Présidentielle française
Les bourses chutent, la France en peau de banane
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 23.04.2012 14 Commentaires
Dossiers
Bourses malmenées
Entre les résultats du premier tour de la présidentielle française, la chute du gouvernement aux Pays-Bas et de mauvais indicateurs économiques, les craintes de voir repartir de plus belle la crise de la dette en zone euro ont fait sérieusement chuter les Bourses européennes lundi.
Dès l’ouverture, la baisse a été générale en Europe. Mais au fil de la matinée elle s’est largement accentuée, les mauvaises nouvelles ne cessant de s’accumuler, tandis que les tensions gagnaient également une partie des marchés obligataires.
Au terme de la séance, la Bourse suisse a cédé 1,97%. Le SMI passant par moments juste sous les 6100 points. Paris et Francfort ont perdu plus de 3%.
Outre-Atlantique, Wall Street a ouvert aussi en recul marqué, pour les mêmes motifs. Le Dow Jones se contractait de 1,25% après une heure d’échanges.
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Faut-il associer la baisse des bourses de lundi au 1er tour de la présidentielle française?
Michel Juvet: Oui. Mais comme toujours, les éléments s’enchevêtrent.
La nouveauté du week-end, pour moi, c’est les Pays-Bas. Un des pays considérés comme les plus solides, doté d’une stabilité politique importante, se retrouve dans une impasse au moment de réduire son déficit budgétaire.
Autre élément: la poursuite des tensions sur l’Espagne. On se rend bien compte qu’on a beau créer des filets de sécurité, avec une augmentation des fonds à disposition pour le FMI, ça ne règle pas le problème de fonds.
Il y a enfin le résultat du 1er tour en France, qui confirme les craintes que le marché peut avoir sur la volonté de l’Etat français de se désendetter.
Car une arrivée au pouvoir de François Hollande briserait l’axe Merkel-Sarkozy?
Je ne sais pas si c’est ce qui va se passer. Mais la crainte des marchés, c’est la remise en cause des pactes conclus récemment dans la zone euro. La remise en cause de cet axe d’austérité entre la France et l’Allemagne, refondateur de la zone euro.
Sur la base d’une appréciation historique, le marché considère aussi que la gauche tend à laisser tourner les comptes dans les premiers mois plutôt que d’adopter une rigueur.
Au lendemain du 2e tour, comment voyez-vous la situation sur les marchés si François Hollande est élu?
Comme toujours, il va falloir regarder les discours, et les actes surtout. Il y aura très vite un sommet européen. On saura donc très vite ce que François Hollande veut faire par rapport à la zone euro.
Mais je pense que les marchés vont poursuivre ce qu’ils ont déjà pratiqué depuis plusieurs semaines. Qui est de faire monter relativement les taux d’intérêt français par rapport aux taux allemands.
A un certain moment, l’écart va devenir insupportable pour la France. Il faudra bien alors que le discours français change. Mais pour moi, Sarkozy ou Hollande, ça ne fait pas beaucoup de différences.
Les marchés ont besoin de savoir comment la France va faire pour réellement diminuer son endettement et rétablir son équilibre budgétaire. Les deux n’ont pas apporté de solution très claire jusqu’ici.
Qu’Hollande ou Sarkozy soient élus, dans les deux cas, la France est à l’ordre du jour des marchés. D’autant plus qu’au mois de mai et juin, l’Espagne et l’Italie, gros emprunteurs pendant le premier trimestre, ne viendront pas sur les marchés se financer. Contrairement à la France.
Toutes les conditions sont donc réunies pour avoir une grosse pression sur la dette française.
Mais Hollande et Sarkozy ont-ils une marge de manœuvre?
Non. François Hollande semble penser qu’il a une grande marge de manœuvre, puisqu’il dit que les marchés ne lui dicteront pas sa politique. Maintenant, le pense-t-il vraiment? Je n’en sais rien. Mais il n’a pas cette marge de manœuvre, c’est sûr. Et Nicolas Sarkozy non plus.
Sarkozy a au moins l’expérience des difficultés dans lesquelles les marchés peuvent mettre un pays. Ce qui ne veut pas dire qu’il pourra être plus actif. S’il devait gagner, ce serait a priori par une petite marge. Il aurait en face de lui une opposition énorme. Et serait donc dans l’incapacité de passer des réformes structurelles.
Pour moi, dans six mois, François Hollande sera probablement dans une meilleure position pour décider et appliquer des réformes de toute façon nécessaires. Mais ses premier mois seront forcément mauvais car il va falloir honorer des promesses. (Newsnet)
Créé: 23.04.2012, 18h15
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14 Commentaires
Envie de vomir, tellement j'ai de rage et d'impuissance ... on nous dit, tous les jours, que nous, les gens, les individus, les êtres humains, nous ne sommes plus que de la chair à porte-feuille, des esclaves au service du Grand Dieu Marché.Et personne ne réagit :( Répondre
"La remise en cause de cet axe d’austérité entre la France et l’Allemagne, refondateur de la zone euro". La zone euro dans sa forme actuelle est sur le déclin, à peine vient-elle de voir le jour. Parler de refondation relève d'une cécité économique! Répondre





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