Les victimes du «Madoff chinois» doivent s'annoncer

FinancePékin a exhorté les victimes de Ding Ning, auteur d'une escroquerie de type «Ponzi» évaluée à 7 milliards d'euros, à faire connaître leur préjudice.

Des investisseurs lésés par le «Madoff chinois» avaient manifesté fin janvier.

Des investisseurs lésés par le «Madoff chinois» avaient manifesté fin janvier.

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Les autorités chinoises assurent que les victimes de l'escroquerie du leader du crédit en ligne pourraient obtenir des dédommagements.

La société Ezubao («trésor facile à emprunter» en chinois) proposait des produits financiers d'épargne au rendement mirifique. Elle a finalement fait faillite après avoir spolié, selon la police, 900'000 investisseurs, soit l'une des plus grosses fraudes financières de l'histoire.

La télévision d'Etat CCTV a exhibé début février les mines déconfites de 21 cadres déchus liés à Ezubao «confessant» qu'ils avaient monté une escroquerie de type «Ponzi». Ce système consiste à piocher dans les finances de nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser des plus anciens.

Samedi, la police a invité toutes les personnes ayant investi dans Ezubao à se faire connaître au travers d'une plateforme en ligne. Les autorités ont précisé qu'elles collecteraient jusqu'au 13 mai ces informations qui seront utilisées non seulement pour l'enquête, mais aussi comme une «référence pour la restitution des sommes investies», selon un communiqué.

Victimes sceptiques

Ce scandale a mis en lumière le manque de réglementation dans le secteur des plateformes commerciales «de particulier à particulier» («peer to peer»). Ezubao avait pu faire sa publicité sans être entravé, de la TV d'Etat jusqu'aux dossiers des sièges du TGV chinois.

Certaines des «victimes» se sont montrées sceptiques quant aux intentions de la police. Une femme qui avait placé 180'000 yuans (environ 27'000 francs) d'épargne dans le produit financier d'Ezubao dit craindre que les informations qu'elle pourrait transmettre à la police ne soient utilisées contre elle. La police a assuré que «les droits des investisseurs» seraient «protégés».

Cette affaire a aussi révélé la confiance aveugle des petits investisseurs chinois dans ces produits financiers alléchants. A l'heure où l'instabilité des Bourses locales inquiète, Ezubao promettait 9 à 14,6% de rendement annuel quand un compte rémunéré classiquement dans une banque rapporte à peine 1,5%.

Les secrétaires d'Ezubao étaient habillées de vêtements griffés Louis Vuitton, Gucci, Chanel ou Hermès. Ding Ning, président de la société-mère d'Ezubao et déjà surnommé «le Madoff chinois», bague en diamant rose, villa à Singapour, aurait puisé dans les épargnes des victimes pour combler de cadeaux sa maîtresse, selon la presse. (ats/nxp)

(Créé: 14.02.2016, 10h27)

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