La RTS vit un feuilleton idyllique avec la puissante chaîne HBO

TélévisionSur les séries événementielles, la «petite» RTS devance les chaînes traditionnelles et plates-formes de chargement payant. Nouvelle preuve avec «Big Little Lies» et explications d’Alix Nicole, responsable des acquisitions.

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Dès lundi, Big Little Lies, juste après sa diffusion américaine, débarque sur nos écrans (ndlr: sur la RTS les lundis à 22h45, 7 X 52’). Aux USA, le feuilleton est attendu avec impatience, emblématique de l’age d’or qui souffle depuis quelques années sur la production télévisée. Loin du produit d’abattage, cette adaptation du best-seller de l’Australienne Liane Moriarty a vu des superstars du gabarit de Nicole Kidman ou Reese Witherspoon s’empoigner pour l’acquisition des droits. Les comédiennes et productrices se sont réconciliées à l’affiche, devenant même les meilleures amies du monde, et pas seulement pour les besoins du scénario. Le réalisateur Jean-Marc Vallée, auteur de Dallas Buyers Club et Wild, oscarisés pour leurs acteurs, a été recruté, David E. Kelley, producteur chevronné d’Ally McBeal officie en showrunner.

Alix Nicole, responsable de l’acquisition des séries à la RTS, ne s’enorgueillit même pas de ce nouveau coup de maître. «Nous entretenons avec la chaîne payante HBO une longue complicité. Nous avions vu cette pratique en France chez OCS. Antenne 2 ou France 3 ne peuvent se le permettre par manque de cases horaire. Alors, pourquoi pas nous? Ça ne nous coûte pas plus cher (ndlr: entre 4000 et 5000 francs par épisode, comme pour «Scorpion» ou «NCIS»), juste un surcroît d’attention sur la livraison du matériel.» Elle se félicite surtout que les aventures de ces «Desperate Housewives» soient diffusées en version française (avec toutefois, une v.o. pour les puristes). «Le public romand préfère le doublage et contrairement aux précédens Game of Thrones, Vinyl The Knick, Master of Sex, Vikings ou Westworld, nous avons fait rarissime, eu le temps.»

L’audience dans cette tranche horaire, après le programme Box-Office, reste raisonnable, stabilisée jusqu’ici, à 9, 2% de parts de marché, soit 40’000 spectateurs. «Game of Thrones avait marqué un pic, comme Westworld récemment. Une tradition s’installe, se conforte même, note Alix Nicole. Puisque la RTS avait été parmi les premières à programmer Dream On ou Twin Peaks.» Malgré l’évolution des pratiques de consommation sur ce type de produits, le score plus que respectable, encourage à poursuivre. «Nous contentons une niche de fans pointus, qui avec l’irruption d’Internet, veut «tout, tout de suite».»

Seul bémol à ce feuilleton idyllique avec la puissante HBO, la compétition, toujours plus acharnée. Ainsi, après Big Lies, la RTS annonce la diffusion de The Americans mais cette fois, sera loin d’être inédite, les espions étant déjà en saison 5 sur Canal Plus et FX.

Créé: 16.02.2017, 18h18

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Du roman à la série

Si depuis «Le secret du mari», Liane Moriarty s’est habituée à des tirages millionnaires, l’Australienne admet être tombée des nues quand Nicole Kidman et Reese Witherspoon ont surenchéri pour acquérir les droits de «Big Little Lies» . Des superstars mais surtout, des mères comme elle, qui connaissent en stratège la diplomatie et les intrigues exercées en coulisses des préaux. «Moi, raconte-t-elle, j’étais déjà très heureuse d’être publiée. Etre adaptée, c’était juste un bonheur de plus. J’ai vécu les tapis rouges, tout ça. Mais je suis redescendue de mon nuage. Retour à mon clavier et à la vraie vie!»
Comme son compatriote Christos Tsiolkas dans La gifle, ou la Française Yasmina Reza dans Le Dieu du Carnage, «Big Little Lies» (republié sous le titre original par Albin Michel), met en scène avec une cruauté suave les conséquences des actes de charmants bambins. Jusqu’au meurtre. Le feuilleton s’est déplacé de la bourgeoisie Gold Coast aux bobos de Californie, les usages demeurent.

«Je ne suis pas du genre «Desperate Housewives», loin de là. Même si j’ai adoré la série. On me dit que les mères européennes sont plus strictes mais sur le fond, toutes ces réactions, cet instinct viscéral, touchent à l’universel.» Exprimé dans un chœur à l’antique, conservé avec audace dans l’adaptation, ce «déjà-vu domestique» provoque le rassurant sentiment d’identification. «Chacun est capable de cette méchanceté ordinaire», soupire l’auteur. Revers, cette proximité intime s’exerce au point que le cliché menace parfois. Quand la nounou française couche avec un mari indélicat, ou qu’une impeccable fée au foyer trimbale des ragots ensorcelés avec la générosité déployée pour offrir des muffins à ses voisines. Que la bourgeoise sublime, incarnée par Nicole Kidman, se révèle tabassée par son épouse. Voir aussi l’agitée perpétuelle entre café avec les copines et talons aiguille Gucci, à qui Reese Witherspoon prête un punch irrésistible. Ou encore la «jeunette» égarée parmi ces «serre-têtes», mère célibataire d’une «petite brute pathologique» que débusque Shailene Woodley en duels dignes de «Divergente».

Dans ce pousse au crime, la tragicomédie préside. Ainsi de l’épisode où une ado rebelle entend vendre ses charmes sur Internet pour lever des fonds en faveur des fillettes victimes de mariages forcés. «La «bitchidute» des garces reste féroce, rien de la noirceur en général, n’a été édulcoré. Ainsi, les scènes de brutalité domestique sont gérées avec réalisme. Et si une nouvelle saison est acceptée, j’en écris volontiers le script!»

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