Venezuela placé en état d'«urgence économique»

Amérique du SudLa crise économique qui sévit au Venezuela est lié à la chute des cours du pétrole.

Le décret du président Nicolas Maduro ne fait pas l'unanimité dans son pays.

Le décret du président Nicolas Maduro ne fait pas l'unanimité dans son pays. Image: AFP

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Le Tribunal suprême du Venezuela (TSJ) a validé le décret du président Nicolas Maduro plaçant le pays en «urgence économique». La justice a ignoré le rejet du texte formulé le 22 janvier par le parlement contrôlé par l'opposition.

Le décret «est entré en vigueur à partir de sa publication et sa légitimité, sa validité, sa vigueur et son efficacité juridico-constitutionnelle sont irrévocables, conformément à ce qui est prévu» dans la loi, a estimé le TSJ dans un avis publié jeudi soir sur sa page Internet.

Le texte prévoit notamment le recours par le gouvernement aux entreprises privées (transport, distribution) pour «garantir l'accès» aux aliments, médicaments et biens de première nécessité et le contrôle des changes.

«Cela facilite beaucoup le travail», a réagi le président socialiste Nicolas Maduro sur les antennes de la télévision d'Etat, précisant qu'il annoncerait les premières mesures dans les prochains jours. «Le Tribunal suprême de justice a parlé, sa parole est sainte et doit être respectée par tous les secteurs et toutes les institutions», a-t-il insisté.

Pendant 60 jours

Sur Twitter, le député d'opposition Juan Guaido s'est insurgé: «Le TSJ ne peut pas usurper les compétences du pouvoir législatif». Le député José Guerra, l'un des plus critiques envers le décret, a estimé que le Tribunal suprême «croit être un Etat au sein de l'Etat» et «pense être au-dessus de la volonté du peuple».

Le président du parlement, Henry Ramos Allup, a appelé vendredi l'opposition à accélérer la procédure pour raccourcir le mandat de Nicolas Maduro à la tête de l'Etat. «Dans les prochains jours, nous devrons faire déjà une proposition concrète de sortie (du pouvoir) de ce malheur national qu'est le gouvernement», a-t-il déclaré.

La crise «s'accélère» à cause des «erreurs, des maladresses» du gouvernement, a-t-il affirmé. M. Ramos Allup a accusé le gouvernement d'être «en train de faire tout son possible pour provoquer un coup d'Etat». Pour le contrer, l'opposition a plusieurs options, dont un amendement constitutionnel pour réduire de 6 à 4 ans le mandat de Nicolas Maduro, qui court jusqu'en 2019.

Le décret, instituant cet état d'urgence pour 60 jours dans un Venezuela en pleine crise économique en raison de la chute des cours du pétrole, avait été pris par M. Maduro le 15 janvier. Mais il avait été rejeté une semaine plus tard par le parlement, où l'opposition est désormais majoritaire.

Saisie par des dirigeants du parti au pouvoir, la chambre constitutionnelle du TSJ leur a finalement donné raison.

Pénurie

L'opposition, mais aussi les syndicats et les milieux d'affaires, craignait que le décret menace la propriété et l'entreprise privées, détruise le pouvoir d'achat et nuise à l'emploi.

Le pays sud-américain, autrefois un riche producteur pétrolier grâce à ses immenses réserves de brut, est plongé dans une grave crise économique avec la chute des cours du pétrole. Au quotidien, celle-ci se traduit par une pénurie touchant des produits de base comme le café, l'huile ou les couches, obligeant les habitants à faire la queue pendant des heures d'un supermarché à l'autre. (ats/nxp)

(Créé: 12.02.2016, 18h04)

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