Crise de la dette
Après une respiration, le retour des vieux démons
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 11.04.2012 12 Commentaires
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Repères
La production industrielle espagnole a accru son repli au mois de février, avec une baisse de 5,1% sur un an, selon les chiffres publiés mercredi par l'Institut national de la statistique (Ine).
Le gouvernement espagnol a annoncé au début du mois qu’il ne pourrait pas atteindre cette année son objectif de 4,4% de déficit public. Il l’a donc remonté à 5,3% sans convaincre les marchés.
Les craintes qui s'expriment ces derniers jours sur les marchés internationaux au sujet de la situation économique et financière de l'Espagne sont, pour la France, «excessives», a jugé mercredi la ministre du Budget Valérie Pécresse.
L'Allemagne a pour sa part emprunté mercredi au taux historiquement bas de 1,77% lors d'une émission obligataire à dix ans, qui n'a pas été totalement souscrite.
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Depuis la mi-mars, les principaux indices boursiers ont perdu entre 5 et 10%. Et ces derniers jours, la décrue s’est accentuée. Le Swiss Market Index (SMI) a perdu 1,66% mardi et poursuivait sa baisse mercredi.
La principale explication à cette situation est vite trouvée. Les marchés sont de retour en mode «peur». Ils craignent que les pays européens ne soient pas capables de conserver la ligne prévue de réduction de leurs déficits. Et donc de conserver le contrôle de leur dette.
C’est vrai pour l’Espagne surtout. Comme d’autres, Madrid s’est lancé dans une cure d’austérité. Réduire les dépenses pour réduire les déficits. Mais cette politique agit négativement sur la croissance économique. Avec le risque d’un dérapage du déficit budgétaire…
Stratégiste chez Pictet, Christophe Donay ajoute que le secteur bancaire espagnol, et surtout les caisses d’épargne, doivent absolument se restructurer et purger leurs bilans d’actifs sources de pertes criantes.
Le répit est passé
Le calendrier de ce retour aux vieux démons de la dette découle des injections de liquidités par la Banque centrale européenne (Long-term refinancing operation ou LTRO).
Ces facilités de prêts ajoutées aux systèmes de secours financier européens ont offert une respiration à l’Espagne ou l’Italie et à leurs systèmes bancaires. Mais leur effet s’estompe et les problèmes fondamentaux sont de retour.
«On a trop de dette par rapport au peu de croissance ou trop peu de croissance par rapport à la dette, résume Christophe Donay. Un problème délaissé jusqu’ici par la BCE.»
Les indicateurs boursiers témoignent de la posture actuelle de défiance des marchés. Les niveaux d’intérêts que l’Espagne doit payer pour se financer aussi. Les taux à dix ans espagnols atteignent 6% contre 4,85% début mars. Une situation qu’on retrouve, atténuée à ce stade, pour l’Italie ou le Portugal.
Vers de la relance?
Les relents de contagion de la crise sont donc de retour. Et tout dépendra de la capacité et de la vitesse de réaction des autorités, juge Christophe Donay.
«La BCE va-t-elle réinjecter des liquidités? Et que vont pouvoir décider les Etats européens pour venir en aide à l’Espagne si les marchés considèrent que ce pays n’est plus solvable?» Voilà les enjeux, selon le stratégiste.
Quant aux plans de relance, ils sont dans l’air aussi. Du moins à la une des journaux économiques ces derniers jours. Christophe Donay y voit une nécessité pour la croissance et le remboursement de la dette.
L’idéal serait pour lui que «l’Europe se structure autour d’un plan de relance paneuropéen». (Newsnet)
Créé: 11.04.2012, 13h33
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12 Commentaires
Oui, le répit est passé et cela va encore empirer après les élections françaises. Répondre
C'est bizarre que ce soient les capitalistes qui tirent à boulet rouge sur une dette. Laissez donc l'Espagne couler sans aucune intervention des gouvernements plutôt que d'endetter les masses populaires pour 30 ans pour rembourser des obèses qui n'en ont jamais assez. Gardez l'euro aussi car comme dans tous les pays, il y a de bons débiteurs et des mauvais mais tous utilisent la même monnaie. Répondre
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