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Jessye Norman triomphe à Zurich dans un programme de Jazz
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«Incroyable», «époustouflant», «j’en ai les larmes aux yeux». Voici quelques commentaires recueillis à la sortie du concert donné mardi par Jessye Norman à la Tonhalle de Zurich.
Sagesse de l’âge (elle a 67 ans dans une semaine): voilà plus de deux ans que la diva a laissé tomber les airs d’opéra pour retourner à ses racines afro-américaines. «American Masters» - c’est le titre du programme présenté en exclusivité Suisse mardi - célèbre des grands noms du théâtre musical américain, de Duke Ellington à Ella Fitzgerald, en passant par Nina Simone et Lena Horne.
Jessye Norman n’a certes plus la voix pour tenir les 4 h 30 qu’impose le rôle d’Isolde et encore moins le jeu de jambes pour danser une Habanera dans les règles sensuelles de l’art. Seulement voilà, la soprano, portée par la force d’une technique imparable, a su garder le meilleur d’un organe entré dans la légende de la musique.
Une construction en pianissimo
Le 14 juillet 1989, dans le cadre des manifestations du bicentenaire de la Révolution, Jessye Norman chantait une Marseillaise glorieuse et tonitruante au pied de l’obelisque de la Concorde à Paris (voir plus bas). Mardi à Zurich, c’est sur des pianissimi et de subtiles mises en scène que s’est construit son triomphe. Dans «Stormy Weather» de Harold Arlen, elle bâtit son jazz tout en douceur, maniant les aigus et les basses avec la rigueur du fil à plomb. Dans «Another Man Done Gone», le pianiste Mark Markham se fait percussionniste et frappe la mesure du poing sur le Steinway, pour rendre le chant plus ténébreux. Le duo entame ensuite «Mack the Knife» comme une mélodie de boîte à musique pour le terminer en un crescendo lumineux.
La Norman après la Callas
Le concert se termine dans les larmes du public, lorsque la chanteuse se meut en cheffe de chœur et fait entonner «Amazing Grace» à la foule hypnotisée et sanglotante d’émotion. Aux larmes suivent de longues minutes de standing ovation. Le voici, le dernier des trois piliers qui portent l’édifice Jessye Norman - après la sagesse de l’age et la force de la technique - la beauté du geste théâtral.
Le succès est également complet pour le Pour-cent culturel Migros, organisateur de l’événement, qui, après deux ans d’âpres négociations avec Jessye Norman, a réussi à amener en Suisse la dernière diva de l’Histoire, réitérant l’exploit de 1957, lorsque Gottlieb Duttweiler, fondateur de Migros organisait le seul concert jamais donné par Maria Callas en Suisse.
(TDG)
Créé: 05.09.2012, 22h18
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