Les USA se penchent sur la reprise de Syngenta

RachatL'examen américain déterminera si vente de la multinationale à ChemChina menace sa sécurité nationale.

Syngenta possède plusieurs succursales aux Etats-Unis.

Syngenta possède plusieurs succursales aux Etats-Unis. Image: Archives/Keystone

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La reprise prévue du groupe agrochimique bâlois Syngenta par le chinois ChemChina sera examinée de près aux Etats-Unis. Le jugement du Comité pour l'investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS) est attendu au plus tard dans trois mois.

Le CFIUS va examiner si la vente de la multinationale rhénane à ChemChina, propriété du gouvernement chinois, pourrait menacer la sécurité nationale. Syngenta, actif notamment dans les semences et la protection des cultures, possède en effet plusieurs succursales aux Etats-Unis.

Plus d'un cinquième de ces recettes est réalisé sur le marché américain. Son siège principal aux Etats-Unis se trouve en Caroline du Nord et ses autres sites sont localisés en Californie, au Delaware, en Iowa et au Minnesota.

Procédure habituelle

Davor Pisk, directeur opérationnel de Syngenta, a déclaré mi-février aux représentants des médias américains que le contrat de rachat sera soumis à l'examen du Comité américain, comme cela est l'usage pour les reprises internationales.

Selon Davor Pisk, Syngenta n'a aucun projet avec le gouvernement américain qui pourrait être classé confidentiel. Il n'y a aussi aucune installation à proximité des établissements fédéraux importants. L'analyse de l'entreprise, conduite lors des négociations de rachat, est qu'elle n'a identifié aucune réserve sur la sécurité nationale.

Le président suit l'avis du comité

Le CFIUS est composé de six ministres américains et de dix personnes d'autres autorités. Le comité est dirigé par le ministre des finances. Il rapporte directement au président américain.

Le comité discute avec les entreprises participant à la transaction. Cela peut conduire à ce que l'entreprise doive vendre sa filiale américaine avant que la fusion n'ait lieu.

Si aucun accord n'est trouvé entre les demandes américaines et les intérêts des entreprises, le CFIUS peut demander au président de ne pas autoriser la transaction. En général, le chef de l'Etat suit l'avis du comité.

Ainsi, le comité a bloqué le mois dernier la vente de la division californienne de Lumiled du groupe néerlandais Philips à un consortium chinois. Les ampoules LED, fabriquées par Lumiled, ont été taxées par le CFIUS de structurellement importantes pour l'infrastructure américaine.

En 2012, la petite firme chinoise Ralls Corp a été empêchée de racheter un parc éolien dans l'Oregon, parce qu'il se trouvait à proximité d'une zone d'essais militaires pour les vols de drones.

Méfiance des Américains

La méfiance des Américains augmente face aux acquisitions de plus en plus nombreuses par les Chinois d'entreprises occidentales. De plus, cela est un thème électoral porteur.

Selon l'agence Reuters, rien que depuis les premières semaines de l'année, les offres chinoises pour des entreprises américaines ont atteint une valeur de 68 milliards de dollars (67,2 milliards de francs).

Egalement par rapport au rachat de Syngenta, il y a une vague d'oppositions. Michael Conaway, représentant républicain du Texas et président du comité de l'agriculture, a déclaré que cette reprise serait examinée à la loupe.

Selon lui, Syngenta possède sur sol américain des installations chimiques qui fait que l'entreprise a été enregistrée comme cible potentielle pour infiltration terroriste. En outre, le CFIUS pourrait décider de déclarer les produits de Syngenta comme «part importante et décisive de l'infrastructure» du pays et que la reprise par le groupe chinois n'est pas de l'intérêt américain.

30 jours pour étudier les informations

La grande partie des projets d'investissements, que le comité examine, est avalisée. Pour certains, des adaptations sont nécessaires. Entre 2009 et 2013, le CFIUS a étudié 480 transactions, dont 193 ont nécessité des aménagements et dont à peine une poignée a été refusée.

Quand l'entreprise soumet le projet de fusion de son propre chef au CFIUS, comme dans le cas de Syngenta et de ChemChina, le comité a 30 jours pour étudier les informations et exiger du matériel supplémentaire.

Au plus tard après 45 jours supplémentaires, il soumet sa proposition au président américain, pour qu'il l'approuve ou la refuse. Le président a un délai de 15 jours pour rendre sa décision. (ats/nxp)

(Créé: 22.02.2016, 13h49)

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