Springsteen est passé par Genève

ConcertQuelques 27500 personnes ont assisté au concert du «Boss» mercredi au stade de la Praille.

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C’est une vague d’amour épaisse comme la retenue d’un barrage hydroélectrique qui a déferlé mercredi soir sur le public du stade de Genève. Aussi monumentale et intense qu’a pu l’être un concert de près de trois heures (2 heures et 50 minutes précisément, un peu moins qu’ailleurs), dans cette frénésie grandiloquente servie par Bruce Springsteen et les dix-huit membres du E Street Band, il y a au bout du compte beaucoup de tendresse. De l’amour véritable dans l’huile de moteur, voilà tout le mythe du «Boss». Voilà également ce qui sauve chacune des prestations de Bruce Springsteen du sentimentalisme bêtifiant. Et ce depuis ses débuts il y a quarante ans, comme mercredi à la Praille. C’est cette alliance entre l’émotion naïve de trois cuivres pétaradant sur Born in The USA couplé à Born to Run, et cette honnêteté sans faille, devenu légende, d’un chanteur presque anachronique dans le paysage des pop stars d’aujourd’hui.

«C’est grand match, ce soir!», s’excitait-t-on à l’entrée du concert. «C’est Godzilla au stade!», corrigera-t-on plus tard face à l’énergie ahurissante d’un chanteur dégoulinant de sueur sans jamais perdre le sourire.

La soirée a débuté sur les chapeaux de roue avec le klaxonnant Shackled and Drawn, entendu ailleurs en fin de concert. Puis Badlands, plus loin Hungry Heart, demandé par le public des premiers rangs. Suivront parmi tant d’autres encore Candy’s Room, The River, Waitin on a Sunny Day reprise sur scène avec un enfant du public (une tradition maison), Land of Hope and Dreams en hommage à Nelson Mandela. Ou encore Frankie. Ici, même les face B sont des tubes. Ici, même les reprises sont les siennes! Il l’avait confiée à Patti Smith, qui en avait achevé l’écriture avant d’en faire un tube: de retour dans les mains du «Boss», Because the Night devient à son tour un chant que l’on entonne poing levé, les yeux baissés.

Lorsque, enfin, le stade de Genève s’illumine totalement, spots aveuglant braqués sur la pelouse comme les soirs de compétition, le public n’en peut plus, sa ferveur est à son comble. Le taux d’alcoolémie aidant, on aurait presque une larme à l’écoute du dernier titre du soir. Seul cette fois-ci, Bruce Springsteen entonne avec sa guitare acoustique un ultime morceau de bravoure. Pour les milliers de personnes présentes mercredi à Genève, Thunder Road restera comme un moment d’intimité hors du temps. (TDG)

(Créé: 04.07.2013, 16h43)

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