La couronne danoise souffre de la décision de la BNS

Crise du franc fortComme la Suisse, le Danemark a aligné sa devise sur l'euro. Copenhague tente de défendre sa monnaie depuis la décision de la BNS qui fait de la couronne la dernière devise à être arrimée à l'euro.

La Première ministre Helle Thorning-Schmidt a dû intervenir pour soutenir la politique monétaire du Danemark.

La Première ministre Helle Thorning-Schmidt a dû intervenir pour soutenir la politique monétaire du Danemark. Image: Keystone

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La Suisse et le Danemark présentent de nombreux points en commun: des petits pays, prospères. Dont la monnaie est alignée sur l'euro. Mais c'est du passé désormais pour le franc suisse et dans le petit royaume scandinave, on s'inquiète de voir le scénario suisse se répéter.

Mardi soir, la Première ministre a dû réaffirmer son soutien à la politique monétaire du Danemark dont la devise est désormais la seule en Europe à être arrimée à l'euro depuis la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abolir le taux plancher.

Déjà trois baisses de taux en 10 jours

«Je fais pleinement confiance à la Banque nationale [la banque centrale, ndlr] pour maintenir le taux de change fixe (...) Je n'en doute en fait pas une seule seconde», a déclaré Helle Thorning-Schmidt au Parlement, citée par la télévision publique DR.

Le Danemark a instauré en 1982 une politique de stabilité du taux de change avec les grandes monnaies européennes et, depuis la création de l'euro en 1999, il n'autorise qu'une fluctuation de 2,25% maximum autour d'un cours de référence fixé à environ 7,46 couronnes pour un euro.

Or, la couronne danoise fait l'objet d'attaques redoublées de la part des marchés depuis la décision de la BNS le 16 janvier. A tel point que la banque centrale du Danemark a abaissé à trois reprises ses taux entre le 19 et le 29 janvier, poussant le taux de rémunération des dépôts des banques à -0,50%. Elle a également décidé de ne plus emprunter sur les marchés.

La couronne danoise flambe depuis la BNS

Et comme si cela ne suffisait pas, la banque centrale est aussi intervenue massivement sur les marchés pour racheter des devises étrangères. Rien qu'en janvier, elle a déboursé 106,3 milliards de couronnes, soit 15,1 milliards de francs, ce qui représente près de 6% du produit intérieur brut.

Cette intervention «bat tous les records» pour le Danemark, a souligné un économiste de Sydbank, Peter Bojsen Jakobsen. Ce dernier pense que «la politique du taux de change fixe selon toute vraisemblance va survivre aux perturbations actuelles, tout comme elle a survécu autrefois aux crises financières, à des bulles dans les technologies et l'immobilier et à des crises monétaires.»

Les yeux rivés sur la Suisse

Le royaume s'inquiète surtout de voir un scénario à la Suisse. «Des activités comme celles que nous avons vues en Suisse ne seraient pas très bénéfiques pour Novo Nordisk», a déjà averti le directeur général du groupe Lars Rebien Sørensen.

Avant d'avertir que le cas échéant, le spécialiste danois du traitement du diabète serait contraint «de revoir la productivité et les coûts». Novo Nordisk emploie 37'000 collaborateurs dans 76 pays et ceux-ci pourraient donc faire les frais d'une couronne trop forte.

Toutefois, le royaume scandinave affiche une différence de taille par rapport à la Suisse. Ses réserves en devises étrangères s'élève à 30% contre environ 80% à la BNS. Mais il craint de céder face aux assauts répétés des spéculateurs qui veulent pousser le directeur de la banque centrale du Danemark, Lars Rohde, à prendre la même décision que Thomas Jordan. (nxp)

(Créé: 04.02.2015, 15h21)

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