Falciani s'en prend ouvertement à la Suisse

BanquePour l'ancien informaticien français de la banque HSBC Suisse à Genève, condamné par contumace à 5 ans de prison par la justice suisse, il s'agit là d'«une condamnation politique».

Hervé Falciani, ancien informaticien français de la banque HSBC Suisse à Genève.

Hervé Falciani, ancien informaticien français de la banque HSBC Suisse à Genève. Image: ARCHIVES/AFP

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L'ancien informaticien français de la banque HSBC Suisse à Genève, Hervé Falciani, dénonce l'opacité du système bancaire mondialisé dans une interview au quotidien régional français Sud Ouest à paraître ce mercredi. La Suisse est largement égratignée.

Pour Hervé Falciani, condamné par contumace le 28 novembre dernier à 5 ans de prison par la justice suisse pour «espionnage économique», il s'agit là d'«une condamnation politique» car, déclare-t-il, l'espionnage économique «relève des délits politiques». «Je suis coupable car la Suisse défend le secret bancaire. Mais selon les intérêts de tout le reste de la communauté, ajoute-t-il, c'est la Suisse qui est coupable en protégeant ce genre d'activité».

L'ex-employé de HSBC affirme que la maison-mère de la banque «reconnaît qu'il y a eu de grosses et graves dérives en Suisse», sa filiale ayant dû acquitter 40 millions de francs suisses d'amende. «Cette affaire a montré non seulement qu'une banque avait organisé un système massif de fraude fiscale mais aussi qu'il est permis de faire quelque chose contre ça».

«Gardes suisses»

«Pour survivre, les Suisses ont développé à très grande échelle une activité de mercenariat. Ce sont les fameux gardes suisses. Aujourd'hui, ce même principe est à l'oeuvre, mais au service des multinationales à travers la finance offshore. On pourrait dire la même chose du Luxembourg», déclare encore Hervé Falciani.

Il se dit par ailleurs «sceptique» sur l'idée d'une rémunération des indicateurs fiscaux que propose le projet de loi du ministre français des finances Michel Sapin. Selon lui, «ce qui importe, ce n'est pas tant les informations que de savoir pourquoi ces informations continuent à nous échapper». «Pourquoi était-il impossible de sortir ces informations sans encourir des poursuites de la part de la justice suisse ? Pourquoi n'y a-t-il pas de statut de lanceur d'alerte ?», s'indigne-t-il dans Sud Ouest.

L'homme à l'origine du scandale «Swissleaks» dit travailler aujourd'hui «pour une université en Argentine» et «avec des communes en Italie et en Espagne, sur la mise en place de systèmes de paiement collaboratif en euros». (ats/nxp)

(Créé: 05.01.2016, 22h59)

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