Le Sénégal adopte le système suisse d'enseignement

Formation dualeL'apprentissage à la mode helvétique se développe de plus en plus à l'étranger. Le Sénégal a adopté cette semaine le système suisse d'enseignement technique et de formation professionnelle duale.

Des étudiants sénégalais.

Des étudiants sénégalais. Image: DR/Photo d'illustration

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Des experts suisses ont participé à un symposium national qui a regroupé l'Etat sénégalais et le patronat.

Le conseiller fédéral Didier Burkhalter et son homologue sénégalais Mankeur Ndiaye avaient signé en novembre 2014 un mémorandum d'entente pour le développement de la formation professionnelle duale. Le canton de Vaud a été mandaté par la Confédération pour mener le travail d'expertise. L'ONG genevoise Apprentissage Sans Frontière (ASF) intervient également en tant que conseillère.

Ce projet propose l'ouverture de la formation professionnelle et technique duale par la voie de l'apprentissage «rénové», afin de diminuer le chômage des jeunes. Il est prévu à terme l'implantation de 14 lycées à travers tout le Sénégal, dont le lycée professionnel de Sandiara, à l'est de la capitale Dakar.

Pas de solution clé en main

Pour la conseillère d'Etat vaudoise Anne-Catherine Lyon, l'expertise helvétique n'a pas pour ambition d'imposer au Sénégal un modèle clé en main, transposable ou applicable tel quel. Elle cherche plutôt à sensibiliser les Sénégalais aux valeurs et aux forces constitutives de ce modèle, afin de l'appliquer dans leur propre contexte.

«Le secret de la réussite de ce modèle (suisse) est dans le consensus politique et le dialogue constant entre les secteurs public et privé», a-t-elle rappelé lundi à l'ouverture du symposium.

Le premier ministre sénégalais Mahammed Boune Abdallah Dionne a de son côté fait valoir que le modèle suisse est désormais «une modalité inscrite comme principe incontournable et irréversible» de pilotage et de gestion de la formation professionnelle et technique dans le pays. Le gouvernement a pris des mesures favorables dans sa mise en place, afin développer des compétences techniques et professionnelles, a-t-il ajouté.

Expériences africaines

Des projets similaires sont en cours dans d'autres pays africains. Au Burkina Faso, la Direction du développement et de la coopération (DDC) mène une expérience d'enseignement dual dans quatre régions du pays. Ce programme, d'un coût de 1,5 milliard de francs CFA (2,6 millions de francs suisses), doit prendre fin cette année.

Au Gabon, un accord de partenariat dans le domaine du bois a été conclu en 2011 entre les autorités de Libreville, le canton de Berne et la Haute école spécialisée bernoise (BFH). Il a été prolongé à la fin de l'année dernière. Cette formation dispensée par le Centre pour le développement et la coopération (CDC) de la BFH permet de créer des places de travail, de former un personnel qualifié. Elle vise aussi à créer une école technique supérieure dans le pays.

Au Ghana, le CDC mène depuis 2008 une autre expérience à la Saint-Paul Technical School de Kukurantumi (est). Cette formation n'est pas encore de type dual. Elle a lieu uniquement en école, mais le projet a pour but d'initier une collaboration avec les entreprises locales, afin de répartir la formation entre l'école et les entreprises sur le long terme, a déclaré à l'ats Emilie Demaurex, collaboratrice scientifique au CDC.

De «longues années»

Interrogée par l'ats, la porte-parole du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation (SEFRI), Tiziana Fantini, a déclaré que la coopération suisse en matière de formation professionnelle «gagne en importance, à la fois au niveau intergouvernemental et dans le cadre d'organisations internationales».

Cependant, a-t-elle prévenu, «mettre en place un système de formation professionnelle duale et en espérer des retombées concrètes sur le marché de l'emploi se mesure en longues années».

«Les principales difficultés sont liées à l'implication des entreprises privées et surtout aux résistances culturelles: sans tradition fermement ancrée, ni exemples convaincants de carrières réussies, la formation professionnelle manque de prestige social», a-t-elle ajouté. (ats/nxp)

(Créé: 10.03.2016, 10h38)

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