Le fondateur d'Ikea achète ses habits aux puces

SuèdeMulti-miliardaire, Ingvar Kamprad n'en reste pas moins pingre. Il estime que c'est une caractéristique des gens de sa région, plutôt pauvre.

Ingvar Kamprad, lors de l'ouverture d'un magasin Ikea à l'extrême nord de la Suède, en novembre 2006.

Ingvar Kamprad, lors de l'ouverture d'un magasin Ikea à l'extrême nord de la Suède, en novembre 2006. Image: EPA/Keystone

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Le fondateur d'Ikea, l'une des plus grosses fortunes mondiales, a confié dans un documentaire diffusé mercredi soir en Suède qu'il s'habillait sur les marchés aux puces pour faire des économies.

Ingvar Kamprad, qui fêtera ses 90 ans le 30 mars, a toujours assumé son souci maniaque de dépenser le minimum, souci qui explique en bonne partie comment le commerce qu'il a monté dans la campagne suédoise en 1943 est devenu No 1 mondial de l'ameublement.

«C'est dans la nature du Smaland (ndlr: la région agricole du sud de la Suède où il est né), je crois, d'être économe», a-t-il affirmé à la chaîne suédoise TV4. «Si vous me regardez, je pense ne rien porter qui n'ait pas été acheté à un marché aux puces. Cela implique que je veux montrer un bon exemple, et pas seulement parler de contrôler les coûts», a-t-il illustré.

Une estimation de sa fortune à 610 milliards de couronnes (env. 71,5 milliards de francs) est apparue dans la presse suédoise ces derniers jours. Mais il est difficile de séparer ce qui lui appartient en propre, ce qui revient à ses enfants et ce qui est cantonné dans une fondation familiale. Le magazine «Forbes» ne le met plus dans son célèbre classement, où il figurait en 4e position en 2006.

Si la pingrerie d'Ingvar Kamprad a été à l'origine d'idées lucratives, comme la généralisation des meubles en kit emballés à plat pour gagner du volume, elle a revêtu des aspects plus sombres. L'entrepreneur a consacré beaucoup d'énergie à fuir les impôts, d'abord en quittant la Suède fiscalement tout en y laissant le coeur de l'entreprise Ikea, puis en montant une structure complexe et opaque qui permet de limiter l'imposition des bénéfices, envoyés aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Suisse et au Liechtenstein.

En 2014, il a vendu sa villa d'Epalinges, sur les hauteurs de Lausanne, pour revenir dans son Smaland natal. Le journaliste de TV4 qui l'a interrogé vient de la même région, traditionnellement pauvre et pieuse, qui est le principal thème du documentaire.

(afp/nxp)

(Créé: 09.03.2016, 22h40)

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