Crise de la dette
La BCE prête à racheter de la dette
Mis à jour le 02.08.2012 4 Commentaires
L'Espagne et l'Italie s'engagent
Les chefs de gouvernement espagnol et italien, Mariano Rajoy et Mario Monti, se sont engagés jeudi à Madrid à travailler ensemble et à «renforcer» leur collaboration afin de résoudre la crise de la dette qui menace la zone euro. Ils ont également exclu tout «sauvetage» de leur économie.
Nous entendons «renforcer notre collaboration étroite afin de résoudre la crise qui nous touche», a affirmé Mariano Rajoy, lors d'une conférence de presse commune avec Mario Monti. «Les deux pays veulent travailler ensemble» à l'application des accords européens pour stabiliser la zone euro, a-t-il déclaré.
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La Banque centrale européenne (BCE) est prête à se porter au secours de la zone euro, y compris en intervenant sur le marché obligataire, à la condition toutefois que les gouvernements fassent leur devoir, a déclaré jeudi son président Mario Draghi. Il a suscité immédiatement une déception à la hauteur des attentes.
La BCE «peut entreprendre des opérations sur le marché obligataire d'une taille adéquate pour atteindre son objectif», et ce face aux taux d'emprunt «inacceptables» que doivent consentir certains pays de la zone euro, a déclaré Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Francfort, à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE.
Il a aussi annoncé que son institution était prête à prendre de nouvelles mesures exceptionnelles, afin de restaurer la bonne transmission de sa politique monétaire, mais sans préciser lesquelles. Les modalités de ces mesures seront présentées «au cours des prochaines semaines», a-t-il ajouté.
Pour Mario Draghi, pour que la BCE agisse, il faut toutefois que les dirigeants européens s'engagent à poursuivre leurs efforts d'assainissement budgétaire et de réformes structurelles. Des mesures qui peuvent prendre du temps, c'est pourquoi ils doivent se montrer prêts à faire intervenir les fonds de secours européens FESF et MES sur le marché obligataire, à des conditions strictes, a-t-il estimé.
Inutile de spéculer
Or pour l'instant, l'Espagne, dont les taux d'emprunt avaient atteint ces dernières semaines des taux insoutenables financièrement, se refuse à faire appel au FESF, dans la crainte de se voir imposer un programme d'austérité et un contrôle strict de ses finances par ses bailleurs de fonds, à l'instar de la Grèce, l'Irlande et du Portugal.
Son premier ministre Mariano Rajoy, qui vient d'adopter un programme d'économies de 65 milliards d'euros (78 milliards de francs) d'ici 2014, estime avoir consenti suffisamment d'efforts, d'autant que le chômage grimpe (à plus de 24% de la population active) et que le pays est en récession.
Il recevait jeudi après-midi la visite du chef du gouvernement italien Mario Monti, en tournée en Europe pour tenter de faire accepter à ses partenaires européens une intervention du FESF sur le marché obligataire, une possibilité qui est prévue mais non encore activée.
S'il a l'aval du président français François Hollande, qui aimerait aussi comme lui que le FESF et le MES, son futur successeur, soient dotés d'une licence bancaire leur permettant d'accéder aux liquidités de la BCE, le premier ministre finlandais Jyrki Katainen lui a opposé une fin de non recevoir mercredi.
Face au manque de coordination des responsables européens, Mario Draghi leur a envoyé le message coutumier de le BCE: «La politique monétaire ne peut pas tout, et surtout pas compenser le manque d'action des politiques».
Il a cependant réaffirmé l'engagement unanime des 23 membres du conseil des gouverneurs à «tout faire» pour protéger la zone euro, les mêmes termes que ceux employés la semaine dernière à Londres et qui avaient laissé miroiter une action d'envergure de la BCE dès cette semaine.
Il a martelé le caractère «irréversible» de l'euro, et a qualifié d'»inutile» la spéculation contre lui.
Chute des bourses
L'un des membres du conseil des gouverneurs s'est toutefois prononcé contre la possibilité de réactiver le programme de rachat d'obligations publiques sur le marché secondaire, adopté en mai 2010 mais à l'arrêt depuis plus de quatre mois, a déclaré son vice- président Vitor Constancio, sans dire lequel.
Mario Draghi a rappelé lui que la banque centrale allemande (Buba) et son président Jens Weidmann avaient montré à maintes reprises leur opposition à ce programme. Une opposition qui s'était traduite par deux démissions l'an dernier: celle de l'ex-président de la Buba, et celle du chef économiste de la BCE, de nationalité allemande.
Quant à la possibilité d'octroyer une licence bancaire au FESF ou au MES, Mario Draghi l'a exclue. «Leur structure actuelle ne le permet pas», a-t-il dit.
Malgré ses engagements à agir et un ton très ferme tout au long de la conférence de presse, Mario Draghi n'a pas convaincu les marchés dont il voulait restaurer la confiance: la plupart des places boursières européennes ont chuté tandis que les taux d'emprunt de l'Espagne et l'Italie ont grimpé de nouveau. (ats, sipa/Newsnet)
Créé: 02.08.2012, 15h59
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La rédaction
4 Commentaires
L'endettement problématique et exponentiel des Etats vient des réformes libérales des années 70, à commencer par l'interdiction faite aux banques centrales de prêter directement aux Etats qui doivent donc se financer auprès d'acteurs financiers dont le seul but est de faire le maximum de profit. Ajouter à cela la baisse des impôts des riches et vous obtenez la fin de la souveraineté démocratique. Répondre
Toujours la même rengaine du désarroi de la BCE... Répondre
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