Les autorités acceptent la grande alliance pour la pub

MédiasL’Office fédéral de la communication donne son aval à la coentreprise liant la SSR, Swisscom et Ringier.

Le directeur de l’OFCOM, Philipp Metzger et Doris Leuthard, conseillère fédérale.

Le directeur de l’OFCOM, Philipp Metzger et Doris Leuthard, conseillère fédérale. Image: Keystone

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L’Office fédéral de la communication (Ofcom) a donné hier son aval pour une coentreprise vouée à la pub, associant les forces de la SSR (société exploitant les radios et télévisions de service public en Suisse), Swisscom et Ringier. A une nuance près:

la publicité ciblée en sera exclue et la SSR sera contrainte d’informer régulièrement l’Ofcom. Pour le moment, rien n’indique que cette coentreprise nuirait au développement des autres médias, ni qu’elle aurait un impact négatif sur l’exécution des programmes de la SSR, estiment les autorités compétentes. L’Ofcom exige cependant de la SSR des informations détaillées sur le développement de la coentreprise et ses effets. La cadence imposée requiert un rapport de la SSR tous les six mois.

Position claire à Berne

Ce document devra contenir, entre autres, le portefeuille commercialisé des trois groupes, l’évolution des recettes publicitaires et des parrainages de la SSR. Celle-ci ne peut pas encore diffuser de la publicité ciblée, contrairement aux télévisions privées, faute de base légale. Cela reviendrait à créer de nouveaux programmes soumis à concession, rappelle l’Ofcom.

Cet office, avec le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), étudiera néanmoins des mesures permettant d’introduire la publicité ciblée. A ce sujet, le dicastère de Doris Leuthard défend une position claire: «Il est important que toutes les chaînes de télévision soumises à concession, y compris celles de la SSR, puissent profiter des avantages de la publicité ciblée pour garantir à moyen terme leurs recettes publicitaires.» La SSR peut en plus, de son propre chef, faire une demande pour modifier sa concession.

Inquiétudes dans la branche

Ce contexte favorise les inquiétudes dans la branche. «Nous estimons que la participation de la SSR à la coentreprise nuirait gravement aux médias privés, et surtout à la presse écrite», redoute Daniel Hammer, secrétaire général de Médias Suisses (l’association des médias privés romands).

Ceux-ci se financent il est vrai en moyenne pour près des deux tiers par la publicité. «L’argument agité par la SSR, consistant à dire qu’elle souhaite s’opposer à Google et Facebook, ne tient pas. La coentreprise suisse n’est pas de taille à affronter ces géants globalisés. De fait, la coentreprise s’attaquerait surtout aux parts du marché publicitaire de la presse écrite. Cela est dangereux pour la diversité des médias», prévient Daniel Hammer.

Impressum, le plus grand syndicat suisse de journalistes, a lui-même formulé ses propres doléances au sujet de la coentreprise à l’intention de l’Ofcom: «La SSR ne peut participer à l’alliance avec Ringier et Swisscom que si les recettes sont complètement réinvesties dans le journalisme. Cela est valable tant pour la SSR que pour Ringier.» (TDG)

(Créé: 29.02.2016, 21h15)
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