Un nouveau centre pour la formation à Battelle

Hautes écolesLa HEG inaugure cette semaine son nouveau bâtiment. Le lieu vise à être le symbole du modèle genevois de l’apprentissage.

Le bâtiment de la HEG matérialise «la volonté politique genevoise de soutenir la formation professionnelle supérieure», selon François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève. 
PIERRE ALBOUY

Le bâtiment de la HEG matérialise «la volonté politique genevoise de soutenir la formation professionnelle supérieure», selon François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève. PIERRE ALBOUY

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Cela ressemble un peu au débat sur la pénurie de logements, qui en vient à faire oublier les chantiers ouverts dans le canton. Pendant que la pénurie d’informaticiens ou de spécialistes RH fait l’objet de toutes les récupérations politiques, l’institution chargée de former les employés spécialisés du secteur tertiaire – la Haute Ecole de gestion (HEG) – a vu ses effectifs exploser depuis sa création.

Inauguré officiellement mercredi – l’emménagement a commencé en début d’année – son nouveau bâtiment à l’allure sixties matérialise «la volonté politique genevoise de soutenir la formation professionnelle supérieure», selon François Abbé-Decarroux, directeur général de la HES-SO Genève. Cette institution publique autonome regroupe six hautes écoles qui forment les futurs gestionnaires à la HEG, mais aussi des ingénieurs à l’Hepia ou des créatifs à la HEAD.

Débouché quasi garanti

Retour en 1998. Les cinquante premiers étudiants de la Haute Ecole de gestion (HEG) sont casés sur deux étages de l’ancien institut de chimie de Battelle. Ils sont aujourd’hui 1300. «Ces dernières rentrées, nous en accueillons une centaine de plus, ce bâtiment, prévu depuis dix ans, était donc très attendu», relate Claire Baribaud, directrice de la HEG, en faisant découvrir la vue imprenable sur le Jura du nouveau paquebot. «Il y a vingt ans encore, la porte des hautes écoles était pratiquement fermée aux détenteurs d’un CFC», se souvient François Abbé-Decarroux.

Aujourd’hui sept étudiants sur dix prétendants aux diplômes supérieurs de type «bachelor» de la HEG ont commencé par un CFC et un apprentissage avant de décrocher une maturité commerciale. Le tiers d’entre eux suivent les cours le soir, parallèlement à leur activité. Et un emploi les attend quasi tous à la rentrée.

Ils se préparent à occuper ces dizaines de fonctions ignorées de ceux vivant à l’écart du nouveau fordisme à l’œuvre dans les bureaux du tertiaire: contrôleur de gestion, responsable des ventes, fiscaliste, réviseur, media planner, archiviste, webpublisher, animateur de communauté Web, veilleur, administrateur de bases de données, développeur, architecte de systèmes… La récente filière en anglais «international business management» fait, elle, miroiter des postes de stage au sein de multinationales comme Vitol, Gunvor ou Procter & Gamble.

Sans compter les dizaines de petites mains requises par un secteur financier occupant toujours près de 30 000 personnes à Genève. «Conçue en 2008, l’orientation banque et finance a été l’une des premières à intégrer les leçons de la crise», résume François Duc, responsable d’une filière économie d’entreprise de la HEG, qui regroupe à elle seule 750 étudiants.

Réservé aux (ex-)apprentis

Un succès qui résonne jusqu’aux oreilles des détenteurs de maturité – ou de diplôme universitaire généraliste – faisant face à quelques désillusions lors de leur entrée sur le marché du travail. «Certes, nous avons vu quelques universitaires accumuler une expérience pour nous rejoindre, mais en réalité nous ne leur sommes pas destinés; la mission qui nous a été confiée est celle de la formation professionnelle… en complément de l’université», rappelle celle qui dirige quelque 90 enseignants, dont une quarantaine ayant une activité professionnelle extérieure. Sans compter plus de 200 professionnels qui interviennent de l’extérieur, de façon ponctuelle.

«J’entends les voix qui tentent d’opposer notre modèle à celui de l’université; rien n’est plus faux, notre société a besoin des deux – de formations axées sur la pratique comme de formations plus théoriques», souligne en écho le responsable de l’alliance HES-SO Genève. Ce dernier précise que le groupement fonctionne avec un budget annuel de 202 millions de francs, dont 31 millions sont alloués à la HEG.

L’école de gestion des hauts de Carouge reste hors d’atteinte des lycéens de France voisine, ces jeunes du Grand Genève. «Ils doivent avoir une expérience professionnelle d’une année, ce qui est assez rare de l’autre côté de la frontière», invoque la directrice Claire Baribaud, ancienne enseignante de la filière informatique de gestion, domaine faisant amplement appel aux travailleurs frontaliers. Longtemps désertée par les jeunes Romands, cette filière accueille d’ailleurs ces dernières années un nombre toujours plus important d’inscrits. Elle ne fournit cependant encore qu’une trentaine d’informaticiens de gestion par an.


Portes ouvertes mercredi à la HEG

Signé du bureau Brauen Wälchli et construit par la société Tekhne, le nouveau paquebot noir de la HEG fait revivre l’architecture qui a marqué tant d’administrations, de centres commerciaux – celui de Caroll à Onex est un modèle du genre – et de barres d’immeubles du début des années 60. Au sol, les dalles de «granito» noires célèbrent un style longtemps dénigré. Les architectes lausannois sont ceux qui ont commis le mikado de béton du Cycle de Drize, à un jet de pierre. Le bâtiment «B» de la HEG offre une cafétéria à tout le campus de Battelle ainsi qu’une aula de 400 places.

Ayant coûté 52 millions de francs, ce bâtiment arrive bien après les centres dédiés à la formation professionnelle supérieure des cantons de Vaud, Fribourg ou du Valais. L’inauguration officielle a lieu ce mardi. Le grand public pourra, lui, découvrir mercredi, de 13 h à 17 h 30, la HEG Genève et ses formations en économie d’entreprise, international business management, information documentaire ou informatique de gestion. P-A.SA. (TDG)

(Créé: 29.02.2016, 21h25)

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