Grand-messe : dans l’intimité des salons

LivreOlivier Vogelsang a photographié pendant trois ans les êtres qui se croisent dans les grandes halles de Palexpo et publie ses images instantanées, drôles ou décalées.

L'une des images du livre.

L'une des images du livre. Image: OLIVIER VOGELSANG

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Qui n’est jamais allé dans un salon d’exposition? «Il se peut qu’il y ait un peu de nous tous dans ce livre», résume le photographe. Bien vu! Vous et moi avons tous un jour ou l’autre arpenté les allées de Palexpo pour aller reluquer des carrosseries rutilantes, plonger le nez dans un bouquin ou tester un canapé. Olivier Vogelsang, lui, ne s’est pas contenté d’une seule visite dans un unique salon. Il les a presque tous faits, et même plusieurs fois, sur une période de trois ans.

Son appareil photo collé au corps, il s’est mêlé aux peuples éphémères qui hantent les immenses halles du Palais des expositions et des congrès de Genève, à l’affût d’une scène décalée, du détail insolite, du moment drôle ou intrigant. Faut dire que l’homme n’a pas son pareil pour les débusquer.

Pour cette longue plongée au cœur des grand-messes d’aujourd’hui, il s’est fixé un objectif. «Surtout, fais-toi plaisir!» Plus facile à dire qu’à faire: l’image espérée n’est pas forcément au rendez-vous, malgré des heures de marche sous des lumières artificielles, le bruit incessant et la foule des grands jours. Tout est pourtant là: les gens, le cadre, les accessoires. Reste à attendre le déclic.

Se mettre dans sa bulle

«Quand j’arrive sur place, c’est assez stressant» admet Olivier Vogelsang. «Je dois alors me mettre dans ma bulle, dans une forme de méditation. Je me coupe de toute l’agitation ambiante pour mieux me concentrer.»

Une fois ces réglages internes effectués, le photographe peut se mettre en chasse, le regard aux aguets, les doigts sur le déclencheur.

«A force d’être concentré, tu vois presque la scène avant qu’elle n’arrive. Tu es prêt quand elle se joue sous tes yeux. Et là, il faut réagir au quart de seconde. Après, c’est trop tard. Je peux éventuellement demander aux personnes de refaire la situation que j’ai aperçue, mais ce n’est jamais pareil…»

Olivier Vogelsang photographie beaucoup lorsque le sujet s’impose, tourne autour lui, sans relâche, et travaille de manière assez frontale. S’il fait rarement poser les personnes rencontrées, les images qu’il prend sur le vif ne sont pas volées pour autant. «Je discute souvent avec les gens après la prise de vue. Les choses se passent très simplement, il y a des moments joyeux.»

La verticalité comme contrainte

Des images de salons d’exposition, il en possède donc des milliers dans ses tiroirs. Toutes verticales. «Ce format s’est vite imposé pour traduire la hauteur de Palexpo, le rapport de la foule dans cette cathédrale. C’était déjà l’option que j’avais prise lorsque j’ai eu une commande de Libération pour faire un reportage photographique sur le salon Telecom. Je me suis baladé trois jours au milieu de tous ces gens férus de nouvelles technologies, au milieu de stands extraordinaires. C’est là que j’ai eu le déclic. L’envie de faire, un jour, un travail sur ces grands-messes.»

La verticalité reste néanmoins un exercice contraignant, une position pas simple à tenir en toutes circonstances. Elle permet toutefois à Olivier Vogelsang de se démarquer, de défier les contraintes imposées par les sites Internet où l’horizontalité est de mise.

Le photographe a ainsi engrangé plus de 20 000 images prises à Palexpo, le Salon de l’auto restant, à l’évidence, le plus inspirant de tous. Puis il les a laissées reposer un moment avant de faire son choix en vue de cette publication.

«Faire des photos, c’est relativement facile. Après, il faut savoir ce que tu en fais et quel sens tu entends leur donner.» Le Genevois a donc procédé à un premier tri dans sa collection, avant de sélectionner 120 images avec son éditeur, le Bernois Till Schaap. «Nous avons étalé un jour les tirages papier sur le sol, et tout s’est décanté assez vite. Nous étions sur la même longueur d’onde. Il a repêché des images que j’avais éliminées dans un premier temps, alors que d’autres vues que j’aimais beaucoup n’ont pas trouvé leur place au final. Car elles doivent fonctionner par paire, se répondre ou voisiner de manière convaincante dans les doubles pages.» Le livre d’Olivier Vogelsang a vu le jour après une campagne de financement participatif. Celles et ceux qui ont cru en ce projet ont reçu un exemplaire fraîchement sorti de presse, parfois même un tirage de leur choix. Les autres intéressés iront l’acheter dans les librairies, où il trône en bonne place depuis une semaine. Et c’est quand, l’expo à Palexpo?

«Grand-messe» Till Schaap Edition, 136 p. Vernissage jeudi 29 juin, 18 h -20 h, à la librairie-café les Recyclables, rue de Carouge 53

(TDG)

Créé: 17.06.2017, 17h01

Bio express

Né à Genève en 1966, Olivier Vogelsang s’inscrit dans le courant des photographes humanistes, ce qui lui a valu plusieurs distinctions, telles que le Fuji Euro Press Swiss Awards, à trois reprises, et le 1er prix au Swiss Press Photo Award, à sept reprises. Il a travaillé en tant que photographe de presse pendant vingt-cinq ans à la «Tribune de Genève», tout en poursuivant ses projets personnels. Depuis 2017, il est photographe indépendant et ses photos sont publiées dans plusieurs journaux et magazines suisses, ainsi qu’internationaux. ??































































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