Crise de la dette
Euro-obligations: de quoi parle-t-on?
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 24.05.2012 27 Commentaires
Retour sur le sommet
Articles en relation
- Le Conseil européen jette les bases d'un Pacte de croissance
- Obama appelle les pays européens à mieux se coordonner
- Croissance et discipline doivent aller de pair
Les appuis
La logique derrière les euro-obligations est un classique de la politique économique. La gauche française s’en fait le porte-drapeau depuis quelques années. Plusieurs pays européens, la Banque centrale européenne, l’OCDE et le FMI appuient l’idée.
La Suisse applique pour sa part la solution de la garantie. Plus extrême et difficilement imaginable à l’échelle de l’Europe actuelle. La Confédération garantit les emprunts de collectivités plus petites. Ce qui leur permet d’obtenir des fonds à meilleur compte.
Partager & Commenter
Au terme du sommet informel de mercredi, les Français se montrent optimistes. Le ministre des affaires européennes assure que le débat sur les euro-obligations dans l’UE porte dorénavant sur le calendrier.
«La question n’est pas de savoir si on en veut ou pas, mais si on en veut tout de suite», estime Bernard Cazeneuve. Selon le ministre, l’Allemagne, principal opposant à cette solution, entrouvrirait donc la porte.
Le principe des euro-obligations est simple. En théorie, un Etat qui veut de l’argent peut émettre un titre. Il s’engage envers le prêteur à le rembourser et lui payer des intérêts.
Un Etat très sûr comme la Suisse ou l’Allemagne paie peu d’intérêt. Ses obligations sont recherchées et les gens acceptent un rendement bas. Le taux des obligations à dix ans allemandes par exemple a atteint son plus bas niveau historique jeudi.
Grouper les risques
A l’inverse, des Etats comme la Grèce ou l’Espagne n’inspirent pas confiance. Ils doivent payer des intérêts élevés pour obtenir de l’argent. L’idée des euro-obligations (eurobonds), c’est de grouper tous ces risques. De faire jouer la solidarité. Et de réduire les intérêts que paieront les pays les plus mal lotis.
Groupée, l’Europe empruntera à des taux moins élevés que le Grèce ou l’Espagne seules. Elle pourra ensuite elle-même leur prêter l’argent collecté. En cas de défaut, elle remboursera les dettes, explique Samuel Bendahan, enseignant à HEC et l’EPFL.
Réticences idéologiques
«Le but est donc de diminuer le niveau de risque des emprunts pour que les pays en difficulté actuellement puissent avoir accès à des emprunts à des taux raisonnables», résume l’économiste.
Selon le modèle retenu, un des risques est de voir les taux augmenter pour l’Allemagne, par rapport à sa situation actuelle. Une certitude en tout cas, elle devrait accepter d’assumer le risque collectif de la zone euro. Et rembourser les prêteurs en cas de défaut. D’où ses réticences, qui sont aussi en partie idéologiques.
Pour quoi faire?
Cet accès plus aisé aux liquidités aiderait les pays mal-lotis à financer leur ménage. Et, aussi, à faire de la relance. C'est-à-dire investir. Mais beaucoup de cet argent risque de finir dans le puits sans fonds des dettes existantes de la Grèce, craint le socialiste Bendahan.
«Il aurait été beaucoup plus intelligent que la Grèce fasse défaut il y a deux ou trois ans. Plus personne n’aurait voulu lui prêter. Mais grâce aux euro-obligations, elle aurait obtenu l’argent de l’Europe pour reconstruire le pays.»
Pour Samuel Bendahan, les euro-obligations ne résoudront pas la crise. Elles font seulement partie de la réponse.
«Il faut une multi-thérapie de solutions, selon lui. Et surtout, des solutions qui ne détruisent pas le pouvoir d’achat et l’avenir des populations. Mais c’est difficile et ça demande des décisions courageuses.» (Newsnet)
Créé: 24.05.2012, 13h41
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
27 Commentaires
On combat l'endettement par l'endettement... ça n'a pas un nom cela ? chaine de Ponzi ? jeu de l'avion ? Répondre
Certes M.Bendahan, il aurait été beaucoup plus intelligent que la Grèce fasse défaut il y a 2 ou 3 ans, mais "les politicaillons" ont voulu éviter une crise systémique BANCAIRE. N'oubliez pas que les vendeurs de CDS se seraient retrouvés dans l’incapacité de payer ceux qui se sont assurés contre un défaut l’Etat hellène. Même dans "ce jeu spéculatif des CDS", l'ISDA s'est trouvée coincée... Répondre
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 

























