Schneider-Ammann veut doper les affaires à Téhéran

Visite en IranLe président de la Confédération sera vendredi en Iran. Objectif: donner un coup de pouce aux échanges économiques.

Johann Schneider-Ammann rencontrera le président iranien Hassan Rohani.

Johann Schneider-Ammann rencontrera le président iranien Hassan Rohani. Image: Archives/Keystone

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Les hommes politiques de haut rang du monde entier se pressent actuellement à Téhéran. Tous espèrent y réaliser des affaires fructueuses, après que les sanctions occidentales ont été en grande partie levées. Vendredi, c'est au tour du président de la Confédération Johann Schneider-Ammann de se rendre en Iran.

L'objectif de la visite, qui durera deux jours, est d'améliorer les relations entre les deux Etats et de donner un coup de pouce aux échanges économiques bilatéraux. Les détails du programme ne sont toutefois pas encore précisément fixés.

Il est cependant acquis que Johann Schneider-Ammann rencontrera le président iranien Hassan Rohani. En outre, le président de la Confédération prévoit une visite à l'Université de Téhéran, envoyant ainsi le signal que la Suisse et l'Iran veulent collaborer à l'avenir plus étroitement dans le domaine scientifique.

Délégation économique

En raison des liens étroits entre politique et économie en Iran, cette visite d'Etat aura un important rôle facilitateur pour les entreprises suisses. Le président de la Confédération sera en effet accompagné d'une délégation économique, qui en profitera pour prendre des contacts avec les autorités locales et les acteurs de différentes branches.

Avec un peu de prudence, les managers qui feront le déplacement pourront également en profiter pour glaner des idées d'affaires. Le marché iranien - verrouillé pendant des années et où l'argent atterrissait presque uniquement dans le secteur militaire - offre avec ses 80 millions d'habitants des opportunités dans pratiquement tous les secteurs.

Au premier plan, figurent l'industrie automobile, les infrastructures, la branche de la chimie-pharma, le secteur alimentaire, mais aussi les services financiers conformes à l'Islam. Le Fonds monétaire international (FMI) table pour cette année sur une croissance de 5% pour l'économie iranienne.

Les liens économiques entre la Suisse et l'Iran ont fortement souffert par le passé des sanctions de l'Occident contre la République islamique. Avant cela, les affaires étaient toutefois fructueuses entre les deux pays.

Les exportations ont bondi en 2015

En 2005, les exportations suisses vers l'Iran atteignaient quelque 750 millions de francs, selon les chiffres du commerce extérieur. En 2013, elles s'étaient réduites à 330 millions, en raison de la politique de blocus. L'an dernier, les ventes vers la République islamique ont bondi de près de 50%, à 900 millions.

Les principaux produits exportés sont, selon l'Administration fédérale des douanes (AFD), ceux du secteur chimie-pharma, les machines, les appareils et instruments de précision, ainsi que les métaux précieux.

En dehors du pétrole et du gaz naturel, l'Iran compte pour sa part peu d'exportations majeures. Le pays a seulement vendu pour 20 millions de francs de marchandises en 2015 en Suisse, issues principalement de l'exploitation forestière, de l'agriculture, de la pêche ou du textile.

Parmi les autres biens d'exportation, les Iraniens ne peuvent compter que sur les pistaches, le caviar, le safran et les tapis traditionnels.

Différences culturelles

Pour pouvoir réaliser des affaires en Iran, les hommes d'affaires étrangers doivent prendre garde à trois points, notent des experts. En premier lieu, il ne faut jamais donner l'impression que la partie iranienne se vend à l'étranger.

Deuxièmement, les étrangers doivent faire attention à la corruption, largement répandue. La vision occidentale du déroulement des affaires n'est en effet pas partagée partout. En outre, la pénurie de biens qui a régné pendant des années a favorisé une économie de «copinage».

Enfin, les hommes d'affaires étrangers doivent être conscients que dans de nombreux secteurs, ils ne pourront pas faire sans l'Etat iranien. Les fondations religieuses, nommées Bonyads, jouent en effet un rôle dans toutes les industries. A eux seuls, ces petits conglomérats contrôleraient 20% de l'économie iranienne, avancent des experts.

Au vu de tels ordres de grandeur, les petites et moyennes entreprises (PME) helvétiques pourraient avoir des difficultés à prendre pied en Iran. Il est donc d'autant plus nécessaire pour elles de recevoir l'aide de la Confédération. (ats/nxp)

(Créé: 22.02.2016, 11h34)

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