Les émouvantes mécaniques du père Eicher

La Bâtie FestivalMardi à l'Alhambra, le fringant Bernois susurrait ses tendres ballades en compagnie d'un fameux orchestre d'automates.

Le chanteur bernois Stephan Eicher pose dans ses meubles, cliché à destination des médias et qui évoque, un minimum, l'ambiance d'atelier mécanique de sa dernière tournée. Laquelle n'a pu être photographiée mardi à l'Alhambra, faute d'autorisation.

Le chanteur bernois Stephan Eicher pose dans ses meubles, cliché à destination des médias et qui évoque, un minimum, l'ambiance d'atelier mécanique de sa dernière tournée. Laquelle n'a pu être photographiée mardi à l'Alhambra, faute d'autorisation. Image: Roch Armando

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Du nylon des cordes, un écho chatoyant et triste à la fois. De la voix haute, la douce mélodie des souvenirs lointains, d'une pulsion matinale qu'on évoque seulement la nuit venue pour en retrouver le frisson. On dirait Christophe, le beau bizarre de Paris. On dirait Eicher, l'élégant trouvère de Berne. A ce dernier, car c'est bien lui, la solitude pop dans sa royale contemplation convient à merveille également.

Parterre, balcons, tous assis dans l'Alhambra repeint de frais. C'est une assemblée de quadra, quinqua, sexa - les plus anciens ne composant pas nécessairement le public de la première heure, comme on le constatera avec la reprise éclair du primitif Eisbär, que tous, et de loin, ne connaissaient pas. Voilà un auditoire aimable, qui découvrait mardi enfin ce projet hors-norme, largement présenté dans les médias depuis sa création en février à Cully: Stephan Eicher tout seul sur scène, accompagné d'un orchestre d'automates.

Une captivante scénographie

Ses «Automaten», ses complices: batterie, percussions, piano, orgue monumentale et glockenspiel dirigés du bout des doigts par le maître de céans. Le Tesla Coil également, cet «instrument» déclenchant un arc électrique de 250 000 volts («Rassurez-vous, à partir du bord de la scène, on ne risque plus rien»). Il y a là de quoi faire la rythmique, les harmonies. Chaque machine ainsi actionnée anime une loupiote, de sorte que le spectateur n'en perde rien. Rivière, Déjeuner en paix, Combien de temps, du neuf aussi... De cliquetis en roulement, ces clapotis versés sur les fondement d'un répertoire fameux revisité avec le génie d'une lutherie automatisée s'épanouissent comme de gais enfants tournoyant dans un carrousel. La prestation est impeccable, la scénographie captivante. C'est impressionnant, et assez bruyant.

Le «tchic boum» de la boîte à musique à tôt fait de livrer tous ses charmes. Au risque de tourner à vide. Mais le Bernois est prévoyant. Entre deux histoires qu'il nous conte d'un rire coquin en contrepoint de son caractère de diva («On est vaniteux, nous les musiciens...»), Stephan Eicher revient à sa guitare, ou son piano («je m'y suis mis après avoir essayé d'apprendre le mandarin et le grec»). Pour livrer de sa voix feutrée, de son timbre doux, les plus beaux moments de son tour de chant. La mécanique s'est tue. Stephan Eicher, seul en scène à présent, peut déployer le meilleur de son art. Avant d'achever la soirée sur une pirouette amicale, son dernier couplet couvert, à sa demande, par les sonneries des téléphones mobiles tintinnabulant entre les spectateurs ravis.

Et le son? On allait oublier le son! Ouvert une première fois en juin dernier pour l'unique week-end de la Fête de la musique, l'Alhambra, tout beau, tout neuf, avait peiné côté sonorisation: ça vrombissait dans les basses, augurant d'un avenir incertain pour la salle fraîchement rénovée. Problème d'acoustique? Des réglages sont en cours, nous dit-on. Mardi, d'ailleurs, le concert de Stephan Eicher n'a souffert d'aucun accroc. Le son, ce soir-là, était une réussite.

(TDG)

Créé: 02.09.2015, 17h46

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