Relance économique
L'Europe va au-devant d'un Armageddon politique
Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 01.05.2012 11 Commentaires
(Image: DR)
Dale Jorgenson
Né en 1933, Dale Jorgenson est professeur d'économie à Harvard où il est titulaire de la chaire de la Samuel W. Morris University. Il a publié durant sa carrière pas moins de 31 livres et plus de 240 articles scientifiques dans des revues spécialisées.
Il a reçu en 1971 la prestigieuse médaille John Bates Clark que l’American Economic Association attribue à un économiste de moins de quarante ans pour l’excellence de sa recherche.
Ses contributions les plus remarquées ont trait au comportement des entreprises en matière d'investissement. Sa proposition, en 1997, d'introduire une taxe sur le carbone pour combattre les gaz à effet de serre a sensiblement accru sa notoriété publique.
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«L'Europe va devoir mener l'un des affrontements politiques les plus difficiles de son histoire économique», prédit Dale Jorgenson. Car sans concurrence, le Vieux Continent sera incapable de créer de la croissance. Et cette concurrence nouvelle ne peut venir que de la libéralisation complète des échanges de services sur le marché intérieur européen.
L'idée n'est pas nouvelle. Le 1er ministre italien Mario Monti l'a présentée en 2010, alors qu'il était encore professeur d'économie (ndlr: le «Rapport Monti sur une nouvelle stratégie pour le Marché unique»). Mais la Commission européenne ne l'a pas entendu, regrette l'économiste américain dans une interview accordée à Newsnet/tages-anzeiger.ch.
Difficile mais nécessaire
Le professeur américain reconnaît à cet égard que si la mesure paraît nécessaire, sa mise en œuvre sera douloureuse. Elle ne pourra se faire qu'en combattant «des barrières locales profondément enracinées», explique-t-il. Avant d'ajouter qu'avec l'ouverture des marchés des services, l'Europe s'apprête à vivre «un Armageddon politique».
Le Commissaire européen Frits Bolkestein a certes proposé, en 2004, d'autoriser toute entreprise de services établie dans un pays de l'Union européenne (UE) à vendre ses services dans l'ensemble de l'espace économique européen. Mais ce principe a été dilué et soumis à de nombreuses dispositions nationales avant d'être intégré en 2006 dans les directives européennes.
«Depuis 2006, les membres de l'UE se contentent du plus petit dénominateur commun, mais cela ne suffit pas», ajoute Dale Jorgenson. Cela explique, selon lui, pourquoi l'Europe accuse aujourd'hui, dans le domaine des technologies de l'information, un retard de cinq ans par rapport aux Etats-Unis et les pays d'Asie du Sud-Est.
L'Europe comme l'Allemagne
Pour aider des pays en difficulté comme l'Espagne, par exemple, l'Europe doit conduire à l'échelon du continent ce que l'Allemagne a fait dans le cadre de la réunification entre l'Est et l'Ouest, estime l'expert de Harvard.
Le processus a été difficile, avec notamment la réforme Hartz du marché du travail (ndlr: menée entre 2003 et 2005 sous le gouvernement de Gerhard Schröder), admet Dale Jorgenson. «Mais on en voit aujourd'hui le résultat», ajoute-t-il. «L'Allemagne est le pays économiquement le plus fort de l'UE ». (Newsnet)
Créé: 01.05.2012, 13h27
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11 Commentaires
Ce monsieur nous transmet des idées aussi neuves que le sont ses artères. Une chose est sure, si la libéralisation permet une réduction des coûts, du moins en apparence, elle augmente dans tous les cas les attitudes mafieuses à l'égard des consommateurs que nous sommes, qui nous donnent l'illusion de gagner plus que ce que nous perdons. Mais quand je vois l'Etat de Genève gérer notre argent... Répondre
C'est sans doute l'idée la plus ridicule des ces derniers mois, tiens !!Il veut faire de nous des grecs ???? Répondre





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