L’industrie a encore souffert en 2015

ConjonctureLe secteur des machines, des équipements électriques et des métaux a vu ses exportations chuter en 2015. Pas seulement à cause du franc fort.

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photo d'illustration Image: Lucien Fortunati

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L’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux, dite MEM, vit des temps difficiles. Ses exportations – ce secteur vit de ses ventes à l’international – stagnent depuis le début du millénaire (à quelques exceptions près, notamment en 2007, année de forte croissance, et en 2009, pendant la crise), là où celles du pays, tous secteurs confondus, ont explosé.

Du coup, la part des biens émanant des MEM échangés à l’international décline: de presque la moitié en l’an 2000, elle est passée l’an dernier, pour la première fois, sous les 30%. Un seuil symbolique. En 2015, ces exportations ont diminué de 4,6%, à 63,1 milliards de francs, selon Swissmem, l’association faîtière du secteur, qui a présenté ce lundi à Zurich les résultats annuels de la branche. La force du franc n’explique qu’en partie ce résultat morose.

«La chute pourrait être plus spectaculaire cette année car en janvier 2015, quand le franc s’est envolé, les carnets de commandes étaient remplis, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui», selon Philippe Cordonier, porte-parole de Swissmem. Autrement dit, le scénario de 2012 risque bien de se répéter: c’est en effet cette année-là, longtemps après l’instauration du taux plancher par la BNS en septembre 2011, que les répercussions de l’envolée du franc en 2010-2011 se sont fait ressentir aux douanes. L’impact du franc sur les marges est par contre immédiat: les chiffres d’affaires des entreprises de la branche ont chuté de 7% par rapport à 2014.

Les exportations de l’industrie MEM ne décollent pas «parce que la Suisse est chère», estime également Philippe Cordonier. Les entreprises MEM occupaient l’an dernier 320 000 personnes sur sol helvétique, un chiffre en baisse, alors qu’elles en employaient 560 000 à l’international, un record. L’employeur vaudois Bobst? La plupart de ses effectifs travaillent à l’étranger.

L’industrie MEM demeure centrale, le secteur constituant la deuxième force exportatrice de la Suisse, derrière la pharma-chimie. Elle contribue trois fois plus aux exportations que l’horlogerie, dont on parle tant, et elle est exposée à d’autres risques. Machines, métaux et équipements électriques s’écoulent d’abord dans une zone euro refroidie par la vigueur du franc et qui peine à se remettre de la crise. Les principaux marchés horlogers sont, eux, en Asie, un continent en croissance malgré le ralentissement de la Chine, et les montres, souvent luxueuses, évoluent dans des segments haut de gamme, dont on dit qu’ils sont plus à l’abri des aléas conjoncturels (TDG)

(Créé: 29.02.2016, 21h35)

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