Les acquisitions d’Adecco font fondre ses profits

Travail temporaireLe groupe vaudois rachète le britannique Penna Consulting. La comptabilisation de ses achats passés a effacé les bénéfices en 2015.

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A l'instar de son concurrent immédiat Randstad, Adecco a fait part mercredi d’une forte croissance sur son exercice 2015. L’année a cependant été entachée par un effondrement de son bénéfice net dû à des acquisitions payées trop chères dans le passé. Le groupe de Chéserex (VD) a vu son chiffre d’affaires gagner 10% à 22 milliards d’euros – 24 milliards de francs. Une croissance équivalente à celle enregistrée par son concurrent d’Amsterdam, Randstad, dont les recettes ont augmenté de 11% à 19 milliards d’euros. A la traîne, le numéro trois du travail temporaire, l’américain Manpower, a vu ses recettes reculer de 6,9% à 19 milliards de dollars l’an dernier. Qu’en est-il de la profitabilité? Avec une marge avant intérêts, impôts et amortissement de 5,2% (hors exceptionnels), Adecco se trouve être davantage rentable que Randstad (marge EBITA à 4,5%) et Manpower.

Autant chez Randstad que chez Adecco, cette croissance s’explique en grande partie par des acquisitions et des effets de change. Sans cela, l’expansion d’Adecco aurait été de 4% et celle de Randstad de 6%.

Achats à double tranchant

Cet effet «acquisition» devrait encore soutenir les résultats 2016 d’un groupe vaudois géré depuis Glattbrugg, à côté de l’aéroport de Kloten.

En effet, parallèlement à la publication de ses résultats annuels, Adecco a aussi annoncé hier l’achat, pour près de 149 millions de francs, de l’entreprise britannique Penna Consulting, spécialisée dans la transition de carrière, le développement de talents et les solutions de recrutement. La transaction devrait être sous toit au deuxième trimestre.

Il apparaît cependant dans les comptes que les acquisitions réalsées dans le passé par le groupe de travail temporaire ont été trop chèrement payées. Un écart de valeur de 740 millions d’euros ressort en effet des livres du groupe Adecco. Ce correctif a effacé l’an dernier l’essentiel d’un bénéfice net passé de 638 à 8 millions d’euros en l’espace d’un an.

Reprise en France

Les signaux sont positifs. En fin d’année, la France et les Etats-Unis, qui comptent pour près de la moitié des recettes d’Adecco, ont connu un bon développement dans l’industrie. Le domaine de la construction a recommencé à croître en France, et la reprise s’est accélérée dans la logistique, les activités manufacturières et l’industrie automobile.

Les Etats-Unis ont connu une forte baisse de travail temporaire dans les postes de bureaux moins qualifiés. A l’inverse les emplois plus qualifiés ont été solidement recherchés dans les sciences et la médecine, mais pas dans l’ingénierie et les emplois techniques, qui ont reculé.

En Suisse, un petit marché pour Adecco, les revenus du groupe ont reculé de 2% à cause du franc fort.

Les analystes ont salué l’annonce du versement d’un dividende «attractif» de 2 fr. 40 par action, ce qui correspond à un rendement de 4%. Selon Marco Strittmatter, spécialiste au sein de la Banque Cantonale de Zurich, la valeur du titre Adecco apparaît 10% moins cher en Bourse que ceux de ses deux concurrents. «Nous considérons cela comme exagéré et préconisons de surpondérer le titre» dans un panier d’actions. (TDG)

(Créé: 09.03.2016, 21h30)

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