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Médias

La téléréalité a encore de beaux jours devant elle

Mis à jour le 02.04.2013

Le drame de Koh-Lanta sonne-t-il le glas de la téléréalité? Non, assurent des experts: ce concept flatte l'ego du téléspectateur en mettant en scène des «personnages» auxquels il peut s'identifier ou qu'il peut dénigrer.

Les cinq candidates de

Les cinq candidates de "Loft story", la nouvelle émission télévisée lancée par M6, arrivent, le 26 avril 2001, dans les studios de la chaîne aménagés en loft à la Plaine Saint-Denis où elles vivront pendant dix semaines, en compagnie de six garçons, sous l'oeil de 26 caméras.
Image: AFP

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Un peu plus d'une semaine après la mort de Gérald Babin, un candidat de 25 ans de Koh-Lanta, l'émission phare de téléréalité de TF1, le médecin chargé de veiller sur les participants s'est suicidé lundi au Cambodge, s'estimant, dans une lettre découverte après sa mort, «sali» par les médias.

13 ans de téléréalité en France

Douze ans après le «Loft», la toute première émission de téléréalité en France, le concept est devenu polymorphe, regroupant le conseil (décoration, cuisine, éducation), l'aventure (Pékin Express, Koh-Lanta), le divertissement (Star Ac', Popstars) ou le huis-clos (Les Anges de la téléréalité, Les Ch'tis, Secret Story...).

«La téléréalite s'est immiscée partout! Toutes ces émissions ont les mêmes gènes que Loft mais on peut considérer que ce sont désormais de vagues cousins», résume Virginie Spies, sociologue spécialiste des médias.

La fin de Koh-Lanta?

Malgré l'immense succès de Koh-Lanta, regardé en moyenne par 7 millions de téléspectateurs, son avenir sur TF1 pourrait aujourd'hui être compromis. «Pour l'image de TF1 et les annonceurs, ce n'est pas possible de poursuivre. En général, les émissions de téléréalité extrêmes sont condamnées à s'arrêter», estime François Jost, professeur en sciences de l'information.Il s'appuie sur l'interruption de «Fear Factor», brièvement diffusée sur TF1 et dont les épreuves étaient basées sur les phobies des candidats. Ou encore «Trompe-moi si tu peux» (M6), axée sur l'infidélité des conjoints, arrêtée en 2010 après le suicide d'un candidat. «Personne n'est prêt à vivre sous la loupe, sous le microscope», juge de son côté Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel, selon laquelle la téléréalité «a tendance à broyer les gens».

«Rassurante et drôle»

Pourtant, les téléspectateurs de ces émissions, principalement des 15-25 ans, «sont loin d'être dupes», assure la sociologue Nathalie Nadaud-Albertini, qui va publier en mai «12 ans de téléréalité...au-delà des critiques morales». «Les jeunes maîtrisent les codes de la téléréalité à la perfection. Ils la regardent avec distance», affirme-t-elle.Et pour la sociologue Virginie Spies, ces programmes très populaires ont encore de beaux jours devant eux, en particulier le coaching («L'amour est dans le pré», M6) et l'enfermement (où des garçons musclés et des bimbos, logés dans des villas de rêve, passent leur journée à commenter leurs amours, amitiés et disputes).

Attachement aux personnages

Mais sur quoi repose donc la longévité du concept de téléréalité, malgré toutes les critiques sur son côté artificiel, la vulgarité de certains personnages ou le vide des conversations ? «L'identification, et donc l'attachement aux personnages», explique Nathalie Nadaud-Albertini. «Au-delà de la dimension superficielle des personnages, ils vivent tous des situations proches des gens: la recherche de l'emploi, la déception amoureuse, l'inimitié».

En outre, «tout spectateur a besoin de temps en temps d'avoir des héros qui, au lieu de les écraser comme les superhéros, par leur perfection, sont moins bien que soi», ajoute François Jost. Du coup, poursuit-il, les jeunes téléspectateurs peuvent s'adonner à une de leurs pratiques préférées, «la moquerie et le bashing» (dénigrement).

Nabila superstar

Une phrase idiote prononcée début mars par Nabila, une des candidates des «Anges de la téléréalité» (NRJ12), a donné lieu à des dizaines de parodies sur internet. Cette même phrase («Allô, mais allô, quoi! T'es une fille et t'as pas de shampoing? C'est comme si je dis, t'es une fille t'as pas de cheveux») a été visionnée près de deux millions de fois sur Youtube. «La téléréalité est rassurante et drôle. Il y en a pour tous les goûts. Chacun y trouve une forme de plaisir», conclut Virginie Spies. (afp/Newsnet)

Créé: 02.04.2013, 18h02

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