«Les taux ne répondent plus à aucune logique»

Banque Les présidents des fédérations vaudoise et genevoise de Raiffeisen détaillent leurs ambitions. En tête, celles qui sont liées à l’immobilier.

Beaucoup de clients des banques Raiffeisen veulent profiter des taux actuellement très bas pour acquérir un bien immobilier.

Beaucoup de clients des banques Raiffeisen veulent profiter des taux actuellement très bas pour acquérir un bien immobilier. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Depuis plusieurs années, les deux principales fédérations romandes connaissent une croissance relativement similaire, légèrement plus marquée du côté genevois par un effet de rattrapage lié à la montée en puissance du groupe Raiffeisen dans les grandes villes de Suisse. L’immobilier représente naturellement l’axe principal de croissance du groupe bancaire dans les deux cantons, avec d’ailleurs une nouvelle hausse des activités en 2016.

Concernant les créances hypothécaires, elles ont augmenté du côté genevois de 3,2% en 2016, à 3,9 milliards de francs. Quant aux prêts vaudois, ils ont crû de 4,1%, à 8,9 milliards de francs. A l’occasion de la publication de leurs résultats détaillés, Bertrand Barbezat, président de la Fédération vaudoise des banques Raiffeisen, et Hervé Broch, vice-président de la Fédération genevoise des banques Raiffeisen, répondent à nos questions.

L’immobilier fait face à une baisse globale des prix. Craignez-vous que cette situation ne restreigne les envies de vos clients de devenir propriétaire et ne nuise à vos affaires hypothécaires?

Hervé Broch (H.B.): La baisse frappe surtout le marché du luxe, sinon on parle plutôt d’une stabilisation du marché. Elle ne concerne en tout cas que peu la clientèle Raiffeisen de nos deux cantons. Beaucoup veulent profiter des taux actuellement très bas pour acquérir un bien immobilier et cela pour leur usage propre et non pas à but spéculatif. C’est pour cela que la croissance des crédits est toujours soutenue au sein du groupe.

Votre étude sur des loyers jusqu’à 40% trop élevés a fait l’effet d’une bombe… Etait-ce un moyen de (re)donner envie à vos clients d’acquérir un bien, malgré le risque de le voir perdre de la valeur ces prochaines années?

H.B.: Sortir une moyenne globale d’une telle étude macroéconomique n’est pas forcément représentatif de l’entier du marché et a été mal interprété. En tout cas, notre but n’était pas de jeter l’opprobre sur les bailleurs actuels mais plutôt de pointer le doigt sur la question des taux, qui sont au plus bas.

Les taux actuels vous paraissent donc inadaptés?

Bertrand Barbezat (B.B.): Ils ne répondent plus à aucune logique. Dans la balance entre l’emprunteur et le prêteur, il est nécessaire de trouver un équilibre. Avec les taux actuels, on ne peut pas dire que celui qui fournit les fonds arrive à s’y retrouver. Les banques peuvent heureusement compenser la baisse de leurs marges avec une hausse des volumes. H.B.: L’avantage de cette situation est qu’avec de tels taux, le risque de défaillance des clients est moindre, puisque la banque prend en compte un taux théorique de 5% pour le calcul des charges.

Dans cette optique de hausse des volumes de créances hypothécaires, Raiffeisen Suisse voulait proposer un package famille, finalement abandonné faute de feu vert des autorités de régulation. D’autres alternatives ont été évoquées. Des pistes lémaniques sont-elles en réflexion?

B.B.: Si certaines idées sont effectivement à l’étude, elles proviendront du groupe et n’auront pas d’assise purement régionale.

Depuis plusieurs années, Raiffeisen cherche à se diversifier…

B.B.: L’axe stratégique du groupe, et pas seulement de nos fédérations, est en effet d’offrir l’ensemble des prestations bancaires pour devenir une banque globale. H.B.: Nos ambitions sont actuellement d’être plus actifs dans le segment de la clientèle «entreprises» ainsi que dans celui de la clientèle «de placement» (ndlr: la gestion privée).

Qu’arrivera-t-il aux banques de vos fédérations qui n’arriveraient pas à devenir une banque globale?

B.B.: Notre projet est d’arriver, d’ici à 2020, à proposer sur les deux cantons une offre bancaire homogène. Certaines banques vont donc fusionner avec d’autres en fonction notamment de cet objectif.

Qu’est-ce qui différenciera du coup vos fédérations des banques cantonales?

H.B.: Nos fédérations servent de relais entre les banques Raiffeisen et Raiffeisen Suisse. Elles n’ont aucune volonté de se transformer en banque cantonale. Leur rôle reste marginal. Il se résume à des activités de marketing et de formation, à définir et appliquer les principaux axes stratégiques établis par le groupe et enfin à défendre les intérêts de Raiffeisen à l’échelon cantonal.

Dans une période où les coûts explosent, vos deux fédérations pourraient-t-elles se transformer un jour en une seule fédération lémanique?

H.B.: Nous n’avons aucune velléité de devenir suprarégionaux, mais au contraire nous allons chercher à nous concentrer sur les marchés régionaux de nos cantons respectifs. B.B.: Il est évident que nous devrons être attentifs aux demandes du marché. Vu la mobilité croissante des habitants de nos deux cantons, nous évoluons en agrandissant nos zones d’exploitation. H.B.: La digitalisation de nos métiers, illustrée par l’essor phénoménal de l’e-banking, nécessitera aussi des adaptations à l’avenir.

(TDG)

Créé: 19.03.2017, 21h13

Articles en relation

Les taux plus hauts, et alors?

Une semaine en Bourse Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève championne suisse des vols de voitures
Plus...