«Rio Corgo», le pari de deux cinéastes

CinémaMaya Kosa et Sergio Costa se sont rencontrés à la HEAD à Genève

Maya Kosa et Sergio Da Costa, ont signé «Rio Corgo», à découvrir en salles.

Maya Kosa et Sergio Da Costa, ont signé «Rio Corgo», à découvrir en salles. Image: GEORGES CABRERA

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Ils ont le cinéma en commun. Et des patronymes qui semblent curieusement se répondre. Tous deux se sont connus à la HEAD de Genève. Eux, ce sont Maya Kosa et Sergio Da Costa, binôme dont le premier long-métrage documentaire, Rio Corgo, après avoir enchanté la Berlinale en 2016, puis essaimé dans plusieurs festivals, non sans y glaner quelques prix, est à l’affiche en salles depuis mercredi. Le film est curieux, esquisse du portrait d’un étonnant vieil homme et essai dans lequel une part de fiction semble par moments s’inviter. Un étrange voyage dont les singularités débouchent sur une forme de naturalisme poétique extrêmement rare.

«Pour moi, ce n’est pas tout à fait un documentaire, argue Maria Kosa, née en 1985 à Genève de parents qui avaient fui la Pologne. Je dirais que c’est l’adaptation de la biographie de Silva, notre personnage.» «Nous étions en développement dans mon village d’origine, précise Sergio Da Costa, né à Lausanne en 1984, de parents immigrés portugais. Et puis un jour, Silva est apparu et est rentré dans le jeu directement. Premier contact, tours de magie. Il est venu vers nous et a demandé à écouter de vieux chanteurs espagnols sur notre portable. Manolo Escobar, Lola Flores. Ensuite, il a accepté le film de manière spontanée.»

Clin d’œil au western

«Mais juste après, il s’est fait virer du jour au lendemain de chez lui, rajoute Maya Kosa. Alors on a pris ses valises et on est parti avec lui dans le nord. C’est comme ça qu’on l’a emmené dans le village du film. A ce moment-là, nous étions dans l’expérience. Nous ne savions pas si cela déboucherait sur un film.» «Il faut dire que nous ne théorisons pas ce que nous faisons et qu’on a du mal avec le réel, commente Sergio Da Costa. On ne se satisfait en tout cas pas d’une captation du réel. Il faut en quelque sorte le magnifier, garder le meilleur de ce qu’on voit.»

Aux sources du cinéma de Maya Kosa et Sergio Da Costa, il y a un amour commun pour certains cinéastes et pour des démarches esthétiques. Le titre de leur film, Rio Corgo, est d’ailleurs aussi un clin d’œil à certains westerns, comme Rio Bravo de Howard Hawks ou Rio Grande de John Ford. «On a du reste vu plusieurs westerns durant le montage», s’amuse Maya. Mais c’est la découverte du cinéma portugais qui s’est avérée décisive dans leur parcours. Pour Sergio Da Costa, le visionnement de Dans la chambre de Vanda, puis d’En avant, jeunesse! de Pedro Costa a été un choc. «Tout comme celle du Stalker de Tarkovski, quelques années plus tôt. C’était la première fois que je découvrais que le cinéma pouvait s’assimiler à une expérience et donner accès à autre chose.»

Collaboration avec Miguel Gomes

Mais l’influence de Miguel Gomes, autre réalisateur portugais majeur, a elle aussi été déterminante. Maya Kosa tenait même un petit rôle dans Tabou en 2012 pendant que Sergio Da Costa travaillait au son. «Au cinéma, j’ai besoin de propositions originales. Sergio est sans doute plus large que moi.» Bien sûr, chacun des deux aurait pu faire des films de son côté. Mais leurs chemins se sont croisés. Avec l’envie de faire un film sitôt l’école finie.

En 2016, Sergio Da Costa a encore remporté le concours du Pour-cent culturel Migros pour Milan noir, un film sur le Centre ornithologique de réadaptation de Genève, lieu qui sert aussi de centre de réinsertion pour bénéficiaires de prestations sociales. Mais un autre projet axé sur la communauté chinoise de Lisbonne devrait également occuper le binôme durant les mois à venir. Autrement dit, on reparlera sans doute bientôt d’eux, ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire.

Rio Corgo Cinélux Cote **

(TDG)

Créé: 16.06.2017, 19h51

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