Pharma: la fièvre des fusions s'est intensifiée

RachatsEn 2015, les entreprises ont brassé d'énormes sommes d'argent dans leurs transactions.

La tendance à la spécialisation participe également à cette vague.

La tendance à la spécialisation participe également à cette vague. Image: Keystone

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Mariages et rachats ont chamboulé le paysage de la branche en 2015. Coûts de recherche élevés, expiration de brevets pour des médicaments lucratifs et économies possibles d'impôts sont autant de raisons de rationaliser. Et même les groupes bâlois s'y adonnent fougueusement.

La politique d'argent bon marché menée par les banques centrales encourage cette vague d'acquisitions et de fusions tant dans l'industrie pharmaceutique que dans d'autres secteurs.

Sans compter les raisons spécifiques à la branche pharmaceutique, comme les mesures d'économies étatiques dans le domaine de la santé, qui renforcent la pression sur les prix.

Comme certains brevets de médicaments lucratifs des sociétés telles que Pfizer, Merck, Novartis et Roche arrivent à échéance, les acquisitions apparaissent aussi comme une aubaine pour combler partiellement les vides laissés dans leur propre portefeuille.

La tendance à la spécialisation participe également à cette vague. Alors qu'auparavant les groupes pharmaceutiques se distinguaient par un large éventail de produits, aujourd'hui la voie royale réside en une taille critique en particulier dans les niches, à l'instar des thérapies contre le cancer.

Ainsi, de nombreuses sociétés se fractionnent ou échangent leurs domaines d'activité. Sans oublier les avantages fiscaux qui en découlent.

Avantages rarement communiqués d'ailleurs, comme lors du rachat d'Allergan par l'américain Pfizer. Le siège du premier situé en Irlande devient alors le siège administratif de la nouvelle structure, le régime fiscal y étant plus intéressant.

Plusieurs milliards

En 2015, les entreprises du monde entier ont brassé des dizaines de milliards de dollars dans leurs transactions. Pfizer a déboursé 17 milliards de dollars pour intégrer son compatriote Hospira, le spécialiste des perfusions et de médicaments biosimilaires.

Le canadien Valeant a conquis l'américain Salix pour 10 milliards de dollars, alors que le laboratoire allemand Merck lâchait 13,1 milliards d'euros pour acquérir le groupe américain Sigma-Aldrich.

Le coup d'éclat a eu lieu juste avant la fin de l'année lorsque le fabricant du Viagra Pfizer a repris le spécialiste américain du botox Allergan pour 160 milliards de dollars. Les deux géants tablent sur un chiffre d'affaires annuel de 60 milliards de dollars.

Aucun concurrent ne peut rivaliser avec une telle somme. Le chiffre d'affaires du bâlois Novartis s'est monté à 49,4 milliards de dollars (autant en francs) pour l'année écoulée. Tandis que celles de son voisin Roche atteignaient 48,1 milliards de francs.

Roche entreprenant

Roche n'était toutefois pas en reste en 2015. En janvier, il annonce le rachat pour un peu plus d'un milliard de francs de Foundation Medecine, active en oncologie moléculaire et cotée à New York. Puis, quelques jours plus tard, le géant rhénan acquiert la société biotechnologique française Trophos pour 460 millions.

A mi-août, Roche avale le californien Geneweave BioSciences, actif dans le diagnostic microbiologique pour 235 millions de dollars au maximum. Puis il reprend la société américaine Kapa Biosystems, fournisseur d«outils de génomique dans les sciences de la vie, sans divulguer les détails financiers.

En octobre, Roche engloutit pour un montant allant jusqu'à 580 millions de dollars une firme américaine spécialisée dans l'immunologie, Adheron Therapeutics. Peu avant Noël, la multinationale s'offre le spécialiste californien des gènes Bina Technologies, aucun montant n'est, là non plus, articulé.

Les faibles activités de fusion-acquisition de Novartis montrent à quel point le groupe était accaparé par son propre processus de transformation.

En 2015, le voisin de Roche a tout de même renforcé sa position dans les thérapies immunitaires en reprenant la société américaine de biotechnologie Admune Therapeutics, ainsi qu'en passant des accords de licences avec l'espagnol Palobiofarma et le californien Xoma.

Génériques en mutation

Le marché des génériques était particulièrement au centre de l'attention l'an dernier. Le leader du secteur Teva a repris les activités dans le domaine d'Allergan pour 40,5 milliards de dollars.

Avec cet achat, le groupe israélien a fait son entrée dans le top dix des plus grandes entreprises pharmaceutiques au monde. Il a également misé sur les pays émergents en engloutissant le mexicain Rimsa pour 2,3 milliards.

Le laboratoire britannique Hikma a acquis les activités américaines de médicaments génériques de l'allemand Boehringer pour 2,65 milliards. Et le rachat de l'indien Ranbaxy par son compatriote Sun Pharmaceutical pour 3,2 milliards a donné naissance au numéro cinq mondial du secteur.

Les péripéties de la pharma devraient continuer de rythmer l'année 2016. A l'image du rachat, déjà sous toit, de la biotech américaine Baxalta par le groupe irlando-britannique Shire pour 32 milliards, afin de créer un spécialiste mondial des maladies rares. (ats/nxp)

(Créé: 28.01.2016, 10h37)

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