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Marketing

Jésus, Staline et Mohamed privés de Coca

Par Matthieu Hoffstetter. Mis à jour le 27.07.2013

La stratégie marketing de Coca-Cola sur la personnalisation des canettes a ses limites: la marque américaine a interdit en Allemagne un certains mots et noms, afin qu'ils ne figurent pas sur ses produits.

1/8 La nouvelle stratégie marketing Coca-Cola vise à personnaliser les étiquettes, en proposant de faire inscrire le nom de la personne avec qui on trinque sur la bouteille ou la canette.
Image: DR

   

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Selon le site Beliebte-vornamen, qui répertorie les prénoms attribués chaque année aux nouveaux-nés en Allemagne, 2000 Mohamed voient le jour chaque année. Les Jésus sont plus rares, mais le cas existe aussi, notamment dans la communauté portugaise.

Or, les Mohamed comme les Jésus ne pourront pas trinquer avec une canette de Coca-Cola à leur nom. La marque permet à ses clients de taper eux-mêmes le texte via les réseaux sociaux.

C'est que certains s'amusent à faire des blagues de mauvais goût: offrir une canette estampillée «idiot» ou «stupide» pourrait se révéler néfaste pour l'image de Coca-Cola. Tout le contraire des slogans promus par la marque: «le vrai signe de l'amitié» ou encore «là où il y a du Coca-Cola, il y a de l'hospitalité».

Insultes et noms de dictateurs sont interdits

Afin d'éviter de voir sa stratégie parasitée par quelques plaisantins, la marque américaine a mis en place des filtres: certains mots sont devenus tabous et il est impossible de les faire apparaître sur sa canette.

Les insultes, qu'elles soient allemandes, anglaises, et même françaises ou espagnoles sont ainsi prohibées. Les termes homophobes ou à connotation sexuelle sont également interdits. De même que les noms de dictateurs: il n'est donc pas possible de partager un Coca-Cola avec Hitler, Mussolini, Pinochet ou Staline.

Concurrents, maladies et religion

Plus insidieux mais tout aussi efficace en termes d'image de marque, Coca-Cola proscrit également les noms de ses concurrents: aucune canette avec Pepsi, Redbull, Havanaclub et les sodas concurrents. Et le géant de l'agroalimentaire veut échapper aux associations malheureuses que certains pourraient tenter avec des pathologies liées à une mauvaise alimentation: les mots anorexie, cancer du sein, cellulite, diabète, calorie, mais aussi diphtérie et ostéoporose sont blacklistés.

Enfin, la sagesse a également prévalu dans le sensible domaine religieux: les amateurs de soda ne pourront donc pas trinquer avec Jésus, Mohamed ou Buddha, pas plus qu'avec le pape, un musulman ou un juif.

Stratégie marketing à double tranchant

Si la mise à l'index du souverain pontife ou des noms de fidèles d'une religion peut se comprendre, celle de Buddha, voire de Jésus aura relativement peu d'impact en Allemagne (il n'en serait pas de même au Portugal ou le prénom du Christ est très courant).

Mais il n'en va pas de même pour Mohamed. Avec 2000 occurrences chaque année, cela fera plusieurs milliers de jeunes Allemands qui ne pourront pas voir leur prénom sur l'aluminium rouge.

L'affaire, révélée par le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, fait le buzz en Allemagne sur les réseaux sociaux. Et si, à vouloir éviter les problèmes à l'extrême, Coca-Cola avait été pris à son propre piège? Le jeu du marketing participatif peut se révéler très dangereux.

Pour mémoire, l'initiative avait été lancée par cette pub vidéo.

(Newsnet)

Créé: 27.07.2013, 07h44

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