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Reportage

Johnny fête sa résurrection dans la Cité des Anges

Par François Barras. Mis à jour le 27.04.2012

Le chanteur testait mardi en «live» sa tournée attendue à Genève. Nous y étions.

A Los Angeles (ici lors des répétitions), Johnny a allégé son répertoire, alternant tubes et raretés.

A Los Angeles (ici lors des répétitions), Johnny a allégé son répertoire, alternant tubes et raretés.
Image: Dukas

Concert à Genève

Johnny au Stade de Genève.Samedi 2 juin (19?h).
Loc. Ticketcorner, Fnac www.livemusic.ch

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Au cœur de Los Angeles, mardi soir, un coq gaulois et un vieux lion sur une même scène. Le gallinacé, c’était le totem peint sur la grosse caisse du batteur Geoff Dugmore. Le félin vénérable, c’était Johnny Hallyday, «Frenchie» de 68?ans qui démarrait sa nouvelle tournée dans la cité californienne: «Là où tout a failli finir, et donc là où tout doit recommencer. Ce soir, ma vie va recommencer», a-t-il répété aux 1500 spectateurs accrochés à ses lèvres.

Le public? 90% de francophones, expatriés aisés, journalistes, aficionados solitaires ou membres du fan-club venus spécialement. Et au moins deux stars françaises: Vanessa Paradis et Mathieu Kassovitz, papotant avec Laeticia, la femme du rocker, peu avant le lever du rideau.

Tournée marathon

Une heure plus tôt, la foule arpentait le trottoir de Broadway Avenue. Pour Jean-Yves, Rennais de 54?ans, la question d’un aller-retour transatlantique ne s’est pas posée: son héros a failli mourir en décembre 2009 à Los Angeles, des suites d’une opération de sa hernie. Interruption de son Tour 66 des adieux, annulation… Paris prévoyait des funérailles nationales quand Johnny s’en est sorti, non sans mal (une dépression et un affaiblissement temporaire des cordes vocales).

Deux ans et cinq mois plus tard, il remonte sur scène, pour un marathon de 56 dates. Et Jean-Yves est là: «Johnny est tout, je ne voulais pas rater ça. Je suis arrivé dimanche et je repars mercredi. Je dois aussi penser à ma famille.»

Dans l’Orpheum Theatre, tout en dorures et moleskine, Hallyday et ses quatorze musiciens lancent autant qu’ils la rodent la tournée promise à la francophonie. La première date en stade est fixée à Montpellier, le 14 mai; Genève aura la sienne le 2 juin. A Los Angeles, le répertoire était allégé – deux heures de concert tout de même.

Des tubes et des raretés. Une partie électrique, l’autre acoustique. Johnny est un gars simple, ce que confirme Nathalie sous son chapeau de cow-boy. Née à Roubaix, installée à Santa Fe depuis 1988, elle n’a jamais oublié l’idole de sa jeunesse. «Un jour, quelqu’un entre dans ma boutique de vêtements country. C’était Johnny! Il voyageait dans le Nouveau-Mexique à l’occasion de la sortie de sa chanson Monument Valley. Il a posé avec moi, tout sourire. Qu’il chante ici en Amérique ce soir, c’est dingue.»

Sur scène, sapes de cuir noir et niaque d’enfer, le rocker fait la démonstration de sa voix retrouvée. Allumer le feu en ouverture, L’envie en clôture: le directeur artistique Yarol Poupaud, ex-FFF biberonné à Jimi Hendrix et aux Who, ne boude pas les hymnes efficaces. Une façon de faire oublier l’unique témoignage musical du chanteur depuis son accident: Jamais seul, un album honnête mal accueilli par la presse et le public.

Johnny paie son dû à l’Amérique en dévalant le tempo de I’m Gonna Sit Right Down And Cry Over You d’Elvis Presley. Présent dans la salle, Robert Trujillo, bassiste de Metallica, ne boude pas son plaisir: «Je ne connaissais pas ce chanteur, ma femme (ndlr: francophone) voulait me le faire découvrir. C’est un excellent artiste.»

Comme Aznavour

Sur scène, Johnny exulte. Sorti des projecteurs, il se prête de mauvaise grâce au jeu d’une conférence de presse dans les couloirs du théâtre. Le temps de rappeler qu’il profite désormais de chaque jour, que cette tournée n’est pas un au revoir et que si Charles Aznavour fait l’Olympia à 88?ans, cela lui laisse de la marge. Une première question sur son vote à l’élection présidentielle est accueillie fraîchement: «Je parle musique, pas politique.»

Une seconde, sur son redressement fiscal que Le Canard enchaîné évalue à 9 millions d’euros, n’est même pas écoutée. Le rocker s’est levé, sa suite fait bloc pour lui ouvrir un passage.

Le schéma désormais quotidien d’un marathon d’une année pour celui qui ne se voit pas vieillir dans un fauteuil, fût-il d’orchestre. (TDG)

Créé: 27.04.2012, 08h31

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