Elon Musk met le turbo dans l’auto électrique

L’économie en 2016Le scandale VW devrait accélérer la mise en circulation des moteurs hybrides et alternatifs, alors que Tesla sort son modèle «low cost» en 2016.

Le modèle X, de Tesla, un SUV électrique tout en technologie.

Le modèle X, de Tesla, un SUV électrique tout en technologie. Image: EPA/TESLA MOTORS

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L’affaire des véhicules diesel truqués du groupe Volkswagen fait grand bruit depuis que le scandale a éclaté publiquement, en septembre dernier. Si l’impact financier ne peut encore être chiffré, l’image de marque du constructeur allemand sera durablement écornée. Das Autogoal est une défaite non seulement pour l’Allemagne industrielle mais également pour les fans du diesel. Cette affaire, qui remonte en réalité à 2005, lorsque VW a lancé une vaste offensive aux Etats-Unis pour ce type de motorisation, représente-t-elle un tournant dans le marché automobile? Elle pourrait en effet accélérer l’arrivée des véhicules du futur, à moteurs alternatifs, hybrides ou électriques.

Un coup de vieux

Une chose est sûre: les moteurs à explosion et à diesel sont en train de prendre un coup de vieux, amplifié par ces révélations de truquages visant à contourner les normes de pollution. Cela alors que la voiture n’a plus le même statut social qu’autrefois au sein des nouvelles générations. Les jeunes citadins y renoncent de plus en plus souvent pour se déplacer.

Un sondage publié dans Le Parisien-Aujourd’hui, fin octobre, révèle que les mentalités changent même en France, pays qui favorise fortement le diesel. Certes, les automobilistes sont encore majoritairement attachés à ce carburant, qu’ils considèrent comme performant et bon marché. Toutefois, selon cette enquête, ils ne sont plus que 30% à vouloir opter pour un moteur diesel contre 34% pour un moteur à essence et… 30% pour un modèle électrique ou hybride.

Les faits le confirment: on apprenait hier que la part des ventes d’autos diesel ne représente plus que 57,2% du marché français contre 63,9% en 2014. Boosté par un élan planétaire pour le climat, le moteur électrique pourrait ainsi être, en 2016, le tube de l’année. En tous les cas, Tesla et son patron 100 000 volts, Elon Musk, mettent le turbo pour y parvenir. Son modèle X, un SUV, fera bientôt son apparition sur nos routes. Mais, surtout, on attend ce printemps le modèle 3, annoncé à un prix «low-cost», moitié moins cher que les versions actuelles, autour de 40 000 francs.

Président d’Auto-Suisse, l’association des importateurs automobiles, François Launaz ne croit pas à une telle volte-face des automobilistes: «Je ne pense pas que cette affaire aura un impact sur tout le marché automobile, dit-il. Ce qui va changer, ce sont les conditions des tests.» A ses yeux, le scandale VW ne modifie pas les attentes des consommateurs, personne ne connaissant la valeur des émissions d’oxyde d’azote de son véhicule. Il admet cependant que les constructeurs devront faire de gros efforts supplémentaires afin que le parc de véhicules mis en circulation réponde aux normes de plus en plus sévères.

Le Salon de l’Auto de Genève, qui ouvre ses portes dans moins de trois mois, ne s’apprête pas à vivre une révolution, à en croire son directeur général, André Hefti. Depuis trois ans, les véhicules écologiques sont de plus en plus sur le devant de la scène, selon lui. Même si l’affaire VW sera évoquée en coulisses, elle n’influencera pas les prochains salons: «Contrairement à ce qui a parfois été avancé par des soi-disant experts, le plus souvent autoproclamés, le carburant diesel n’est nullement appelé à disparaître.»

Guidé par ordinateur

Il n’empêche. A l’image d’autres branches, comme les télécoms, les nouvelles technologies vont révolutionner les habitudes, et ce ne sont pas forcément les constructeurs traditionnels qui vont piloter le marché. Le futur s’appelle probablement Google ou Apple, deux sociétés qui planchent sur les voitures sans pilote. Celles-ci rouleront tout électrique, sur les traces de Tesla, dont les véhicules fonctionnent déjà partiellement en pilote automatique. Le premier est en train de tester un prototype guidé par ordinateur tandis que le second planche sur un modèle autonome au nom de code de Titan, selon le Wall Street Journal. La firme à la pomme aurait engagé… 1800 personnes sur ce projet de véhicule, qui pourrait circuler en 2019.

Selon un récent sondage, mené dans quinze pays, plus de la moitié des personnes interrogées croient en l’avenir des voitures autonomes et se disent prêtes à en acquérir une. Les constructeurs traditionnels doivent donc mettre les bouchées doubles s’ils ne veulent pas manquer ce train électrique.


Montres connectées: les horlogers suisses ripostent

La montre connectée est une réalité. Elle s’affiche partout, dans les magasins comme dans la publicité, boostée par la firme à la pomme, Apple, qui en produit des millions d’exemplaires. Et pourtant, les exportations horlogères suisses ne semblent encore guère touchées par ce phénomène, à en croire les ténors de la branche. Leur baisse, annoncée pour 2015, tient avant tout à la conjoncture asiatique, les ventes de montres aux Chinois représentant près du tiers du marché d’exportations.

Est-ce à dire que les prédictions des Cassandre, annonçant une crise comparable à celle des années 70 dans ce secteur, sont fausses? Il est trop tôt pour le dire. Toujours est-il que les horlogers suisses ne sont pas restés les bras croisés. Certes, ils sont rares les fabricants traditionnels qui se sont lancés tôt sur le marché des smartwatches, à l’image du genevois Frédérique Constant. Dans le luxe haut de gamme, des marques ont fait le choix stratégique de ne pas entrer dans ce créneau. Mais nombre d’horlogers suisses planchent sur leurs propres modèles. On en verra plusieurs apparaître en 2016.

