Dénonciation
HSBC a trahi plus de mille employés
Par Laureline Duvillard. Mis à jour le 27.05.2012 29 Commentaires
«Je ne me doutais pas qu'en accomplissant loyalement mes devoirs d'employé je finirais par devenir un criminel potentiel traqué par la justice américaine», témoigne Eric Delissy, ancien avocat en chef de HSBC (HSBA 8.655 -3.35%) (jusqu'en 2003) dans Le Matin Dimanche. Comme plus de mille autres, son nom figure sur la liste transmise par HSBC aux autorités américaines.
Suspectée d'avoir donné un coup de pouce à des clients américains désirant se soustraire au fisc de leur pays, la banque n'a pas hésité à livrer des milliers de collaborateurs. Selon Eric Delissy, pour «noyer le poisson» et réduire une éventuelle amende.
Une pratique, autorisée par le Conseil fédéral le 4 avril, et déjà mise à profit par plusieurs banques. Le journal dominical évoque, sur les onze établissements en froid avec les autorités américaines, 10'000 noms transmis. Pourtant, pour l'instant, seuls HSBC et le Crédit Suisse ont admis avoir livré les noms de leurs employés, avec copies de documents et de correspondance.
Peur et incompréhension
Parmi les employés visés, l'angoisse règne. Ces listes pourraient passer de main en main entre les établissements bancaires, mais surtout être livrées aux autorités d'autres pays, avec la menace de conséquences fâcheuses. Difficulté à retrouver un employeur, ou pire, soupçons, y compris à l'étranger, d'implication dans des affaires de fraude fiscale. «Je me sens en prison dans mon propre pays», illustre Eric Delissy. L'ancien avocat n'ose plus sortir du pays, de peur de subir arrestations et longs interrogatoires.
Mais la crainte n'est pas l'unique sentiment éprouvé par les personnes touchées. A celle-ci vient se mêler l'incompréhension. Pourquoi moi? Sur quels critères les noms ont-ils été sélectionnés?
Sélection hasardeuse
Selon l'hebdomadaire,«tous les employés ayant été en contact de près ou de loin avec la clientèle américaine depuis 2000 y figureraient.» Mais la sélection reste douteuse d'après Eric Delissy, qui s'interroge sur son propre cas.
En 2001, l'ancien avocat a bien supervisé la mise en œuvre d'un accord fiscal avec les Etats-Unis, mais il affirme mordicus avoir toujours «fidèlement suivi les instructions de la direction générale, du conseil d'administration et de ses actionnaires londoniens.»
La banque, via un cabinet d'avocats, semble avoir listé à tout va, salariés, membres de l'ancien conseil d'administration et de la direction générale, le panel des employés touchés est large.
D'ailleurs, Eric Delissy a fait appel au Préposé fédéral à la protection des données, afin d'obtenir plus de clarté de la part d'HSBC. Car même si la banque, qui a déjà mis en place une ligne de renseignement téléphonique, s'engage à «fournir le soutien approprié aux employés dont le nom a été transmis aux autorités américaines», les retombées de ces listes suscitent de vives inquiétudes. (Newsnet)
Créé: 27.05.2012, 10h39
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29 Commentaires
Si je comprends bien, la clause de confidentialité signée par les employés ne fonctionne que dans un sens. C'est une honte. Les employés ont obéi aux ordres de leurs supérieurs. Etant donné qu'ils n'avaient pas la liberté de pouvoir cesser leur activité (ou qu'ils ne se rendaient pas compte qu'ils effectuaient des actes aussi graves), ils ont été gravement piégés par leur employeur puis par le CF. Répondre
Voilà de quoi (peut-être et enfin) faire raisonner les employés de banque toujours prompts à soutenir leurs employeurs et dirigeants.Ces derniers qui n'ont jamais anticipé le moindre changement de scénario du système bancaire helvétique (à quoi servent-ils alors ?), bien aidés par des employés trop souvent complaisant refusant aujourd'hui encore l'idée de la fin du secret bancaire. Répondre
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