EasyJet pratique la surréservation pour maintenir des prix bas

Transport aérienLe principal client de Genève Aéroport vend parfois plus de billets qu’il n’y a de places sur un vol, tout en respectant les conditions imposées par le droit européen.

EasyJet assume la pratique de la surréservation, mais sans manquer d'égards en vers ses passagers.

EasyJet assume la pratique de la surréservation, mais sans manquer d'égards en vers ses passagers. Image: Jean-Paul Guinnard

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Une jeune femme vaudoise, Julie, s’est offert à la mi-mai un voyage pour rendre visite à un de ses frères cadets, étudiant à Brighton. Comme beaucoup de Romands, elle a choisi easyJet pour réusssir ce week-end outre-Manche, en partant de Genève Aéroport. Pour le retour elle devait embarquer à Gattwick le dimanche 14 mai, à 18h30. Le personnel de la compagnie britannique a cependant indiqué à Julie et deux autres passagers que la cabine de l’avion était déjà complète. Les trois voyageurs ont alors été informés sur la possibilité de prendre un vol le lendemain, avec une nuitée d'hôtel payée et un dédommagement à hauteur de 250 francs.

Finalement, tout s’est terminé le plus simplement du monde. Sept passagers prévus sur ce vol ne s’étant pas présentés, Julie et ses compagnons d’infortune ont pu monter à bord et décoller. La jeune Vaudoise s’interroge néanmoins sur la fiabilité des réservations, alors qu’elle avait acheté son billet deux mois avant le départ. Easyjet nous a confirmé qu’une relative prudence s’impose.

«L’an dernier, environ 3 millions de nos clients ne se sont pas présentés au départ. Nous vendons parfois plus de places que le nombre de sièges réellement disponibles, si nous savons qu’il y a une forte probabilité de passagers ne se présentant pas à l’aéroport. L’objectif est de maintenir des tarifs bas pour tous nos clients», indique le principal client aérien de Genève Aéroport.

Nuitées d'hôtel payées

EasyJet précise toutefois qu’elle refuse rarement l’embarquement de passagers pour des raisons de surréservation. Même si le taux d’occupation des places dans les cabines de ses avions s’est élevé à 91,5% l’an dernier. Les conditions générales liées à chaque billet prévoient en outre des égards non négligeables pour les plus malchanceux. Ceux-ci peuvent évidemment embarquer, sans frais, sur le prochain vol disponible pour la même destination. L’épreuve de patience sera agrémentée de collations et d’une ou plusieurs nuitées d’hôtel payées, en fonction du temps d’attente nécessaire.

En plus de ces prestations, les victimes d’overbooking (surréservation) sur des vols d’easyJet reçoivent des indemnités, oscillant entre 125 et 600 euros. Ces montants évoluent en fonction de la distance et du temps de retard à l’arrivée, par rapport au voyage initialement prévu. Tous ces éléments sont déterminés par le droit de l’Union européenne, auquel la Suisse a elle-même souscrit. L’accord bilatéral sur le transport aérien est entré en force le 1er juin 2002.

Effets sur les tarifs de chaque vol?

Aujourd’hui la pratique de la surréservation s’est largement répandue dans le transport aérien. Même si, depuis au moins quinze ans, l’évolution des tarifs sur chaque vol dépend avant tout de la demande ? Cette réalité justifie une question: dans quelle mesure les places vendues en trop sur un vol poussent-elles vers le haut certains tarifs sur un même vol ?

Evitons toutefois de conjecturer ! Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC) rappelle l’essentiel : «La réglementation européenne, à laquelle sont soumises easyJet et toutes les autres compagnies européennes et suisses, permet le surbooking. Lorsque le nombre de volontaires n'est pas suffisant pour permettre l'embarquement des autres passagers, disposant d'une réservation, le transporteur aérien effectif peut refuser l'embarquement de passagers contre leur volonté. Cette même réglementation oblige toutefois les compagnies pratiquant la surréservation à indemniser immédiatement les passagers qui en sont victimes.»

La FRC dénonce le régime actuel

Ce cadre legal ne satisfait pas la FRC. « Quand on conclut un contrat, chacun des partenaires devrait respecter ses engagements. Le consommateur doit en payer le prix et le transporteur assurer le vol au jour et aux heures prévus dans le contrat. Le fait de permettre de vendre des places qui ne sont pas complètement garanties est d’un point de vue strictement juridique fort contestable. Nous le dénonçons fortement. La sécurité du droit est mise à mal par cette tolérance octroyée aux transporteurs », déplore Valérie Muster.

Les indemnités, prévues dans la réglementation, peuvent en plus paraître inappropriées. Celles-ci se situent entre 125 et 600 euros, en fonction de la distance et des temps de retard à l’arrivée par rapport à l’horaire prévu dans la réservation initiale. « Ces montants permettent de mieux comprendre que les transporteurs prennent le risque de décevoir un ou deux passagers, plutôt que de ne pas pratiquer du surbooking. Surtout avec des vols peu chers. De nombreux passagers ne se présentent en effet pas à l’aéroport ou sont en retard. Comme il n’y a pas de remboursement la plupart du temps dans de tels cas, certains sièges sont non seulement vendus à double, mais également encaissés deux fois! Ensuite commence le jeu des chaises musicales. Et malheur au passager restant debout quand la musique s’arrête », rappelle la juriste de la FRC.

(TDG)

Créé: 19.05.2017, 16h11

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