Associé aux géants américains Google et Intel, TAG Heuer vient d’annoncer que la production des microprocesseurs de son modèle présenté en novembre à New York allait être en partie délocalisée ce printemps à La Chaux-de-Fonds. Il s’agit de préserver l’image du Swiss made pour cette smartwatch assemblée pour le moment chez le fabricant de puces Intel.

Breitling, associé à la société valaisanne Soprod, du groupe Festina, a lancé son premier modèle peu avant Noël. La marque affirme son caractère suisse. La montre, connectée à un smartphone, est destinée d’abord au public très ciblé des pilotes. Toutefois son développement servira sans doute à d’autres modèles.

Enfin, en ce début 2016, on attend aussi le réveil de Swatch. Le groupe biennois mène des recherches depuis longtemps dans ce domaine. Mais il a décidé de suivre sa propre voie, avec une montre intelligente qui peut se passer d’un smartphone. Le groupe va lancer bientôt sa nouvelle Swatch Bellamy, munie d’une puce de communication NFC, qui aura pour première fonction principale le paiement direct sans contact.

(TDG)

(Créé: 05.01.2016, 11h03)

A l’agenda économique de 2016

Davos Lors du Forum économique, qui se déroule du 20 au 23 janvier, l’actualité politique et économique risque de passer, comme de coutume, au premier plan. On devrait donc parler beaucoup du Moyen-Orient et de la Chine.

Franc fort Le 15 janvier marque le premier anniversaire de la fin annoncée par la BNS du taux plancher de l’euro face au franc suisse, causant des tourments à nombre d’entreprises. En 2016, le franc reste surévalué pour beaucoup.

Immobilier Bulle ou pas bulle? Le moins qu’on puisse dire est que, en 2015, les Cassandre prédisant l’éclatement de la bulle immobilière ont fait un flop. Qu’en sera-t-il en cette année?

Marché du travail Le franc fort a réveillé quelques démons. Mais les effets de l’initiative du 9 février 2014 pourraient susciter plus de soucis encore à certaines entreprises.

L’Iran fait son retour cette année sur la scène économique internationale après douze ans de sanctions dont la levée progressive intervient en ce début d’année.

La Chine battra également la mesure cette année. Cela a commencé dès le 4 janvier avec une alerte sur son marché boursier.

A surveiller aussi les événements politiques qui menacent l’économie: référendum britannique sur le Brexit au Royaume-Uni, incapacité à faire ressortir une majorité parlementaire claire au Portugal comme en Espagne, et l’ Italie, où les dissensions politiques reprennent le dessus. Des événements qui pourraient compliquer la relance en Europe.

En juin, sommet crucial pour les prix des carburants

On n’ose imaginer à quoi aurait ressemblé 2015 sans ce coup de pouce: un pétrole dont la dépréciation à 35 dollars le baril le rend aujourd’hui deux fois moins cher que l’huile de palme. Dans les stations-service suisses, les tarifs du super et du diesel sont au plus bas depuis douze ans.

L’âge de l’abondance pétrolière touchera-t-il à sa fin en 2016? De la guerre en Syrie au scandale des diesels VW, en passant par le redémarrage de l’activité en Europe, tout ou presque semble pouvoir faire basculer la situation. Une décision aura cependant autrement plus de poids. Celle d’un revirement de l’OPEP. Car c’est bien le cartel de pays pétroliers emmenés par l’Arabie saoudite – sous sa coupe, le tiers des approvisionnements mondiaux – qui a envoyé le brut au tapis en 2015.

Le coup de poker de Riyad? Ouvrir les vannes et noyer la planète d’or noir, afin qu’il ne vaille plus rien. Une manœuvre considérée comme suicidaire par nombre de «pays frères», le montant de la manne ayant été divisé par deux en un an. Le pari vise à étouffer la concurrence américaine, nouveau poids lourd de la planète pétrole avec ses milliers de puits raclant l’huile des schistes, de l’Oklahoma au Wyoming. «Pour beaucoup de producteurs américains, le tarif offert pour leur brut est déjà sous les 30 – et parfois sous les 20 – dollars le baril», note Olivier Jakob, responsable du bureau d’analyse Petromatrix à Zoug. Un niveau qui incite à mettre la clé sous le derrick.

En 2016, la maison des Saoud devra pourtant donner un coup de volant avant de foncer dans le mur, son coup de bluff ayant amputé de moitié le budget du pays. D’autant que, comme le souligne Olivier Jakob, le pétrole dont elle inonde la planète «a principalement été acheté par les Etats-Unis pour le stocker, non point par les raffineries asiatiques pour le consommer.»

Officiellement, l’OPEP ne doit pas infléchir sa position avant sa réunion du 2 juin, à Vienne. Il faudra que les nerfs du cartel tiennent. Car l’obstination affichée par Riyad lors de son dernier colloque, le 4 décembre, a suffi à faire plonger le pétrole d’un nouveau palier. La banque Goldman Sachs parle déjà du baril à 20 dollars. Info ou intox? Ceux assez téméraires pour vouloir battre l’OPEP à son jeu peuvent prendre la direction inverse. Dans ses suggestions pour 2016, la Geneva Swiss Bank évoque une «idée folle». Parier sur la remontée à 65 dollars du baril, d’ici un an.

Pierre-Alexandre Sallier

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