Le troisième sexe

ThéâtreAvec «King Kong Girl», Martine Corbat aborde de front la question de l'hermaphrodisme, quitte à en raboter les nuances.

Julien Israelian aux percussions, Martine Corbat et Antonio Buil au jeu, tous à la fois glabres et velus par endroits.

Julien Israelian aux percussions, Martine Corbat et Antonio Buil au jeu, tous à la fois glabres et velus par endroits. Image: DOROTHEE THEBERT

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«La donna è mobile», s’époumone le Duc dans le Rigoletto de Verdi. Eh bien, figurez-vous qu’il n’y a pas qu’elle. Dans King Kong Girl, le spectacle de cabaret qu’elle a coécrit avec Marie Fourquet, dont elle cosigne la mise en scène avec Yvan Rihs, et qu’elle cointerprète avec Antonio Buil ainsi que les musiciens Pierre Omer et Julien Israelian, la Genevoise Martine Corbat étend la nature mutable attribuée à la gent féminine à la race humaine entière. Chacun de ses représentants s’inscrirait dans l’indétermination et la mouvance; l’homme irait même jusqu’à se définir par son caractère indéfini.

Terrain de travestissement et de métamorphose par excellence, la scène théâtrale ne sert évidemment pas l’argument de l’ambiguïté pour la première fois. Martine Corbat, elle, fait table rase pour le resserrer sur l’ambivalence sexuelle exclusivement. Puisant dans l’antiquité grecque et le mythe d’Hermaphrodite, elle se penche sur le sort de ces individus intersexués, dont les organes génitaux ne permettent de les classer ni parmi les garçons ni parmi les filles (soit entre 1,7 et 4% de la population).

Que Martine Corbat et sa compagnie L’Hydre folle aborde la réalité de ce genre inclassable par le biais du cabaret satirique lui vaut quelques jolies trouvailles – notamment sur le plan des chansons suaves ou des accessoires scénographiques confiés à la plasticienne Muriel Décaillet. En revanche, les «instantanés de vie» tirés de divers témoignages embarrassent par leur trivialité. Centrée sur le personnage androgyne de Ligie, l’autofiction entend briser des tabous. Las, l’impudeur, outre transformer le spectateur en voyeur, ne parvient jamais à crever la surface.

King King Girl La Traverse, jusqu’au 8 oct., 022 909 88 94, www.mqpaquis.ch. Table ronde «Du mythe d’Hermaphrodite au vécu des personnes intersexes» je 6 après la séance. (TDG)

Créé: 03.10.2016, 18h54

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.