Conjoncture
La Suisse a encore besoin d'un euro à 1.20 franc
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 09.08.2012 1 Commentaire
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A l'heure où les médias étrangers voient dans la Suisse une «deuxième Chine» qui joue du taux de change pour maintenir sa compétitivité, le directeur du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'EPFZ note que la situation n'est pas telle que la Suisse pourrait renoncer à cette politique. Le cours plancher décrété par la Banque Nationale Suisse (BNS) en septembre 2011 joue «assurément un rôle déterminant», dans les bons résultats actuels de l'économie helvétique, admet-il.
Le cours plancher du franc face à l'euro a empêché le franc de s'apprécier d'avantage et a aussi «donné à l'économie une sécurité dans sa planification», explique Jean-Egbert Sturm, dans une interview accordée au Tages-Anzeiger. S'ajoute à cela le fait que l'économie suisse s'est engagée plus vite et fortement que les autres dans les débouchés extra-européens.
Mesures fiscales moins efficaces
En comparaison du taux plancher fixé par la BNS, des mesures de soutien politique, de nature fiscale par exemple, auraient un impact nettement moindre, selon le directeur du KOF. «C'est dans la nature des choses: il n'est dans les faits pratiquement pas possible de soutenir l'industrie d'exportation par la politique fiscale sans tomber durablement dans le piège des subventions», explique-t-il.
Pour assurer son succès sur le long terme, l'économie suisse doit justement veiller à la souplesse de ses structures et éviter les mesures protectionnistes. Même si ces dernières peuvent paraître à court terme utiles à certaines industries, elles entraînent à terme un encroûtement dommageable, note l'économiste.
Jusqu'ici, la Suisse a montré sa capacité à s'adapter aux conditions changeantes, selon le patron du KOF. «Mais cela ne peut se faire du jour au lendemain, d'où l'importance de la stabilité actuelle sur le front des changes».
Eviter la spirale déflationniste
De ce fait, «nous devons nous accommoder du fait que la BNS devra encore acheter des milliards de devises étrangères», souligne Jean-Egbert Sturm. Cette stratégie ne pourra être remise en question qu'une fois que la situation se sera nettement stabilisée en Europe. «Malheureusement, nous en sommes encore loin». (Newsnet)
Créé: 09.08.2012, 17h10
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La rédaction
1 Commentaire
Pourrait-on expliquer au bon peuple suisse que l'industrie gagne, mais le peuple perd. Je constate que les produits provenant de la zone euro sont de plus en plus chers avec un euro qui s'effrite chaque jour. Il y a bien quelqu'un à qui cela profite, mais pas aux petites gens. Un article sensé serait d'expliquer clairement où est l'avantage de soutenir l'euro ? Répondre





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