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Fermeture de Merck Serono

Pourquoi les biotechs suisses manquent de réussite

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 24.04.2012 11 Commentaires

La fermeture de Merck Serono est le reflet d'un malaise général. Freinées par le franc, les procédures d'autorisation et leurs coûts élevés, les biotechs suisses sont en manque de succès commerciaux.

La Suisse n'est pas seule active sur le marché très disputé des biotechnologies. A l'image, un site de recherche biotech à Jena, à l'est de l'Allemagne, patrie de Merck.

La Suisse n'est pas seule active sur le marché très disputé des biotechnologies. A l'image, un site de recherche biotech à Jena, à l'est de l'Allemagne, patrie de Merck.

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Un revers pour la place suisse

Interpharma. Les plans de restructuration de Merck Serono sont un revers pour la place pharmaceutique suisse, commente l'association faîtière de l'industrie pharmaceutique. Pour Interpharma, ils sont le résultat «des coupes sombres effectuées dans la recherche» et montrent «l'urgence d'un plan directeur réclamé depuis plus d'un an auprès du Conseil fédéral».

Revers. Merck Serono, qui est membre d'Interpharma, est au 3e rang des entreprises pharmaceutiques de Suisse. «Les nombreuses suppressions d'emploi et le retrait partiel de Merck Serono de Suisse» sont donc «un dur revers» pour la place pharmaceutique suisse, ajoute Interpharma dans un communiqué.

Essais cliniques. Selon la société faîtière, cette évolution est «due à une baisse d'attractivité de la Suisse en termes de pharma». Depuis des années, Interpharma critique les lourdes procédures requises pour lancer des essais cliniques en suisse. Sont également mis en cause les retards pris dans l'autorisation de mise sur le marché de médicaments et ou dans leur admission au remboursement. Ces phénomènes ont entraîné une diminution de 40% les essais cliniques réalisés en Suisse, précise l'association faîtière.
(réd/ats)

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La fermeture presque complète de Merck Serono est un choc pour toute la Suisse romande. Pire, la délocalisation du groupe anciennement développé par la famille Bertarelli, exprime un problème plus général des biotechs suisses: le manque de réussite.

De tous les secteurs d'innovation, celui des biotechs est sans doute considéré comme l'un des plus prometteurs, si ce n'est le plus prometteur. Mais voilà, l'innovation coûte cher, très cher. Les investisseurs veulent voir un moment donné des résultats concrets, commercialisables, rentables. En un mot, un «retour sur leur investissement».

Le poid du franc

Pour l'heure, ce sont les coûts qui augmentent le plus régulièrement. La place suisse, déjà connue pour ne pas être la plus abordable, souffre du franc fort. La branche en fait état dans son Swiss Biotech Report 2012.

La fermeté de la devise helvétique explique ainsi le recul du chiffre d'affaires du secteur, qui est passé de 9,3 milliards de francs en 2010 à 8,7 milliards en 2011. De même, la perte cumulée de 350 millions de francs affichée l'an dernier est essentiellement imputable aux taux de change, ainsi qu'à «des effets spéciaux uniques», ajoute la Swiss Biotech Association.

Comme le relève un expert, les entreprises peuvent atténuer le problème sans devoir nécessairement quitter la Suisse: il leur suffit de consolider leurs résultats en dollars, comme le fait Novartis (NOVN 71.45 -0.42%) voire en euros, à l'exemple d'Actelion. (ATLN 58.65 -0.26%)

Succès lents à venir

La branche se réjouit également, dans son rapport, de l'augmentation de 203 millions de francs des investissements dans le secteur. Du coup, ceux-ci ont presque doublé à 458 millions de francs en 2011.

Cette évolution reflète l'arrivée de douze nouvelles entreprises. Mais elle traduit surtout les besoins. Car ces investissements sont inégalement distribués entre les 249 biotechs que compte la Suisse.

Actelion à elle-seule couvre près de la moitié de volume des investissements. Et le reste se répartit principalement entre cinq à six entreprises, explique Jürg Zürcher, expert chez Ernst & Young, interrogé par tages-anzeiger.ch.

L'expert zurichois explique le manque relatif de financement à disposition des biotechs suisses par l'augmentation des exigences posées par les autorités. Il rejoint en cela la société faîtière Interphrama, qui évoque le poids des procédures d'autorisation, à la fois lentes et relativement difficiles (voir encadré).

Et les différences culturelles

Un dernier point a pu cependant jouer un rôle particulier dans le cas de Merck Serono. «Les affaires sont aussi portées par la personnalité des dirigeants», laisse entendre Michael Nawrath, analyste financier à la Banque cantonale de Zurich. La société, selon lui, n'a cessé de reculer depuis le départ d'Ernesto Bertarelli en 2006.

«Merck et Serono n'ont pas les mêmes cultures d'entreprise». Autrement dit, Darmstadt et Genève avaient «un problème de communication». Cela peut expliquer pourquoi, en dehors du blockbuster qu'est le Rebif (médicament contre la sclérose en plaque), Serono n'a pas apporté de produits réellement nouveaux sur le marché au cours des dernières années. (Newsnet)

Créé: 24.04.2012, 18h06

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11 Commentaires

Pierre Ponce

24.04.2012, 18:31 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Le manque de réussite plombe les biotehs et l'excès de "réussite" plombe les banques suisses. Messieurs les journalistes, vous devriez également revenir sur les propos tenus, en 2006 déjà, par un analyste de Ferrier Lullin. Très enrichissante sa vision. (Fallait-il encore savoir écouter...en captant ce qui s'y "cachait" derrière ses paroles) Répondre


Nil Oira

24.04.2012, 18:26 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

"Pourquoi les biotechs suisses manquent de réussite" -> parce que la Suisse n'est plus un pays à la pointe de la recherche et du développement. La Suisse est un paradis fiscal, le temple du capitalisme financier mondialisé et il ne faut pas s'attendre à ce que des actionnaires ou des gestionnaires de fonds étasuniens s'intéressent à l'industrie ou à la pharma autrement qu'à travers les profits. Répondre



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