa place dans la zone euro", a assuré devant le Parlement le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos, avant un conseil ministériel consacré à l’examen de ces mesures.

Le gouvernement socialiste devrait principalement s’engager à réduire encore les effectifs de son secteur public et à augmenter des impôts, selon les analystes et la presse grecque. Cette nouvelle cure de rigueur suscite la colère de la population.

L’objectif pour la Grèce est de convaincre la Troïka de ses créanciers - Fonds monétaire international (FMI), zone euro et Banque centrale européenne (BCE) - à lui verser une sixième tranche de huit milliards d’euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement en octobre.

Le flou régnait toutefois sur la question de savoir si les annonces d’un tour de vis supplémentaire allaient être réalisées dans la journée alors que les centrales syndicales se mobilisaient pour protester contre l’austérité.

Jeudi, Athènes sera privée de tout type de transport, une situation exceptionnelle. Puis le secteur public sera en grève le 5 octobre, avant une grève générale de 24 heures des secteurs public et privé le 19 octobre.

Outre Athènes, la Banque centrale américaine (Fed) monopolisait l’attention des investisseurs. Elle pourrait en effet annoncer vers 18H15 GMT un nouveau coup de pouce à la reprise économique des Etats-Unis.

La Réserve fédérale devrait notamment effectuer une opération de "twist", qui consisterait à vendre des obligations à courte échéance et acquérir des titres à plus long terme.

Ce jeu de passe-passe, destiné à relancer l’économie, permettrait de baisser le coût du crédit pour les ménages et les entreprises américains, selon les analystes de CM-CIC Securities.

Déboussolées, la plupart des Bourses européennes ont fini la journée dans le rouge: Paris a perdu 1,62%, Londres 1,40%, Francfort 2,47%, Madrid 1,82% et Milan 1,65%.

Aux Etats-Unis, Wall Street évoluait sans direction: le Dow Jones perdait 0,33% et le Nasdaq gagnait 0,51%.

"Le doute prédomine avant la décision cruciale de la Banque centrale américaine. On espère au moins des avancées sur la nouvelle cure de rigueur que doit s’imposer la Grèce", a commenté Arnaud de Champvallier, directeur de la gestion chez Turgot Asset Management.

Avant la Fed, la Banque centrale européenne a fait un geste de plus pour aider les banques de la zone euro à s’approvisionner en liquidités, annonçant qu’elle allait assouplir à compter du 1er janvier 2012 les conditions dans lesquelles elle leur prête de l’argent.

La BCE a également fait état d’un prêt d’une semaine de 500 millions d’euros à une banque dont le nom n’a pas été divulgué.

Ces annonces n’ont pas apaisé les inquiétudes tenaces sur les banques de la zone euro, encore ravivées par le FMI. Selon l’institution, "certaines banques européennes ont urgemment besoin de relever leur niveau de fonds propres" et elle a suggéré d’avoir recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Le FESF, créé en mai 2010 et qui émet de la dette depuis janvier, était initialement destiné à lever des liquidités pour les Etats de la zone euro en difficulté. Depuis le sommet du 21 juillet, il est également prévu qu’il puisse à l’avenir aider à la recapitalisation des banques via ses prêts aux gouvernements.

Selon le FMI, la crise de la dette a déjà coûté 200 milliards d’euros aux établissements bancaires de l’Union européenne mais le gouvernement français a réaffirmé mercredi que ses banques, dans le collimateur des marchés financiers, étaient solides et n’avaient pas besoin d’être recapitalisées.

"Aujourd’hui nous faisons tout pour sauver la Grèce", a assuré la ministre française du Budget Valérie Pécresse. Elle a vivement écarté un éventuel défaut de paiement d’Athènes. "Ca nous coûterait beaucoup plus cher d’envisager un autre scénario", a-t-elle estimé. Pour la zone euro, l’enjeu est colossal.

Le sort de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande, pays aux finances publiques exsangues, est lié à la manière dont sera traitée la Grèce, avancent économistes et analystes.

"La résolution du cas grec est déterminante", assure Cédric Thellier, économiste chez Natixis. "Si on laisse la Grèce livrée à elle-même, on envoie un signal aux investisseurs que quand il y a un problème en zone euro c’est le défaut".

Les spéculateurs pourraient ensuite "mettre la pression sur d’autres pays comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie", prévient-il. Or un défaut de l’Italie, troisième économie de la zone euro, "signifierait l’éclatement de l’Union monétaire", affirme l’économiste.

Le Portugal a prévenu mardi qu’un défaut de paiement d’Athènes l’obligerait à demander une nouvelle aide financière internationale.

"Dans un scénario de défaut de la Grèce, cette aide pourrait être nécessaire et il est important que nos partenaires européens soient convaincus que cela vaut la peine d’aider le Portugal et, dans ce cas, l’Irlande aussi", a déclaré le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho.

Le Portugal a emprunté mercredi 1,250 milliard d’euros en bons du Trésor à court terme, à des taux élevés, dépassant 5,2% pour la ligne à six mois.

A l’inverse, les taux des obligations allemandes, très recherchées par les investisseurs, ne cessent de diminuer. La Banque centrale allemande a pour la première fois émis un emprunt à dix ans à un taux d’intérêt inférieur à 2%. (AFP/TDG)

Créé: 08.12.2011, 12h24

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