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Crise grecque

110 milliards de dette effacés. Et les créanciers?

Mis à jour le 21.02.2012 7 Commentaires

Près de 110 milliards d'euros doivent être effacés de la dette grecque à la suite de l'accord de cette nuit. Cela concerne surtout des créanciers privés. Une opération de restructuration financière d'une ampleur inédite.

Le premier ministre grec Lucas Papademos, à droite, avec son ministre des Finances Evangelos Venizelos, en conférence de presse ce mardi matin à Bruxelles à l'issue de la réunion de l'Eurogroup.

Le premier ministre grec Lucas Papademos, à droite, avec son ministre des Finances Evangelos Venizelos, en conférence de presse ce mardi matin à Bruxelles à l'issue de la réunion de l'Eurogroup.
Image: Keystone

La Grèce se prépare à effacer près de 110 des 350 milliards d'euros de sa dette publique, à l'issue d'une opération de restructuration volontaire de la part de ses banques créancières, inédite par son ampleur dans l'histoire financière mondiale.

Le record était jusqu'ici détenu par l'Argentine, dont la dette atteignait 82 milliards de dollars (73 milliards d'euros environ au cours de l'époque) lorsqu'elle avait fait défaut, en janvier 2002.

Dans le cas de la Grèce, il ne s'agit pas d'un défaut mais d'un montage complexe, consenti par les créanciers publics et privés.

A quel montant vont renoncer les créanciers privés? Au total, banques, assureurs, fonds d'investissement et fonds de pension vont perdre environ 107 des 200 milliards d'euros de dette grecque qu'ils détenaient. Concrètement, ils vont recevoir, en échange des obligations d'Etat qu'ils détiennent, des titres dont la valeur sera inférieure de 53,5%. Il s'agira, d'obligations émises par le fonds de stabilité européen (FESF) pour 15% de la valeur initiale et de nouvelles obligations grecques pour 31,5%. Les 53,5% restants seront perdus.

Pourquoi les créanciers privés vont-ils perdre plus que les 107 milliards de dette auxquels ils renoncent? Les nouvelles obligations qui seront proposées aux créanciers privés arriveront à échéance dans 11 ans au minimum, 30 ans au maximum, soit plus que tous les titres qu'ils détenaient jusqu'ici.

Le fait d'immobiliser l'argent plus longtemps que prévu a un coût pour les créanciers privés, ce qui va se traduire dans leurs comptes par une perte. "Quand on vous propose de vous rembourser dans 10 ans ou dans 30 ans, vous choisissez toujours 10 ans", dit Xavier Paper, associé fondateur du cabinet Paper Audit & Conseil.

En outre, le taux d'intérêt des nouvelles obligations n'est que de 3,65% environ en moyenne, soit sensiblement moins que celui des titres que les créanciers privés avaient en leur possession. Ce rendement moins intéressant induit également une perte pour les créanciers privés.

Au total, la perte finale dépassera donc 70% de la valeur comptable des obligations grecques détenues par les créanciers privés, pour une décote de 53,5%.

Qu'arrivera-t-il aux créanciers privés qui n'apporteront pas leurs obligations à l'échange?

En théorie, l'échange est basé sur le volontariat. Les créanciers qui choisiraient de ne pas apporter leurs titres devraient donc être remboursés dans les conditions qui prévalaient avant l'échange. Mais dans les faits, leur sort est très incertain et ils courent le risque, en adoptant cette posture, de tout perdre.

L'effacement va-t-il déclencher le paiement des contrats de couverture contre le défaut de remboursement (CDS)?

Les trois grandes agences de notation ont toutes indiqué depuis juillet que l'opération d'échange sera assimilée par chacune à un défaut de paiement partiel, car elle implique un effacement de dette. Une fois l'opération réalisée, les agences devraient toutefois redonner une note à la Grèce, en principe supérieure à celle en vigueur avant l'échange de titres. (afp/Newsnet)

Créé: 21.02.2012, 09h04

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7 Commentaires

Nil Oira

21.02.2012, 10:14 Heures
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Les "plans de sauvetage de la Grèce" auxquels nous avons assisté depuis 2 ans étaient en réalité des plans de sauvetage des banques européennes impliquées dans la dette grecque. Elle se gavent milliards avec les taux d'intérêts de près de 20% qu'elles imposent, elles reçoivent des centaines de milliards du FMI, de l'Europe et de la BCE et au final elles auront gagné de l'argent, comme toujours. Répondre


Ce Clean

21.02.2012, 11:53 Heures
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J'espère que le peuple grec va refuser ce plan de sauvetage; car le voilà sous tutelle, avec une perte sans commune mesure de sa souveraineté! Les émeutes pourraient bien devenir quotidiennes dans le berceau de la démocratie occidentale... Répondre



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