Air France ferme son siège régional basé à Genève

Transport aérienLe centre administratif de la région «Alpes-Balkans» est déplacé à Budapest. Jusqu'à 21 emplois seront supprimés en Suisse

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La compagnie aérienne Air France KLM s’apprête à fermer son siège administratif régional situé dans les immeubles genevois du World Trade Center, selon deux sources au fait de la décision. Jouxtant l'aéroport de Cointrin, ces bureaux regroupent les fonctions de support – tarification, achats, marketing et communication, ressources humaines, comptabilité ou encore e-commerce – de la région commerciale «Alpes-Balkans». Outre le marché suisse, cette antenne administrative chapeautait notamment les activités autrichiennes d’Air France KLM.

L'ensemble de ces fonctions sera transféré à la nouvelle direction régionale de Budapest, d’ici à la fin de l'été. Selon une source interne, les 21 employés genevois se sont vus signifier leur licenciement le 28 janvier dernier.

La nouvelle d'une possible réorganisation a commencé à circuler en interne il y a deux mois. Quelques semaines plus tard, l’ampleur des licenciements était dévoilée, suivie par des réunions avec les représentants du personnel. Aucun syndicat ne représentait les salariés.

Contacté à Paris, le siège de la compagnie confirme une fermeture «qui s’inscrit dans le cadre de la simplification et de l’optimisation de l’organisation d’Air France-KLM dans les différentes régions».

Délocalisés en Hongrie

Présente à Genève depuis «plus de trente ans», selon un employé du site, la délégation régionale «Alpes-Balkans» d’Air France KLM sera définitivement fermée le 31 août. Son responsable est déjà en poste à Budapest, antenne jusque-là dédiée aux pays d'Europe centrale. Installé à Vienne, un autre centre administratif plus petit – cinq employés – sera également fermé et transféré dans la capitale hongroise.

Selon une source interne, tous les salariés souhaitant rester dans le groupe viennent de se voir proposer un poste à Budapest. Mais à des conditions salariales très différentes: 400 euros par mois, assorti du versement d'une prime initiale de 15 000 euros étalé sur dix-huit mois.

Epilogue des délocalisations à Genève

Ceux qui ne sont pas tentés par l’aventure magyare recevront en dédommagement les montants prévus dans un plan de licenciement ainsi qu'un bonus «pour rester jusqu'au bout et assurer la transmission des dossiers à leurs homologues de Budapest», selon cette même source. «En dépit de résultats dont la compagnie se félicite, en dépit des neuf vols quotidiens au départ de Genève, Air France n'hésite pas à virer tout le monde et délocaliser», lance, amer, un employé.

En octobre dernier, face à la presse romande invitée à Roissy, le vice-président d’Air France Henri de Peyrelongue s’était réjoui que Genève soit, dans le réseau de la compagnie, «la ville qui a la plus grande fréquence de vols avec Paris». Ce dernier ajoutait que la destination était «celle où l’utilisation de la première classe est la plus abondante». Une destination donc a priori particulièrement rentable. Ce qui n’a apparemment pas suffi à sauver le centre régional qui était installé à Genève.

Restructurations en chaîne

La compagnie insiste sur le fait que cette réorganisation de sa délégation régionale n’a aucun rapport avec ses performances commerciales au départ de Cointrin. Faisant suite à une première série de mesures mises en place au sein du groupe – le plan «Transform 2015», qui a permis à la compagnie d’améliorer sa situation après plusieurs années de pertes – cette fermeture de son siège régional genevois fait écho aux mesures «Perform 2020», nouveau plan qui «vise à améliorer la compétitivité pour retrouver les moyens de la croissance», selon une porte-parole.

Cette restructuration ne concerne pas le personnel d'escale implanté dans la région lémanique. L’an dernier, sur les 153 vols Air France quittant chaque semaine la Suisse pour les hubs aéroportuaires parisiens, plus de 60 décollaient de Cointrin.

Cette fermeture fait en revanche écho au transfert vers Zurich, il y a trois ans, du gros des équipes commerciales jusque-là installées à Genève. Désormais constituées de vingt-deux personnes, ces forces commerciales «restent en place, tant à Zurich qu'à Genève, au service de nos clients, partenaires et agences de voyages», précise une porte-parole du siège parisien de la compagnie.

En 2007, Air France avait été l’une des dernières grandes compagnies à fermer son agence du centre-ville, installée douze ans durant, rue du Mont-Blanc. Les bureaux avaient été ramenés près de la délégation régionale «Alpes Balkans», sur l’un des deux niveaux qu’occupait alors la compagnie dans l’immeuble du World Trade Center. Elle n’aura plus longtemps besoin de telles surfaces. A la fin de l’été, Air France KLM comptera 85 employés en Suisse.

(TDG)

(Créé: 09.02.2016, 15h01)

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