Un pessimisme ambiant s’empare des PME suisses

ConjonctureD’après une étude publiée jeudi, la part des sceptiques est bien plus forte en Suisse alémanique qu’en Suisse romande.

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«Et si ce n’était que le début? Et si le pire était encore à venir pour notre région en 2016?» Voilà les questions que 24 heures s’était posées le 15 janvier dernier, date du 1er anniversaire de la fin du taux plancher entre le franc et l’euro. Les résultats du Baromètre des entreprises 2016 d’EY ont démontré jeudi que le climat général était en train de se détériorer… En tout cas dans les esprits.

«Pour la première fois depuis 2012, la part des sceptiques (ceux qui prévoient une dégradation de la situation économique dans les six prochains mois) l’emporte», lit-on dans leur sondage. Un fossé semble toutefois se creuser entre la Suisse alémanique et la Suisse romande, puisque la partie germanophone est la seule région de Suisse «à s’attendre à une telle détérioration».

Une Genève plus pessimiste

Au niveau cantonal, certaines disparités apparaissent autour de l’arc lémanique. Les Genevois semblent en effet plus pessimistes que les Vaudois. «Ils l’étaient déjà l’année dernière après l’annonce de la BNS», explique Blaise Matthey, directeur général de la Fédération des entreprises romandes (FER) Genève.

Globalement, après une première période d’attente en 2015 et le constat en fin d’année d’une dégradation de leurs affaires, les milieux économiques genevois se préparent désormais – pour les prochains six à huit mois – à assister à une vague de restructurations et de transferts d’activités. «Le scénario envisagé après le 15 janvier 2015 se concrétise simplement», assure Blaise Matthey.

Contrairement aux Suisses allemands, Genève ne fait toutefois pas face à une augmentation massive de patrons sceptiques et inquiets pour l’avenir. «Au contraire, si nos membres nous confirment que la situation reste dure, ils déclarent ne pas avoir perdu tout espoir de voir leurs affaires s’améliorer», répond le patron de la FER Genève.

Stabilité vaudoise

En terres vaudoises, aucune nouvelle évolution majeure n’est également constatée. «Nous n’avons pas d’éléments récents permettant de confirmer les conclusions du sondage d’EY», répond Guy-Philippe Bolay, vice-directeur de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). A l’exception des sous-traitants industriels qui vivent une période difficile, notre canton ne fait, pour le moment, pas face à de violents soubresauts, notamment en termes de délocalisation (un fait corroboré par les chiffres du chômage).

Dans son baromètre, EY avertit pourtant que cette menace d’une dégradation du marché du travail existe à l’échelle nationale. Sur les 700 entreprises interrogées, un cinquième d’entre elles seraient prêtes à réduire leurs effectifs ou à délocaliser des activités hors de Suisse.

Un euro de plus en plus fort

Le renforcement ces derniers jours de l’euro (face au franc) pourrait finalement remettre un peu de baume au moral des patrons suisses. Tant à la CVCI qu’à la FER Genève, cette évolution est vue d’un œil favorable. «Elle l’est d’autant plus que le consensus général lui prédit déjà un niveau d’équilibre légèrement supérieur», rappelle Blaise Matthey.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, le Canton de Vaud a annoncé hier que son plan de soutien à l’industrie vaudoise (lire en page 21) serait opérationnel dès le 1er février. Il devrait aussi offrir un peu de souffle à cette branche, principale victime du franc fort. (TDG)

(Créé: 28.01.2016, 20h49)

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