Avec John Scofield, l’AMR vire du jazz à la country

ConcertsA l’instar du guitariste américain mardi à l’AMR Jazz Festival, la scène actuelle se nourrit du répertoire populaire. Explications.

John Scofield, 65 ans, pilier du jazz rock depuis les années 1970, visite aujourd'hui le répertoire country. A écouter en concert mardi 21 mars à l'Alhambra.

John Scofield, 65 ans, pilier du jazz rock depuis les années 1970, visite aujourd'hui le répertoire country. A écouter en concert mardi 21 mars à l'Alhambra. Image: Nicholas Suttle

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John Scofield a 65 ans et une carrière énorme. Sa venue mardi soir à l’Alhambra, à l’enseigne du 36e AMR Jazz Festival, qui affiche également Tom Harrell (je 23), Amok Amore (ve 24), Chris Lightcap’s Bigmouth (sa 25) et Marilyn Mazur (di 26), constitue un événement de taille pour les amateurs de jazz.

De Miles Davis à Medeski, Martin & Wood, John Scofield reste, pour ce qui est de sa notoriété, un pilier de la fusion jazz-rock. Réputation méritée qui ne saurait faire oublier la diversité des répertoires abordée par le guitariste nord-américain depuis ses débuts dans les années 1970. Curieux qui, comme Scofield, se frotte aujourd’hui aux musiques populaires de son pays, côté cow-boy, Stetson et violon. Country for old men, «Country pour les vieux»? Si l’intitulé de cet album paru chez Impulse en 2016 joue sur les clichés, ce n’est pas tant pour refaire l’ambiance des square-dance. Lorsque résonne Wayfaring Stranger, Scofield cherche plus sûrement dans le blues, le rock aussi, matière à relire ce thème composé au XIXe siècle et joué si souvent qu’on n’ose plus y penser. Ainsi encore avec Jolene: six cordes de soie sous les doigts du virtuose envoient la célèbre complainte de Dolly Parton sous le ciel embrumé des improvisateurs noctambules...

Oh les beaux chants nordiques Qu’il s’agisse de country, de folk ou d’americana, terme préféré car plus moderne, la scène jazz d’aujourd’hui connaît un regain d’intérêt pour pareilles mélodies. Coprogrammateur de l’AMR Jazz Festival, Brooks Giger nous éclaire: «Le jazz avait fait de Broadway son réservoir de standards, avant de visiter la pop. Désormais, on assiste à une renaissance du folk.» Ainsi de Scofield. Ainsi encore de Marylin Mazur et son projet Shamania, à écouter dimanche 26 mars à l’AMR Jazz Festival.

Née à New York, élevée au Danemark, Maryilyn Mazur est cette percussionniste fabuleuse dont Miles Davis, encore lui, louait l’inventivité sans frontières. «Avec Shamania, note Brooks Giger, on retrouve là encore des liens avec le répertoire populaire, tel que les chants folkloriques nordiques. La scène scandinave, bien avant les Nord-américains, se nourrit de chansons anciennes, des mélodies très simples, étalées, profondes.»

John Scofield joue Wayfaring Stranger, une mélodie aussi ancienne que le XIXe siècle, reprise notamment par Johnny Cash

Tout frais paru, le premier album du Matthieu Llodra Trio, de Genève, sert le groove épais et ondoyant.

Immense percussionniste passée de Miles Davis à Jan Garbarek, Marylin Mazur explore avec Shamania cette pulsion protéiforme que charrie le rituel et la danse.

(TDG)

Créé: 20.03.2017, 16h24

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