L’inauguration de l’Alhambra met fin à vingt ans d’attente

ScèneLa salle de spectacle rénovée a été dévoilée vendredi. Visite des lieux

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Le jour tant attendu est enfin arrivé: l’Alhambra a été inauguré. La salle de spectacle entièrement rénovée a été dévoilée hier aux journalistes et à quelques heureux élus. Rémy Pagani, conseiller administratif en charge des travaux à la Ville, ne cachait pas sa satisfaction: «C’est le résultat d’efforts considérables, de personnes qui se sont mobilisées pour garantir la pérennité de ce lieu. Et elles ont bien fait!»

Cela valait la peine. La salle de 750 places en met plein les yeux, avec ses dégradés subtils du doré à l’argenté sur les caissons du plafond, et de l’argenté au noir par paliers sur les murs. Le tout rehaussé de touches rouges sur les moulures qui font écho à l’écarlate des fauteuils. «Les teintes métalliques accrochent la lumière et font ressortir les éléments architecturaux», explique l’artiste Carmen Perrin.

Techniquement parlant, la mise en place d’un plancher mobile permettra de programmer des manifestations très variées. Suivant les configurations, le public sera tantôt assis au parterre et sur les deux balcons, tantôt debout. Le sol pourra également être surélevé à hauteur de scène pour ménager un espace de style cabaret.

Un retour aux sources

«On y verra avant tout de la musique actuelle, précise Sami Kanaan, magistrat en charge de la culture et maire de Genève. Mais vu la polyvalence de l’espace, on peut le transformer autant en cinéma qu’en salle de conférences.» Quant à la gestion du programme, elle a été confiée à l’Association des usagers de l’Alhambra, suite à une mise au concours de la Ville. Association qui a désigné Karin Strescher comme coordinatrice (lire ci-contre).

Le choix de la polyvalence apparaît comme un retour aux sources, puisque l’Alhambra a été conçu dans cet esprit. Construit entre 1918 et 1920, il reçoit comme nom de baptême l’Omnia et accueille, dès 1928, la première installation de cinéma sonore de Suisse, mais aussi du théâtre et des concerts.

Dans les années 1990, il est question de détruire l’édifice pour construire un parking. Les associations se mobilisent. L’Alhambra est sauvé par votation populaire en 1995. Le bâtiment est classé monument historique l’année suivante. Survient dès lors la question de la réhabilitation de la salle. En concertation avec les milieux culturels, il est décidé d’en faire une maison de la musique.

Une fois le projet lancé, surviennent deux menaces de référendum. Craignant les perturbations qui en découleraient, les habitants du quartier combattent le projet d’une salle de 1250 places. Et une partie de la population s’oppose à la suppression de l’Alhambar, arguant de la nécessité de conserver un restaurant bon marché et populaire au centre-ville.

Compromis et grand écart

Pour mettre tout le monde d’accord, Rémy Pagani décide alors d’un compromis: une salle qui accueillera 750 spectateurs et le maintien de l’Alhambar. Un deuxième foyer est alors créé au-dessus du bar et une annexe ajoutée à l’arrière du bâtiment pour les bureaux administratifs, dépôts, ateliers et loges. Il s’agit aussi de faire le grand écart entre la mise aux normes techniques et énergétiques, et le respect d’un bâtiment classé.

Mais les péripéties ne sont pas terminées, qui font durer le chantier trois ans au lieu des deux prévus. Des vestiges archéologiques sont mis à jour. Le Conseil municipal menace de tout arrêter s’il n’a pas la preuve que l’Alhambar comptera au moins 100 places. La ventilation ne peut pas être installée à la cave, car elle est classée. Certains défenseurs du patrimoine accusent la passerelle technique de défigurer le plafond.

Et on ne sait pas quoi faire avec les murs, dont les peintures ne sont pas assez intéressantes patrimonialement parlant pour être conservées. «Personne ne voulait prendre la responsabilité de la décoration, raconte Rémy Pagani. J’ai alors décidé de demander au débotté une intervention artistique à la Genevoise Carmen Perrin.»

Le public pourra découvrir le résultat à l’occasion de la Fête de la musique, le 19 juin prochain. L’Alhambra se trouvera au cœur de la manifestation. Quant à la saison de spectacles, elle commencera véritablement à la rentrée de septembre. C’est également à ce moment-là que l’Alhambar rouvrira ses portes. Ne restera plus qu’à voir si l’alchimie prend! (TDG)

Créé: 27.03.2015, 16h56

Qui décidera de l’agenda? La coordinatrice répond

Proposée par l’AdUdA, l’Association des usagers de l’Alhambra, Karin Strescher a  été nommée coordinatrice de la  salle de spectacle. Elle détiendra les clés de ce lieu si cher aux associations locales programmant des concerts: Ateliers d’ethnomusicologie, AMR, Fanfareduloup Orchestra, PTR, ASMV, Eklekto, Archipel, Contrechamps et Bâtie. Celles-là même qui ont fondé l’AdUdA. Leur est réservé un gros tiers des 200 dates à occuper chaque saison. Qui d’autre pourra jouer à l’Alhambra? Karin Strescher répond.

Coordinatrice de l'Alhambra, en quoi consiste ce rôle?

Il est double: coordonner les activités à l’interne — le personnel technique, celui de la salle, les relations avec l’Alhambar. Assurer la coordination externe: gérer les demandes des utilisateurs potentiels, travailler un réseau d’associations et développer la communication avec elles.

Concrètement, qui choisira les spectacles à l'agenda?

Cela repose en partie sur mes épaules. L’Alhambra est dédié aux musiques actuelles. Les demandes dans ce domaine seront donc prioritaires. A partir de là, d’autres propositions pourront être traitées au cas par cas, selon les disponibilités de l’agenda. Pour commencer, on se laisse une très grande marge de manœuvre.

Vous voilà programmatrice?

En aucun cas. Mon rôle est d’accueillir les associations qui elles, font leur propre programmation. En  d’autres termes, je gère l’agenda des manifestations qu’elles organisent.

Quels sont les critères pour jouer à l'Alhambra?

Nous sommes en train d’établir une  charte. Il s’agira avant tout d’associations musicales.

Un anniversaire privé, une réunion de parti, ce sera possible également?

Pas de politique. Ni de religion. Quant au privé, si une personne a les moyens d’investir dans un concert, pourquoi pas.
Fabrice Gottraux

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